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... ou archaïsmes suicidaires ?

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Prises d’otages ... ou archaïsmes suicidaires ?
 
Ce qui est frappant lorsque l’on suit l’actualité, au-delà les commentaires souvent insignifiants sur les jeux d’acteurs politiques, c’est la relative convergence des diagnostics et des analyses sur l’état aussi bien de notre pays que du monde. Il en ressort implicitement une atmosphère malsaine, comme si un chapelet de catastrophes inéluctables nous guettait pour ne pas avoir su anticiper les évolutions de l’Histoire qui s’imposent depuis plusieurs décennies. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir énoncé ici et là, dans des milliers d’éditoriaux, de reportages, de colloques et de débats les trains de réformes indispensables et les transformations à mettre en œuvre à tous les niveaux (transition énergétique, changement de modèle sociétal, mutation de nos matrices économiques et éducatives, révolutions technologiques etc.). Certes, des changements majeurs ont lieu, et le monde se transforme à très grande vitesse, mais ils semblent encore imperceptibles ou insuffisamment audibles pour s’imposer face aux convulsions excentriques, parfois mortifères, de ceux qui savent qu’ils sont condamnés à disparaître mais qui saturent nos écrans. Ces derniers, de plus en plus marginaux, ont décidé clairement de prendre en otage nos sociétés, avec le support de médias en quête permanente d’audience et la complicité de politiciens, souvent cyniques, qui savent instrumentaliser ces archaïsmes, la plupart du temps suicidaires pour nos démocraties, uniquement pour des finalités électorales futiles et sans avenir.
 
Serait-ce finalement le prix à payer ?
Prenons quelques exemples qui nous concernent directement dans l’actualité récente : la France, avec ces démonstrations de violence de l’ultra gauche et de ses affidés trotskistes, lambertistes, zadistes, anarchistes, communistes dans les rues face à ce qui reste des vestiges de 68 au sein du pouvoir et de la vieille S.F.I.O incarnée par des "frondeurs" qui ne représentent qu’eux-mêmes sur les plateaux de télévision, est prise en otage par des minorités syndicales et politiques qui représentent à peine 15 % de la population. Ces groupuscules, très idéologiques, et ces minorités politiques très affaiblies en termes d’adhésion populaire, pratiquent le déni de réalité et bloquent ostensiblement tout changement. Nous sommes dès lors confrontés à des stratégies de "bluff" où les uns et les autres, souvent de façon convergente sur le fond, même s’ils donnent l’impression de l’inverse au travers des joutes médiatiques, jouent leurs va-tout face à la fin d’un temps. C’est celui des accords de 1946 pour les syndicats révolutionnaires. La CGT, notamment, sait très bien qu’une transformation du Code du travail signe définitivement son arrêt de mort. C’est celui aussi des fondements de la S.F.I.O et du marxisme léninisme. Ces derniers se dissolvent dans une société digitalisée et noétique qui ne raisonne plus en lutte des classes mais en réseaux intelligents avec d’autres formes de solidarités interactives. Pour préserver leurs acquis, ces dispositifs qui sont condamnés inexorablement à disparaître assez rapidement, sont prêts à entraîner la France dans la catastrophe, juste pour conserver leurs prés carrés en termes de pouvoir. Pendant ce temps, 80% des français sont engagés sur d’autres paradigmes de vie et aspirent à un autre modèle de société et de gouvernance pour appréhender le futur... Pour autant, quelques nostalgiques du "grand soir" se complaisent dans le drame national en espérant jouer enfin les partitions d’une insurrection générale qui leur permettrait de renouer avec les pages sordides de 1791.
 
Sur le plan européen, les institutions sont-elles aussi prises à la gorge par des jeux singuliers et particuliers qui ne peuvent que déboucher sur une implosion à terme de l’Union Européenne telle que nous la connaissons. Le Royaume-Uni avec le Brexit prend en otage à sa manière l’UE pour obtenir un statut particulier afin d’affirmer globalement son leadership financier et bancaire. Quel que soit le résultat du référendum sur le plan institutionnel, les conditions générales ne seront valables que pour l’Europe continentale et il n’y aura que des conditions particulières pour la "perfide Albion" et surtout pour la City. Dans cette perspective, il est préférable que les anglais sortent de l’Union si telle est leur vision de la solidarité européenne.
Il en est de même pour la Grèce, qui est strangulée par la Troïka avec l’instrumentalisation de sa dette, permettant ainsi à l’Allemagne et aux réseaux financiers américains d’obtenir par défaut de paiement une sorte de nantissement déguisé de tous ses actifs stratégiques (1), en particulier de ses potentiels gaziers en Méditerranée orientale [au même titre que pour Chypre qui est engagée actuellement dans un processus de réunification avec la Turquie (2)]. A un tel niveau de spoliation, il serait préférable pour la Grèce de quitter l’Euro et de sortir de l’UE. C’est bien ce qui inquiète le FMI et motive par ailleurs Vladimir Poutine pour venir en aide à son frère orthodoxe (3)
 
