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Sous Ponce Pilate

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Sous Ponce Pilate (Essai)
 
Préface de François Richard et Bernard Plessy
Gabriel Robin, historien de formation (ENS Ulm, agrégé d’histoire), énarque et diplomate, conseiller diplomatique à l’Élysée, ambassadeur auprès de l’OTAN à Bruxelles, honoré du titre d’ambassadeur de France : un homme à même de comprendre et d’apprécier les comportements, les situations, les rapports de force, les stratégies, et même les arrière-pensées…, et de les déceler et analyser jusque dans les Évangiles, qu’on n’a l’habitude d’observer sous cet angle.
Il a publié quatre ouvrages sur les relations internationales, mais c’est la première fois qu’il s’attache à ce sujet des sujets, historique et religieux : Jésus, en proposant une lecture originale des Évangiles.

 
D’abord, il relève un vieux défi : situer dans l’espace et dans le temps le plus possible des épisodes évangéliques. Interrogés avec savoir-faire et pénétration, bien des indices géographiques ou historiques sortent de l’ombre, et, rapprochés les uns des autres jalonnent un parcours. Il faut suivre de près la démonstration serrée (bien résumée dans le chapitre final de conclusion-résumé) qui aboutit à proposer deux dates extrêmes, 28 et 33, pour le parcours public de Jésus, et à établir à l’intérieur de chacune des quatre années centrales un ou deux faits bien datés, qui servent de pivots autour desquels en regrouper d’autres, avec un avant et un après. Les événements évangéliques ne flottent plus dans un espace narratif décollé de la réalité, mais prennent place dans une longue aventure de cinq ans, en Judée, en Galilée et autour de la Galilée, puis à nouveau en Judée. La vie publique de Jésus prend une dimension historique, s’inscrit dans le monde juif et romain de l’époque, et cette surprenante valeur de réalité concrète en renouvelle la lecture. On suit l’action de Jésus, étape par étape, semestre après semestre, et on comprend peu à peu les Évangiles comme un drame à plusieurs séquences, dont chacune a sa dominante propre.
 
D’abord, la phase initiale, en Judée, dominée par la présence du Baptiste, qui pendant un an sera, d’abord devant, puis derrière Jésus, le grand référent qui protège, authentifie, et encourage sa mission ; puis la phase centrale, en Galilée, pendant laquelle Jésus, installé à Capharnaüm, recrute et s’attache ses apôtres et ses disciples, déploie son action, organise sa prédication, appuyée par des miracles impressionnants, et connaît une popularité extraordinaire, mais à deux reprises, doit s’éloigner ; dernière phase enfin, celle du retour en Judée, vraiment héroïque : on suit Jésus dans les attaques permanentes que déclenchent contre lui les autorités religieuses, qui ne cessent de l’affronter dans des joutes théologiques visant à lui faire perdre la face, et dont il surmonte admirablement les défis, puis, qui, finalement, se décident à la manière forte, dans une épreuve à laquelle il se soumet.
 
Bien des épisodes reçoivent un éclairage neuf : l’algarade avec les marchands du Temple, qui n’est qu’un affrontement mineur et limité, situé au début, en Judée, dont Jésus se tire habilement en invoquant le nom du Baptiste ; le départ précipité de Judée, qui suit directement l’arrestation du Baptiste ; les deux séjours de Jésus en Décapole et surtout en Syrie du Sud, qui n’ont rien d’une promenade inexplicable, mais sont des fuites devant des dangers réels ; la guérison de la fille de Jaïre, qui prend un piquant certain si on se souvient que Jaïre, chef de la synagogue de Capharnaüm, faisait partie de ceux qui, scandalisés par la guérison de l’infirme un jour de sabbat, avaient poussé Jésus à partir, et pourtant, père désespéré, l’appelle au secours ; les affrontements avec les pharisiens, puis les sadducéens, à Jérusalem, où Jésus joue à chaque fois son autorité, et démontre sa supériorité, ce qui exaspère ses adversaires ; l’entrée des Rameaux à Jérusalem, que G. Robin présente comme une dernière tentative pour rallier tous ses partisans, et essayer de changer le rapport de force avec les autorités religieuses, mais qui finalement, n’aboutit pas ; on admirera enfin la présentation de la période des apparitions postpascales, dans laquelle G. Robin voit la clé de la naissance de l’Église, une préparation de la Pentecôte…
 
Tout livre sur Jésus serait décevant, s’il ne parlait pas aussi au cœur. Il ne s’agit pas seulement de la nécessaire sympathie méthodologique qu’auteur et lecteurs doivent réserver aux acteurs de l’histoire, mais ici, plus précisément, de ce mélange de respect et de vénération qui est comme la condition indispensable à tout effort d’intelligence de cette figure extraordinaire. Gabriel Robin ne récuse aucun fait des Évangiles, aucune phrase mise dans la bouche du Christ, et ses nombreuses analyses des paroles de Jésus, teintées de foi, donnent beaucoup à voir, à comprendre, et à admirer. Son livre est inséparablement un exposé historique et une méditation, et c’est cette synthèse qui en fait toute la richesse, et toute la valeur.
 
Gabriel Robin, né en 1929, historien de formation (ENS Ulm, agrégé d’histoire), énarque, a fait carrière dans la diplomatie. Il a été conseiller technique au secrétariat général de la Présidence de la République, directeur des Affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, ambassadeur, représentant permanent de la France au conseil de l’OTAN à
Bruxelles, et a été élevé à la dignité d’Ambassadeur de France.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux relations internationales, dont Entre empire et nations (2004).

Editions de Fallois, 2 février 2015
 
Editions de Fallois, 22 rue de La Boétie, 75008 Paris
Mise en vente : 16 février 2016 • 400 pages • Prix TTC : 22 € • Diffusion Hachette










ROBIN  Gabriel

Né le 25 août 1929
Marié – 2 enfants


Ambassadeur de France


Agrégé d’histoire
Ecole Normale Supérieure (Rue d’Ulm)
Ecole nationale d’administration (ENA)
Ambassadeur de France
Représentant permanent de la France au conseil de l’OTAN (1987-1993)

Ouvrages
La crise de Cuba, du mythe à l’histoire (1984) - La diplomatie de Mitterrand ou le triomphe des apparences (1985) - Un monde sans maître (1995) - Entre empire et nations (2004) - Sous Ponce Pilate (2016) -

Distinctions
Commandeur de la Légion d’honneur
Officier de l’Ordre national du Mérite

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