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Attaques chimiques en Syrie

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Attaques chimiques en Syrie : des ficelles de plus en plus grosses
 
"Vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres" (Matthieu 24, 6). La guerre de Syrie semblait tirer à sa fin. Or des rumeurs de guerre inquiétantes en viennent encore.
Il y aurait bientôt une nouvelle attaque chimique de Bachar-el-Assad. La riposte est prête : le forfait n’est pas encore commis mais la punition se prépare déjà : le destroyer US The Sullivan armé de 56 missiles de croisière, est arrivé dans le Golfe persique, et le bombardier de l’US Air Force B-1 B avec 24 missiles de croisière Air-sol a été acheminé vers la base aérienne de al-Udeid au Qatar.
Et pour être sûr qu’il aura quelque chose à punir, huit chars contenant de la chlorite auraient été acheminés vers le village de Halluz, dans la province d’Idlib, le principal réduit djihadiste encore hors du contrôle du gouvernement syrien, où un groupe des militants spécialement entraînés par la compagnie militaire privée américaine Olive a été déployé afin de simuler le sauvetage de victimes d’une attaque chimique   
Cette opération, disent les Russes, a été planifiée par les services de renseignement britanniques pour justifier une frappe aérienne imminente visant l’infrastructure syrienne civile et militaire.
Certes la source principale est russe. Mais d’autres informations semblent la confirmer : Macron, qui est un maillon important de la machine de propagande occidentale a, dans son dernier discours devant les ambassadeurs réunis à Paris repris ses attaques contre Assad : son maintien au pouvoir serait, selon lui, une "erreur funeste". Mais de quoi se mêle-t-il donc ? Même au temps de la colonisation, que le même Macron dit avoir été un crime, la république ne décidait pas de qui devait être le roi du Maroc. Elle a essayé une fois, mal lui en a pris.
Macron avait semblé un moment devenir plus réaliste. Ce durcissement est significatif de quelque chose, probablement d’une nouvelle attaque contre à Syrie. La voix de son maître.
 
Quel intérêt auraient au demeurant les Russes de faire circuler ce genre de rumeur si elle n’était pas fondée ? Poutine a mis en garde les Etats-Unis contre la tentation de frapper une nouvelle fois la Syrie, mais s’il n’en était pas tenu compte "jusqu’où abusera-t-on de sa patience ?".
Près d’Idlib où l’attaque chimique est planifiée, pas par les Syriens mais par l’OTAN, une attaque analogue avait été imputée à l’armée syrienne à Khan Chekroun le 4 avril 2017. En représailles, les Etats-Unis avaient largué 49 missiles Tomahawk (dont chacun représente presque une bombe atomique) sur un aéroport syrien vide. Quelques mois plus tard, le général James Mathis, secrétaire d’Etat à la Défense de Trump devait avouer dans Newsweek (1), que le Pentagone n’avait aucune preuve de l’implication d’Assad dans une attaque chimique.

Nouvelle utilisation présumée de gaz le 7 avril 2018 dans le faubourg de la Douma près de Damas que pourtant Assad finissait de reprendre aux djihadistes. Même tollé. Cette fois 110 missiles ont été lancés par les Américains, les Anglais et les Français. Une mission de l’OIAC l’Organisation internationale nationale contre les armes chimiques est arrivée ensuite pour dire qui était responsable. Elle n’a pas vraiment conclu.

Errare humanum est :  pour tous ceux qui l’ont suscitée, la guerre de Syrie fut une erreur. Perseverare diabolicum ; c’est bien à une entreprise diabolique que nous avons affaire aujourd’hui. Il y a des deux côtés de l’Atlantique des hommes – et Macron n’est pas le moindre -, qui ne se résignent pas à avoir perdu la guerre de Syrie, à ce que le président Assad reste en place alors qu’ils n’ont cessé de répéter qu’il allait tomber. Qui aurait cru que pour tenter encore leur chance de renverser la situation, ils auraient recours une ficelle aussi usée ?
Quel serait donc l’intérêt d’Assad qui a pratiquement gagné la guerre d’utiliser ce genre d’armes que dès 1918 on trouvait peu efficace. Il faut dire que l’absurdité même de l’accusation alimente la propagande de l’OTAN : comment Assad peut-il être assez monstrueux pour se servir de gaz (contre des enfants – nous verrons que le principales victimes seront des enfants, le b a ba de la propagande de guerre ! ) alors que ça ne lui sert plus à rien ? Non seulement le crime est douteux, mais il n’y a pas de mobile.  
Comment pourrions-nous être assez stupides pour croire encore à ces balivernes ?
(1) Newsweek,  8 février 2018, article de Ian Wielkie

Envoyé par l'auteur, 9 octobre 2018, paru sur roland.hureaux.over-blog.com
HUREAUX  Roland

Né le 14 juin 1948
Marié  -  enfants
 

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)
Institut d'études politiques (IEP)
Ecole nationale d'administration (ENA)
Agrégé d’histoire
 
Sous-préfet
Diplomate
Conseiller technique
à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)
Conseiller
     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)
     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)
Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse
Rapporteur à la Cour des Comptes. 
 
Ouvrages
Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)

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