Que dire par ailleurs de la gestion des migrations avec la confrontation entre l’Allemagne et les pays de Visegrád qui n’ont plus la même façon d’appréhender les accords de Schengen ? Les uns sont derrière Angela Merkel pour répondre aux besoins en main d’œuvre de l’industrie allemande, les autres se regroupent derrière les nationalistes autrichiens, hongrois et polonais tétanisés par le syndrome du "siège de Vienne" par les Ottomans (4)... Fort de ces divisions historiques et de ce traumatisme démographique sur le Mittleuropa (5), Erdogan joue sur les peurs ancestrales pour alimenter quotidiennement un chantage sur nos marges orientales avec en embuscade des escouades de djhadistes confinées dans le district d’Alexandrette et des armées de frères musulmans prêts à profiter des flux de migrants ou des accords financiers signés en catimini avec l’Europe pour finaliser leur travail de conquête. Où se situe le rêve d’Europe ? Où est la stratégie ? Notre destin commun n’est-il pas pris en otage par des jeux particuliers entre lobbies financiers, énergétiques et industriels qui se traduisent par une défaisance de nos institutions, une vulnérabilisassions sans précédent de l’Euro et une fractalisation de nos territoires (cf. le référendum en Ecosse face au Brexit, en Catalogne et l’impossibilité de constituer un nouveau gouvernement en Espagne, les revendications sur le Haut Adige/Tyrol du sud par les populistes autrichiens, les divisions en Belgique entre Flamands
et Wallons etc.)
 
Ne serait-ce pas la même chose sur le plan géostratégique ?
Prenons par ailleurs sur le plan sécuritaire les gesticulations de l’OTAN (avec ses émules polonais et lithuaniens) qui cherche de son coté à instrumentaliser, comme pour l’Ukraine, un nouveau processus type Maïdan sur la zone Baltique - Biélorussie avec comme cible l’enclave russe de Kaliningrad et l’ile de Gotland (6). Est-ce que cela correspond véritablement à un impératif de sécurité majeur pour l’Europe ou est-ce de nouveau un prétexte pour verrouiller à la fois les questions énergétiques (cf. gazoduc North Stream) et les questions de sécurité européenne en nous créant un nouveau niveau de crispation avec la Russie afin de nourrir les fournisseurs nord-américains de LNG ainsi que le complexe militaro industriel américain? Il suffit de suivre les réseaux qui œuvrent pour l’installation du bouclier antimissiles sur ce nouveau glacis de plus en plus militarisé qui va de la Baltique à la Mer Noire (7). Il suffit d’observer ces médias qui mobilisent subrepticement nos opinions sur la nécessité de remonter nos budgets de la Défense sur le plan européen à 3% de nos PIB, pour s’apercevoir que ce sont des minorités affairistes outre atlantiques qui prennent en otage nos stratégies européennes. Ils nous enjoignent sans ambages, et à coût de milliards de dollar, à nous aligner sur les théories de l’Alliance et à signer un traité de libre-échange, le TAFTA, dont les conditions unilatérales constitueraient une soumission inconditionnelle aux standards américains pour des pans entiers de nos économies. Ce sont les mêmes réseaux qui ont mis en échec la signature de l’accord de libre-échange entre l’UE et l’Union économique eurasiatique (8) proposé par Vladimir Poutine pour déboucher depuis trois ans sur le chaos ukrainien et les accords de Minsk qui ne font qu’engendrer tensions et vulnérabilités sur le flanc sud du continent européen. Cette posture de l’OTAN, qui est celle des vieilles doctrines de Mackinder (9) ou de Brezinski (10), est–elle celle qui convient pour notre futur ou ne serait-ce pas de nouveau une prise d’otage de notre vieille Europe sur des protocoles qui n’ont plus lieu d’être ? Ne serait-il pas temps d’inventer d’autres matrices sécuritaires face aux questions posées par la radicalisation islamique sur notre flanc sud, la montée de l’hégémonisme chinois sur nos confins orientaux, l’ouverture des routes maritimes sur le Pôle Nord, le doublement de la population sur le continent africain dans les prochaines décennies (11) ?
 
