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Devant l'histoire (110)

D’abord, ils ont tué mon père…   Le prologue du film d’Angelina Jolie, "D’abord, ils ont tué mon père" s’inscrit dans le droit fil d’une falsification de l’histoire que nous subissons depuis plusieurs décennies à propos des guerres d’Indochine. Nous avons dépassé le stade pathétique des "unes" de la grande presse qui annonçait en 1975 que "Phnom Penh en liesse acclamait ses libérateurs… " (sic). Mais beaucoup de chemin reste encore à faire. Pour les scénaristes du film en question, le responsable de la naissance des Khmers rouges et de leur accession au pouvoir serait un certain Richard Nixon qui aurait odieusement agressé le Cambodge, avec la complicité du gouvernement du général Lon Nol, provoquant ainsi une réaction de l’ensemble de la population cambodgienne autour de la seule force de résistance à l’agression étrangère : les Khmers rouges.   Cette falsification néglige, une fois de plus, la chronologie des faits les plus…
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Les ravages de l’historiquement correct   Les évènements tragiques qui se sont déroulés récemment dans le Sud des États-Unis, et l’intense polémique qui s’en est suivie, appellent quelques mises au point factuelles au sujet de la "guerre de sécession". On ne peut que déplorer que la majorité des médias, toujours avides de sensationnel, se soient régalés à mettre de l’huile sur le feu, témoignant le plus souvent d’une grande ignorance, pontifiant en leçons de morale anachroniques, se comportant de façon bien pire qu’un inquisiteur, lequel instruisait au moins ses procès à charge et à décharge.    Tout d’abord, aux États-Unis, la guerre de sécession est appelée "guerre civile" au Nord, et "guerre entre États" au Sud. Les mots ont un sens. Pour qu’il y ait une guerre civile, il faut au moins deux factions rivales qui se disputent un même territoire et une même population. Or, jamais le Sud n’a…
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Lecture d’été : Napoléon, Jean Tulard, Fayard 1977   Il paraît que l’on enseigne plus, ou si peu, Napoléon au collège et au lycée. Voici une bonne raison pour se replonger dans ce grand classique des biographies de Napoléon. L’ouvrage est complet et didactique en même temps, trouve un bel équilibre entre l’événementiel et la description de la société française de ce temps. Jean Tulard nous fait partager un agréable moment de littérature historique. Ce livre a un immense avantage : il est non idéologique, non partisan, ne cherche pas à nous imposer un jugement de valeur, un point de vue politicien (ce qui est le sommet de la vulgarité et de la bêtise quand on prétend se mêler d’histoire). Sans revenir à la chronologie, très claire dans cet ouvrage, ni au contenu proprement dit, voici quelques rappels ou considérations éparses que sa lecture m’a inspirés :   Aucune conviction ne…
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L’honneur de la France   Dimanche dernier, le Président de la République a commémoré l’arrestation, les 16 et 17 juillet 1942, de treize mille Juifs par la police parisienne, leur internement au Vel d’Hiv et leur livraison à l’occupant allemand. Il est juste que les plus hautes autorités de l’Etat manifestent par leur présence, le regret et la douleur de la nation devant cet acte cruel. Nous savons aujourd’hui que ces déportés ont presque tous péri dans les camps de concentration nazis. Mais Emmanuel Macron a cru bon de faire plus. Reprenant un thème initié par Jacques Chirac en 1995 et développé par François Hollande en 2012, il a affirmé que la responsabilité de la sinistre rafle retombait exclusivement sur notre peuple. Il a fustigé une salissure indélébile sur notre honneur national : "C’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation". "Pas un seul Allemand n’y prêta la…
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Jaurès / Péguy : le politique et le mystique   Une amitié intellectuelle liait l'homme politique et l'écrivain. Ensemble ils se sont battus pour faire reconnaître l'innocence d'Alfred Dreyfus mais, très vite, Péguy verra dans "le dreyfusisme" une "profanation". Il s'éloignera du tribun devenu, selon lui, "un politicien comme les autres".   C'est moins l'histoire d'un duel que d'une amitié rompue. Une amitié puissante, inégale, dissymétrique, qui tourna chez Péguy en répulsion. Son esprit indomptable finit par prendre en détestation Jaurès, cet aîné trop ondoyant qu'il avait tant chéri et admiré mais qui, à ses yeux, avait tout trahi : le socialisme peut-être, le dreyfusisme certainement, et surtout sa condition d'homme libre. Pour un regard superficiel, tout aurait dû lier à jamais ces deux superbes intelligences ; tout finit par les opposer. Ce qui les rapprocha jusqu'aux premiers jours du XXe siècle ? Les origines, assez peu : Jaurès était un bourgeois…
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Nouvel ouvrage Histoire de la collaboration 1940-1945
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Vel’d’hiv’ : où était la "vraie France" ?   Je ne suis pas un électeur de Marine Le Pen, tout juste un modeste historien de la France Libre, de l’armée française sous l’Occupation et, plus récemment, de la Collaboration (1) Cette qualité m’incite, d’une part, à juger que la question de la responsabilité de la France dans la grande rafle du Vél’d’Hiv’ n’a rien à faire dans l’actuelle campagne pour l’élection présidentielle, et que, d’autre part, puisqu’elle vient d’être l’objet d’une nouvelle instrumentalisation à des fins politiques, il n’est jamais trop tard pour rappeler aux acteurs et aux commentateurs de la vie politique quelques vérités élémentaires.   Je voudrais d’abord renvoyer les uns et les autres au texte de deux plaques mémorielles. La première a été apposée sur le mur du l’immeuble situé au n° 8 du boulevard de Grenelle, à l’angle de la rue Nélaton, à l’emplacement du Vél’d’Hiv’, détruit en…
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Du fait colonial   J’ai eu l’occasion de dire, dans une récente lettre ouverte, tout le mal que je pensais de la déclaration de Monsieur Macron à propos de la colonisation. Passé le temps de la réaction à chaud, je voudrais revenir sur quelques fondamentaux toujours oubliés par les médias et par les donneurs de leçons de morale historique. Plusieurs décennies d’enseignement obligatoire de la haine de soi ont fait beaucoup de dégâts. L’ignorance des faits historiques et la perversion du vocabulaire ont rendu l’opinion publique perméable à toutes les instrumentalisations, en témoigne un sondage effarant qui indique que 51 % des Français penseraient que la colonisation est effectivement un crime contre l’humanité.   La colonisation est un type de conquête territoriale qui a toujours existé. L’expansion coloniale s’est pratiquée sur tous les continents depuis la nuit des temps, à partir du moment où un peuple débordant de vitalité, d’ardeur…
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Macron et l’Histoire   Lors de son voyage en Algérie le 15 février dernier, dans un entretien avec la chaîne Echourouk News, Monsieur Macron a  déclaré : "La colonisation fait partie de l’histoire française... C’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes… " Certes, des propos tenus lors d’une campagne électorale qui s’annonce difficile ne devraient pas être pris à la lettre… Mais enfin, si l’on comprend bien Monsieur Macron, seule la colonisation française est condamnable.   Pour qui s’est intéressé à l’histoire du Maghreb – le nord de l’Afrique au sud de la Méditerranée - ce qui est devenu l’Algérie fut colonisé par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Vandales, les Byzantins, par les Arabes depuis 680 de notre ère,…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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