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Devant l'histoire (124)

Faillites : 1814 - 1914 - 2014 Avec une opiniâtreté sans faille, les Européens, et en particulier les Français, s’autodétruisent avec une régularité d’horloge. D’où leur vient ce goût immodéré pour l’auto anéantissement, la faillite collective ? Pour le plaisir, l’auto satisfaction de pouvoir, encore et toujours, se reconstruire ? Quelle vanité ! Quelle folie !   1814 : On en fêta le bi-centenaire, surtout dans le nord de la France, avec des festivités, des reconstitutions, des cérémonies qui ressemblent à des mascarades, un peu gênantes, sauf pour les bonapartistes acharnés. Pourtant il n’y a pas de quoi être fier : Après les désastres de Russie, les combats de recul sur les territoires polono-germaniques, voilà la guerre en France : le territoire est envahi : ce sera la première de 4 fois : 1814, 1870, 1914 et 1940… Cette dernière fois, c’est "complètement". Toujours face au même ennemi : l’indomptable Prussien. Après la première algarade de Champagne et de Brie…
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Raymond-Léopold Bruckberger, bête noire des bien-pensants   "Un dominicain iconoclaste": la grande presse, comme d’habitude, a choisi la facilité pour rendre compte de la disparition du révérend père Bruckberger, dans les premiers jours de 1998. Il appartenait à l’ordre de saint Dominique, où il était entré en 1929, mais il eût été opportun de rappeler que ce fils d’un Autrichien et d’une Française, né en 1907 à Murat, dans le Cantal (où son père, ingénieur, s’était installé), avait d’abord choisi d’entrer, à 22 ans, dans "l’ordre de la chevalerie et des batailles", non dans une association de beaux esprits, et que nul ne fut moins iconoclaste (étymologiquement : "briseur d’images saintes") que lui. On voit bien ce que Le Figaro et Le Monde voulaient suggérer : dans la langue commune, iconoclaste a fini par signifier marginal, non-conformiste, à contre-courant. Et il est vrai que l’auteur d’Au diable le père Bruck (Plon,…
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Un sondage IFOP-JDD révèle que 85% des Français ne font pas confiance à la politique économique du gouvernement. Or, aucun redressement, aucune sortie de crise n’est envisageable sans la confiance. C’est un constat historique, les grands rétablissements de l’histoire ont toujours reposé sur la confiance : Raymond Poincaré en 1922 et 1926, Antoine Pinay en 1952 et 1958 (avec Jacques Rueff), Raymond Barre en 1976. Les entreprises investissent et recrutent quand elles sont portées par une confiance générale dans l’avenir, un climat d’ensemble qui n’est pas seulement économique d’ailleurs, mais lié à la solidité des institutions, la stabilité et l’unité du corps social, la sécurité internationale, un environnement rassurant. Cette confiance, il incombe aux dirigeants politiques non seulement de l’inspirer, mais aussi de l’incarner. Or, les hommes qui représentent aujourd’hui le pouvoir souffrent d’un discrédit qui n’a sans doute pas de précédent historique. Ils se voient confrontés à une contradiction…
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La double mort du tsar Alexandre Ier : une énigme russe bientôt élucidée ? Il s’est produit plusieurs irrégularités curieuses, à la mort du tsar Alexandre Ier, qui eut lieu à Taganrog, port de la mer d’Azov, le 19 novembre 1825, à la suite d’un bref coup de froid. Ceux qui virent sa dépouille ne le reconnurent pas. Ils furent peu nombreux puisque, lors des funérailles à Saint-Petersbourg, on présenta à la vénération populaire un cercueil fermé, contrairement à la tradition orthodoxe. Depuis, la tombe du tsar a été ouverte à plusieurs reprises, aussi bien sous le régime tsariste que soviétique : chaque fois, le cercueil a été trouvé vide. La fausse mort présumée du petit-fils de Catherine II, vainqueur de Napoléon en 1812, fait partie de ces grandes énigmes historiques qui passionnent la postérité et donnent carrière à l’imposture autant qu’à la légende. Mais dans le cas d’Alexandre Ier,…
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Vers la fin des années 1970, lorsque l'on demandait à Fernand Braudel quels étaient ses projets, il confiait volontiers qu'il avait entrepris une Histoire de France en trois parties. Un an avant sa mort, il expliquait dans un entretien avec Le Magazine littéraire : L'Histoire de France que j'écris est, à son départ, une histoire selon la longue durée, l'étude de changements très lents qui ont demandé des siècles pour s'accomplir. [...] L'important, pour moi, c'est l'identité de la France." Ce devait être le titre du tome premier, c'est devenu le titre de l'ensemble des trois volumes publiés par Arthaud et Flammarion en 1986, quelques mois après sa mort. Dès l'introduction de ce millier de pages à la fois érudites et limpides, il définissait en ces termes le concept qui avait inspiré sa recherche : "Qu'entendre par identité de la France ? Sinon une sorte de superlatif, sinon une problématique…
