Logo
Imprimer cette page

2016 : Le Mur de Berlin ...

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
Évaluer cet élément
(7 Votes)
2016 : Le Mur de Berlin va-t-il tomber à nouveau ?
 
Une année se termine, et le monde entier se précipite vers la nouvelle année en oubliant aussi vite que possible celle qui vient de se terminer. Quand on atteint un certain âge comme moi, on a presque envie de dire à cette occasion : "Poussez pas la derrière !"  tant on sait ce qu’il y a devant, mais pour des raisons qui m’échappent de plus en plus, c’est en général le moment où il est de bon ton de présenter ses vœux de bonne et heureuse année pour l’année qui suit.
Bien sûr, je participe de bon cœur à cette coutume et souhaite à tous les lecteurs de l’IDL une très bonne année 2016.
Et je peux vous assurer, chers lecteurs, que de savoir que vous êtes là, que vous communiquez les uns avec les autres, que votre nombre grandit sans cesse lentement et sûrement est ce qui nous permet de continuer semaine après semaine.
Je peux vous assurer aussi que l’IDL a des projets dans ses cartons et qu’il y aura d’autres développements en 2016.
 
Ce qui m’amène au deuxième point de cette chronique qui est qu’il est aussi d’usage pour les "économistes" de faire leurs prévisions pour l’année à venir, à la fin de chaque année.
Et, autant je trouve la première coutume charmante car après tout souhaiter tous les bonheurs du monde une fois par an aux gens que l’on aime ne peut faire du mal à  personne, autant demander à des gens de prévoir l’avenir me parait saugrenu.
Après tout, si quelqu’un pouvait prévoir l’avenir, le socialisme aurait triomphé partout, et nous savons qu’il a échoué partout.
Ce qui n’empêche pas les économistes de sortir leurs boules de cristal, et de se mettre sur la tête les chapeaux pointus qu’ils ont emprunté à Nostradamus pour nous expliquer que le PIB allait monter de 1,65 % (on est prié d’admirer la précision qui va jusqu’à la deuxième décimale, ce qui prouve au moins que les économistes ont le sens de l’humour ! ) ou que la courbe du chômage allait s’inverser ou que sais-je d’autre encore.
Comme le dit la vieille plaisanterie, les économistes ont été inventés pour que les astrologues aient l’air sérieux et voilà une vérité qui se prouve année après année. A la place de lire les prévisions pour l’année à venir, le lecteur devrait relire ce que les mêmes ont écrit au début de l’année sur l’année qui vient de s’écouler. Et rire un bon coup. Mais après tout, puisque c’est l’usage, je ne vais pas me défiler et je vais faire mes prévisions pour 2016.
Et bien entendu, il est tout à fait certain que je vais me casser la figure puisqu’il n’y a strictement aucune raison logique pour que moi, je réussisse dans un exercice qui est logiquement impossible. Et donc ces prévisions vont sans doute être un mélange de ce que je souhaite, de ce que je crois observer et de mon instinct.
 
Et je voudrais faire ici une petite remarque sur le rôle de l’instinct dans la survie quand les choses deviennent compliquées.
L’armée Américaine a fait toute une série d’études sur des officiers ou des soldats qui avaient une caractéristique curieuse. De temps en temps, alors que rien ne le justifiait, ils mettaient leurs troupes à l’abri, s’enfonçaient sous terre juste avant que l’enfer n’éclate et ne pouvaient absolument pas expliquer après pourquoi ils avaient pris ces mesures, Et c’était toujours les mêmes. Et donc, l’instinct en période de danger est vital (voir le film "American Sniper" pour une illustration tirée de la réalité).
Dans les marchés financiers, j’ai connu un peu la même chose avec un certain nombre de gérants. Le bien connu Georges Soros en est un exemple. Le pauvre se veut un intellectuel, ce qu’il n’est pas, alors que tous ces succès s’expliquent par un instinct prodigieux. Quand il commence à avoir mal au dos, il sort de ses positions…
Et bien j’ai une "poussée" d’instinct qui  me dit que nous rentrons dans une période ou les systèmes non démocratiques mis en place depuis la fin des années 90  vont peut-être imploser en 2016.
Je veux parler bien sûr de la prise de contrôle de la banque centrale US par une oligarchie financière et criminelle mais aussi de la création de cette monstruosité économique et technocratique qu’est l’Euro qui a eu comme seul résultat de mettre en esclavage des peuples souverains. La machine à enrichir les riches et à  appauvrir les pauvres va enfin disparaitre et les soi-disant élites à Washington ou à Bruxelles et leurs misérables séides dans nos media vont retourner à une obscurité dont ils n’auraient jamais dû sortir.
Quelle preuve ais je de ce que j’avance ?
Aucune.
Mais disait Goethe" les grands événements ont une ombre qui se porte vers l’avant."
Et je sens la colère des Peuples gronder.
 
