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Fin des illusions en Syrie ?

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La fin des illusions en Syrie et ailleurs ?
 
Depuis 2011, en France surtout, nous avons cru que les manifestations en Tunisie, en Libye, en Egypte, en Syrie etc. annonçaient une ère nouvelle. Les illusions américaines d’un "Moyen-Orient démocratique", nous les avions faites nôtres. Nous étions confortés dans nos rêves par la fuite de Ben Ali, puis de Moubarak, et l’élimination de Kadhafi. Et nous avons cru que l’aide de l’Arabie saoudite, de la Turquie, et les velléités américaines suffiraient à abattre Bachar el Assad. Nous n’avions rien compris à la solidité du régime de Damas, ni à ce que voulaient les contestataires de Ben Ali, de Moubarak, de Bachar el Assad. Et nous n’imaginions pas la capacité de nuisance des salafistes et frères musulmans stipendiés par l’Arabie saoudite et les Etats du Golfe. Surtout, nous n’avions pas organisé la succession de Kadhafi et ni prévu la pagaïe qui s’est installée en Libye. La solidité du régime alaouite, les volontés russes et iraniennes de contrer le terrorisme sunnite et de ne pas laisser s’installer un nouvel abcès au Proche-Orient nous ont complètement échappé.
 
Très rapidement, le Président Obama a compris quel chaos provoquerait une intervention occidentale dans cette région, et il a décidé de laisser les Russes et les Iraniens se charger de basses besognes.
Aujourd’hui, la coalition menée par les Russes et les Iraniens est en passe de contrôler la frontière entre la Turquie et la Syrie, donc de couper l’aide que recevaient abondamment les adversaires d’Assad. Simultanément, la Syrie utile va être sécurisée. Ultérieurement, le reste de la Syrie sera libérée.
 
La France a paradoxalement gâché toutes ses cartes en Syrie, en ne soutenant ni le gouvernement de Bachar el Assad, ni ses adversaires, qui sont d’ailleurs ceux que nous combattons au Sahel africain.
Rêver que les droits de l’homme puissent régner sur la planète, c’est un vœu pieux. Mais les dures réalités sont là : il y a de très rares occasions en politique ou en stratégie permettant de choisir entre le Bien et le Mal. Il est beaucoup plus simple de défendre ses intérêts. Il aurait fallu choisir clairement entre une Syrie sous la coupe du califat de Daech ou sous l’égide des Russes et des Iraniens….Pouvons-nous être fiers de notre politique étrangère ?
SALVAN   Jean

Né le 3 mars 1932
Marié (1953) – 5 enfants



Officier, général de corps d'armée


Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
Ecole d’Etat-Major 
Ecole supérieure de guerre (ESG)

Commandant la IVème Région militaire
Général de corps d’armée (1988)
Représentant français auprès du Commandement Centre-Europe de l’OTAN (1986-1988) 
Commandant de la 1ère Division blindée (1983-1985)
Commandant du 3ème Régiment de parachutistes d’infanterie de marine
Professeur à l’Ecole supérieure de guerre

Membre correspondant du Muséum d’Histoire Naturelle en 1964
Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées de droit public
Professeur à l’Institut d’Etudes Politiques de Bordeaux (1989-1994) ("Société et Défense") 
Président de l’Union des blessés de la face (les Gueules cassées) (1995-2002)

Ouvrages 
Liban 1978, les Casques bleus de la France (1979) - L’avifaune du Gard et du Vaucluse (1983) -

La paix et la guerre (1992) - Soldat de la guerre, soldat de la paix (2005)

Distinctions
Grand Officier de la Légion d’Honneur
Croix de la Valeur Militaire
Commandeur de l’Ordre du Cèdre du Liban
Croix d’Honneur en or de la Bundeswehr

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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