Parmi nos grands clients et partenaires financiers, l’Arabie saoudite, et son satellite wahhabite le Qatar, ne sont-ils pas dans la même configuration en termes de manipulation des marchés pétroliers et des radicalisations islamiques sur le Moyen Orient, l’Asie centrale et l’Afrique sahélienne ? De nouveau, la chute des cours qu’ils ont provoquée et entretenue depuis mi-
2014 n’a comme finalité que de mettre en difficulté des pays comme les USA avec leur stratégie d’autonomie énergétique autour des gaz de schiste, mais aussi la Russie en tant que nouveau leader mondial du centre géostratégique énergétique sur le nœud eurasien et syriaque, ainsi que l’Iran ennemi régional ancestral et redoutable concurrent. En aucun cas l’Arabie saoudite ne cherche à être le promoteur de cette transition énergétique absolument indispensable au regard des impératifs que nous devons assumer pour transformer nos matrices économiques et sociétales. Comme pour le Qatar, sa seule finalité est de nous contraindre à renouer avec les vieux arrangements historiques qui ont été discutés entre Roosevelt et la famille Saoud sur le Quincy, une semaine après les accords de Yalta (12). Ils veulent que nous les remettions au centre des vieux jeux issus de Yalta.

Comme nous sommes engagés depuis 20 ans sur de nouveaux équilibres géostratégiques et que Barack Obama a tiré un trait sur cette page d’histoire, Saoudiens et Qataris essayent de nous piéger depuis plusieurs années. Ils ont récupéré astucieusement les convulsions nées des "printemps arabes" sur la Lybie et la Syrie. Ils continuent actuellement sur le Yémen en instrumentalisant la guerre contre les Houthis ainsi qu’au Liban en exaspérant les tensions intercommunautaires. Nous ne pouvons pas les sous-estimer dans un futur immédiat, notamment dans la perspective d’une implosion de l’Algérie au moment de l’après Bouteflika, avec l’assistance de tous les réseaux affiliés à Daesh qui sont en embuscade sur la zone sahélienne à proximité des grands champs gaziers. Ils créent ici et là des poches de chaos qui fixent nos moyens militaires et génèrent la confusion sur le plan diplomatique. En arrière-plan, ils neutralisent nos dirigeants en achetant nos armes ou en contrôlant nos dettes souveraines. Enfin ils nous dispersent sur le plan des stratégies sécuritaires, notamment face aux menaces terroristes, en jouant leur arme préférée : la Taqiya (13) ! Ils sont prêts à déclencher des guerres civiles et tribales sur des zones stratégiques (Liban, Yémen) et à accentuer ces tragédies humaines que nous connaissons notamment au Moyen Orient et en Afrique afin de garder leur prééminence dans le jeu de pouvoir autour de la domination des stratégies de marché sur les énergies fossiles.

Nous savons tous qu’elles sont condamnées à brèves échéances avec l’accélération de la transition énergétique qui est en cours sur le plan mondial et qu’il est devenu très urgent de faire émerger autre chose, mais il faut être conscient que pour eux c’est la seule issue pour asseoir le plus vite possible leur suprématie en termes de prosélytisme au sein du monde arabo-musulman religieux afin d’imposer leur vision apocalyptique d’un islam premier et épuré selon les dogmes du Wahhabisme (14). De fait, ce pays se marginalise en croyant se remettre au centre du jeu mondial et peut nous entraîner dans de grandes convulsions régionales, voire mondiales, si nous ne sommes pas capables de contenir ses dérives et archaïsmes suicidaires. Le plus dur sera de le convaincre de rentrer dans le XXIème siècle et surtout de ne pas perdre la face en redevenant "normal"...
 