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... ou l’amour de la vérité   Pourquoi un professeur d'histoire économique à la Sorbonne décide-t-il, à 55 ans, de s’engager dans la Résistance ? La réponse à cette question simple ne ressortit nullement d'une argumentation complexe : En 1941, on entre en résistance parce qu'on est Français, que l'on aime la France et que l'on désire la défendre contre ceux qui veulent la faire disparaître. Juif d'origine alsacienne (1), fils d'un professeur d'histoire romaine à la Sorbonne, Marc Bloch parlait de la France comme personne : "J'y suis né, j'ai bu aux sources de sa culture, j'ai fait mien son passé, je ne respire bien que sous son ciel et je me suis efforcé de la défendre de mon mieux", écrivait-il (L'Etrange défaite). Il la défendit au grand jour, les armes à la main, en se portant volontaire, à deux reprises. Une première fois en août 1914 : mobilisé…
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Le sujet est resté longtemps tabou. Si le cinéma a popularisé les noms des grands chefs révolutionnaires mexicains comme Zapata (interprété par Marlon Brando dans Viva Zapata, d'Elia Kazan en 1952) et Pancho Villa (avec Yul Brynner dans le rôle-titre du Pancho Villa de Buzz Kulik), c’est la première fois qu’il raconte ce chapitre ignoré de l’histoire du Mexique : l’insurrection des Cristeros, de 1926 à 1929. Les historiens eux-mêmes sont peu nombreux à l’avoir exploré, ce qui rend d’autant plus précieux les travaux de Jean Meyer qui ont servi de base au scénario de Cristeros, de Dean Wright. Les trois années sanglantes de ce qu’on va appeler la Cristiada sont la conséquence d’une politique de plus en plus ouvertement hostile à l’Église, depuis que la guerre civile de 1910 a amené les révolutionnaires au pouvoir. Dans un pays profondément catholique, l’Église reste la principale institution sociale. La Constitution de…
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ou la "véhémence d’être".   Comme avant lui tant d’autres "éclaireurs", Pierre Boutang (1916-1998) s’est éclipsé dans une discrétion qui n’honore guère notre époque. Quatre colonnes dans Le Figaro, trois dans Le Monde  ne suffisent guère pour le mausolée qu’eût mérité un intellectuel aussi fécond, dont un autre grand intellectuel, le philosophe austro-britannique George Steiner, saluait voici quelques années la virtuosité et le "véhémence d’être". Ils s’étaient rencontrés en 1980. Steiner avait lu l’Ontologie du secret, la thèse d’Etat de Boutang, publiée en 1973 (1) ; il y avait immédiatement vu "l’un des maîtres-textes métaphysiques de notre siècle" - Boutang, selon lui, était à ranger quelque part entre Joseph de Maistre et Martin Heidegger. Steiner et Boutang avaient en commun la passion de la philosophie du langage et une profonde intégrité. Ils se plurent, se virent régulièrement et finirent par cosigner un des plus brillants essais des vingt dernières années…
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Si on veut parler de l’esclavage, on ne peut s’en tenir à des idées simplistes ou émotionnelles. Il vaut mieux écouter les historiens ou Alain Mabanckou plutôt que Madame Taubira. Essayons de faire le point. L’esclavage semble avoir été inventé en Afrique, mais tous, Noirs et Blancs, y ont joué et jouent un rôle important : l’esclavage continue au Soudan. Slaves dérive d’esclave, et l’actuelle Europe de l’Est fut pendant des siècles un terrain de chasse pour les chasseurs d’esclaves, depuis les Grecs et les Romains. Du VIII° au XIX° siècle, des négriers africains, le plus souvent musulmans, chassaient l’esclave et les vendaient à la côte à des transitaires africains, qui les revendaient aux négriers européens. On ne peut rien comprendre à la haine entre côtiers et Africains de l’intérieur si l’on oublie ce commerce infâme. Les historiens évaluent à 40 millions le nombre d’Africains pris en esclavage : - 17 millions…
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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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