L’ordre Américain est en train de s’écrouler sous nos yeux au Moyen-Orient. La question est : au profit de qui ? Car qui contrôle le Moyen-Orient contrôle l’Europe.
Aux USA, la candidature de Trump laisse sans voix et sans idées les caciques du parti Républicain (je le sais, je viens de déjeuner à New-York avec certains d’entre eux qui sont complètement désemparés).
Le Peuple Britannique va voter pour rester ou non dans une Europe dont plus personne ne veut.
En France, le parti populiste progresse sans arrêt, tant il pose les bonnes questions, même si ses solutions ont tendance à être les mauvaises.
En Espagne, la Catalogne veut son indépendance et les partis de gouvernement sont à la peine. Nous en saurons plus lundi.
En Italie, la chute qui a commencé en 2000 continue.
Le Portugal vient de se donner un gouvernement hostile à la camarilla fascisante qui a pris le pouvoir en Europe. Le fascisme tel que défini par Mussolini c’était "tout pour l’État, rien sans l’État, rien en dehors de l’État". Remplaçons le mot État par le mot "Europe" et nous trouvons ce qui pourrait être la définition de messieurs Delors, Trichet ou Juncker "tout pour l’Europe, rien sans l’Europe, rien en dehors de l’Europe" que l’on peut traduire élégamment par "tout pour les fonctionnaires, rien sans les fonctionnaires, rien en dehors des fonctionnaires". Pour les fonctionnaires des pays qui ne sont pas encore en esclavage (mais que fait madame Taubira ?), l’Europe a été et reste donc un immense succès.
 
Pour l’instant, le système tient tant bien que mal grâce à des banques centrales qui, à mon grand désespoir ont volé au secours de l’ineptocracie mondialiste qui se croit autorisée à nous donner des ordres sans jamais prêter attention aux refus des peuples qui s’expriment à chaque élection. Mais tout a une fin. La situation peut durer tant que cette ineptocracie peut payer ses troupes, en empruntant  bien sûr.
Car la croissance a disparu dans la zone Euro depuis 2000. Et donc il faut tirer le peu de croissance qu’il y a de l’extérieur. Or beaucoup de mes outils me font penser que l’économie Américaine est en train de rentrer en récession, ce qui serait un coup absolument mortel pour nos dirigeants et banquiers centraux incapables. Une récession aux USA en 2016 n’est prévue par personne, littéralement personne. Et si une récession arrive, alors le monde entier verra que le Roi est nu.
Et donc, ma prévision pour 2016 est que le mur de Berlin de l’ineptocracie Keynésienne va s’écrouler comme s’est écroulé celui de l’ineptocracie communiste en 1989 et pour la même raison : l’incapacité fondamentale des fonctionnaires à créer de la croissance.
L’année 2016 devrait donc être celle de la Libération des Peuples, ce qui ne va pas se faire sans un grand tumulte et de grands désordres. Et la question essentielle est : la chute du mur de Berlin a t-elle été une mauvaise nouvelle ? Bien sûr que non. En fait il vaut mieux toujours "la fin de l’horreur qu’une horreur sans fin" et ceux qui s’intéressent encore au PIB sont complètement à côté de la plaque. Nous allons sortir d’un monde abominable pour aller vers un monde plus libre. En tout cas, c’est ce que je nous souhaite pour 2016.  Mais bien sûr tout le monde savait en 1988 que le communisme ne pouvait pas s’effondrer.
Et donc rien de tout cela ne va se produire.
Paru sur Institut des Libertés, 21 décembre 2015
GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

Dernier de GAVE Charles

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.