Ou finalement "Les chiens aboient et la caravane passe" !
Tout ceci révèle les convulsions d’un monde qui meurt avec des jeux d’acteurs qui agitent les peurs, enferment nos opinions dans des visions morbides du présent, voire apocalyptiques du futur. Ces cinétiques contribuent à maintenir au pouvoir des synarchies (France, Commission européenne, OTAN), des lobbies (Energie, complexes militaro-industriels, banques), des oligarchies (ONG, syndicats, médias, réseaux "d’experts" etc.), à neutraliser tout débat politique (cf. les taux d’abstention record atteints par nos démocraties) et toute évolution pour nos sociétés. Pour ne prendre que la France actuellement, nous sommes ballotés entre le surmoi permanent et exubérant des psychopathies "post-soixante-huitardes" et l’indécence des "faiseurs de fric" qui abusent, sous prétexte de néolibéralisme, les vides de gouvernance de ces dernières décennies.
 
Par rapport à ces délitements sociétaux et institutionnels, le monde continue sa marche de façon indifférente avec un repositionnement des leaderships. Ils se concrétisent de façon explicite par un repli protectionniste américain et la reconsidération de son jeu bipolaire avec la Chine, mais aussi par l’affirmation de l’autorité de la Russie sur son espace vital et son "étranger proche", notamment sur le pivot eurasien. Ils se traduisent bien entendu par la montée de l’hégémonisme chinois au niveau mondial, ainsi que par l’affirmation de l’Inde, de l’Iran et de l’Egypte comme nouvelles puissances centrales sur leurs aires d’influence respectives, notamment face à l’implosion du sunnisme et aux risques de confrontations régionales sur le Proche et Moyen Orient.
 
A ces mouvements de fond il faut ajouter ce qui est propre aux BRICS. Ces derniers, malmenés par la crise occidentale et par la machine de guerre monétaire américaine, cherchent à ouvrir le jeu. La plupart sont engagés dans la "dé-dollarisation" prônée par la Russie et la Chine depuis plusieurs années (15) en essayant de faire émerger de nouvelles institutions et des processus alternatifs pour sortir de la domination de la Banque mondiale et du FMI (16). Dans ce contexte où les centres de gravité géostratégiques se déplacent à très grande vitesse sur le Pacifique nord et après-demain sur l’Océan indien, les Etats-Unis sont confrontés à une clarification de leurs enjeux stratégiques face à un réel risque de récession, les substituts monétaristes de la FED n’ayant pas produit les résultats escomptés depuis dix ans. Pour l’Europe, qui se divise et s’installe dans une déflation chronique, qui se désigne comme cible du terrorisme islamique en jouant la victimisation permanente et qui devient le terminal des migrations arabo-africaines, tout prédispose à la prise d’otage permanente là où le reste du monde prend ses marques pour construire l’Histoire de demain.
 
Les discours permanents et moralisateurs que nous subissons actuellement sont devenus littéralement exaspérants. La manipulation des opinions et la propagande sont devenues les deux mamelles de la gouvernance actuelle. Comment faire pour faire disparaitre ces archaïsmes qui bloquent nos sociétés? Comment désamorcer ces tentatives de suicides collectifs par quelques psychopathes de la vie politique ou par ces lobbies qui nous gouvernent malgré nous ? Comment remettre nos sociétés au cœur des enjeux du futur et au centre des processus de décision ? Faut-il accepter de payer le prix comme on nous l’impose actuellement en nous faisant croire qu’avec un cout marginal nous pouvons passer en douceur ces transitions de société et de gouvernance, au risque de perdre en compétitivité et en attractivité pendant quelques temps, voire en identité ou en liberté, avec en contrepartie l’assurance d’un risque zéro et d’un évitement de tout principe d’escalade en termes de confrontations civiles ou militaires ? Ne sommes-nous pas en train de jouer de façon infantile à la roulette russe en pensant passer entre les balles alors que tout le chargeur est plein ?
 
Comment sortir de cette spirale archaïque et suicidaire ?
Il est clair que la question de la légitimité et de l’autorité du politique au sens noble du terme se pose. On ne peut éradiquer des archaïsmes que si une vision forte et durable leur est opposée tout en étant fondatrice de temps nouveaux.
Pour cela, il faut incarner la ligne d’horizon, un état d’esprit, un souffle, une force d’âme et un cheminement avec des personnalités qui soient conscientes de leur responsabilité et de leur mission dans le temps, pas uniquement pour une législature et la satisfaction de leurs actionnaires ou sponsors. Cela suppose un sens de l’abnégation, du don de soi et de l’intérêt général, ce qui n’est pas dans les mœurs et l’hubris actuels. Il nous faut, non pas un "grand soir" et une réplique de la "Terreur", mais un renouvellement brutal et total de la quasi-totalité de nos élites. Celles qui sont aux commandes sont beaucoup trop disqualifiées pour être en mesure de conduire une telle inversion des paradigmes pour nos sociétés qui dans la règle des 80/20 sont piégées par les minoritaires. Nous avons trop tardé et avons été trop indolents et irresponsables sur ce plan. De fait, la société de défiance a submergé le peu de confiance qui restait dans nos institutions et nos dirigeants. Là est la véritable catastrophe qui nous maintient actuellement en état de sidération tout en générant de l’impunité aux marginaux de tous ordres...
 
Par ailleurs, il faut baisser l’intensité de ces prses d’otage en faisant bouger les lignes, en allant sur d’autres méthodes de négociation et en trouvant des portes de sortie à ceux qui se sont enfermés dans ces archaïsmes suicidaires, notamment pour ceux qui souhaitent finalement évoluer. Il faut être conscient que tous n’accepter ont pas forcément de bouger et que nous aurons sûrement des processus de catharsis à assumer et à neutraliser, peut-être à minima par la loi, le plus souvent par la force, s’il n’y a pas d’autres issues. Mais si nous ne voulons pas aller à la tragédie il faudra faire preuve de lucidité, d’initiatives et d’audace. Avons-nous les dirigeants pour cela actuellement ? Telle est la question fondamentale à laquelle il faut répondre sans trop attendre. Nous sommes trop dans la logorrhée et la virtualité, pas assez dans la décision et l’action.
 
Les deux pièges que nous devons surmonter dans ce contexte sont : d’une part le déficit éducatif avec en corollaire l’abêtissement de nos sociétés, et d’autre part la dette avec en prime l’avilissement de nos populations vieillissantes et apeurées. Ils nous ancrent dans des peurs et angoisses collectives qui ne sont pas saines. Il est encore temps de nous ressaisir !
Nos deux enjeux majeurs sont de retrouver le sens des valeurs et de réhabiliter le sens de l’espérance. Il faut sortir du matérialisme et du cynisme actuels qui enferment les populations dans des illusions où l’instantanéité, la société du spectacle, le culte du corps, le jeunisme, la consommation à crédit et le bien-être sont devenues les seules références de la vie. Nos sociétés sont devenues, dans ces périodes de mutation, extrêmement vulnérables. De fait nous avons besoin d’être plus résilients, moins naïfs et plus robustes.
 
Nos deux impératifs sont désormais d’empêcher ces formes de suicides collectifs en neutralisant les convulsions actuelles et en ne faisant pas perdre la face à ceux qui sont dans des impasses idéologiques ou tactiques. En revanche, il faut sortir des confusions intellectuelles qui dominent les débats actuels. Les jusqu’au-boutistes ne doivent pas avoir le mot de la fin. Au XXème siècle ils ont tous généré des totalitarismes et des tragédies historiques qui sont irrecevables, sauf pour ceux qui acceptent d’être de nouveau lâches devant l’Histoire. Mais à cela il faut opposer sans cesse l’esprit de la Résistance ! Finalement, comme l’a écrit Mark Twain "Dans vingt ans vous serez plus déçus par les choses que vous n’aurez pas faites que par celles que vous aurez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez".
Sortons de ces prises d’otage pour offrir à nos enfants un autre monde qui, s’il n’est pas parfait, ne sera pas pour autant apocalyptique et mortifère comme celui qui nous est actuellement vendu en promotion par des imposteurs marginaux et forcément radicaux. Soyons enfin responsables et courageux. Plutôt que de subir tous ces archaïsmes et de gémir sans cesse face à ces prises d’otages, affranchissons-nous des dénis, osons dire enfin la réalité et transformons "sans peur et sans reproche" (17) notre pays qui mérite mieux que le délire actuel !
 
(1) Voir article : "Grèce les réserves de gaz permettraient de rembourser la dette"(selon la Deutsche Bank)
https://fr.sputniknews.com/economie/20121205196832438
(2) Voir analyse de Ana Pouvreau sur Diploweb, 21 mai 2016 : "Chypre : la réunification en perspective ?"
http://www.diploweb.com/Chypre-la-reunification-en.html
(3) 3 Voir analyse d’Alexandre Devecchio dans le Figaro du 3 avril 2016 :
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/04/03/31001-20150403ARTFIG00399-et-si-les-grecs-preparaient-leursortie-de-l-euro-avec-l-aide-de-poutine.php
(4) Voir dans la revue Hérodote : le siège de Vienne par Mehmet IV fut levé en 1683 grâce au roi Polonais Jean III
Sobieski
https://www.herodote.net/12_septembre_1683-evenement-16830912.php
(5) Mitteleuropa : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mitteleuropa
(6) Cf. analyse de Camille Strub 15 mai 2016 "Gotland : l’équilibre dans la Baltique pourrait-il être inquiété par des aspirations russes ?": http://www.regard-est.com/home/breve_contenu.php?id=1642
(7) Cf. analyse de Michael Lambert : http://www.atlantico.fr/decryptage/et-otan-perdait-guerre-prochaine-contrerussie-c-est-en-tous-cas-scenario-think-tank-americain-michael-lambert-2578750.html
(8) Union économique eurasiatique (UEEA) : https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_%C3%A9conomique_eurasiatique
(9) Cf. Mackinder : « le pivot géographique de l’histoire » : http://egea.overblog. com/pages/Mackinder_le_pivot_geographique_de_lhistoire_1904-481863.html
(10) Cf. Zbigniew Brzezinski : "Le grand échiquier"1997 Bayard
(11) Cf. Diploweb : Roland Pourtier 28 mai 2016 : Le défi africain "bombe démographique" ou "dividende Démographique" http://www.diploweb.com/Le-defi-africainbombe. html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=NL101300516&utm_medium=email
(12) Cf. le pacte du Quincy : https://www.herodote.net/14_fevrier_1945-evenement-19450213.php
(13) CF. Laurent Annie : "La taqiya ou dissimulation" http://www.magistro.fr/index.php/template/lorem-ipsum/depar-le-monde/item/2451-la-taqiya-ou-dissimulation
(14) Cf. Mathieu Guidere : "l’Arabie saoudite n’est plus ce qu’elle était… "  Diploweb 5 juin 2015

http://www.diploweb.com/L-Arabie-saoudite-n-est-plus-ce-qu.html

(15) Cf. Forum de Bo’ao mars 2015 : https://fr.sputniknews.com/economie/201503301015386921
(16) Cf. Sommet des BRICS de 2014 : https://fr.sputniknews.com/economie/20140711201793659
(17 Devise associée au Chevalier Bayard qui signifie : "Qui ne craint rien et fait preuve d'une conduite Irréprochable"
GUILHOU Xavier

Né en 1954


 

 

Directeur du Cabinet XAG Conseil
Spécialisé dans la prévention des risques
, le pilotage des crises et l'intelligence stratégique ainsi que les questions de diplomatie humanitaire et d’assistance stratégique aux Etats.

Docteur es Lettres et Sciences humaines
DESS de l’IEP de Paris

Expérience triple :
* Sur le terrain des crises internationales ainsi qu’aux niveaux étatique et interallié.
(Ancien responsable de la DGSE dans les années 1980, engagé dans la montée en puissance des Opérations Spéciales (COS) dans la décennie 90)
* Dans le monde de l’entreprise pour avoir exercé des  fonctions exécutives et opérationnelles
(Directeur général de filiale au sein du Groupe Hachette, directeur du marketing de Spie-Batignolles, directeur de la sécurité corporate de Schneider Electric, directeur du think-tank d’EuroGroup.
* Au sein du monde universitaire et des grandes écoles
 
Capitaine de vaisseau de réserve
Ancien auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale (IHEDN).

Ouvrages
Ruptures créatrices avec Patrick Lagadec -éditions d'organisation 2000
Un monde à repenser  (avec Eric de la maisonneuve - éditions économica 2001
La fin du risque zéro  (avec Patrick Lagadec) (2002)
Voyage au coeur d'une implosion, ce que l'Argentine nous apprend (avec Patrick Lagadec et Laura Bertone) (2003)
Quand ONG et PDG osent (avec Jean Marie Aoust, Gilbert Canameras et Claude Revel) (2004)
Quand la France réagira.... (2007)
 
Nombreux articles
Interventions régulières sur les chaines de radio pour décrypter l’actualité internationale
Site
http://www.xavierguilhou.com
 
Distinctions
Chevalier de l’Ordre National de la Légion d’Honneur
Officie de l'Ordre National du Mérite
Croix de la Valeur Militaire avec citation
Croix du Combattant Volontaire
Commandeur du Mérite de l'Ordre Souverain de Malte

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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