Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Devant l'histoire (116)

Il y a des livres dont il faut parler. Parce qu'ils emplissent des vides ou s'opposent au trop-plein. J'ai d'autant moins de scrupules à recommander "Vive l'Algérie française !" de mon ami Robert Ménard et de Thierry Rolando (éditions Mordicus, 4,95 euros) que le lecteur n'aura, au plus, que vingt minutes à consacrer à ce petit ouvrage et que surtout, médiatiquement, je fais le pari qu'on ne parlera pas de lui. Il est évident qu'une telle provocation, si ostensiblement réactionnaire, ne trouvera grâce nulle part et qu'on préférera nous infliger ces faux dialogues de complaisance réciproque, ces échanges promotionnels qui sont devenus une manière, notamment pour les hebdomadaires, de laisser croire qu'ils ont de la substance quand ils se mettent en réalité au service de la publicité personnelle, artistique ou intellectuelle. Souvent les mêmes interlocuteurs : Amanda Sthers, Denis Podalydès, Christine Orban, et je pourrais en mentionner d'autres. Pourtant, quel…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
Rarement les Français se seront trouvés aussi incertains que devant l’élection présidentielle de 2012.Si la plupart s’apprêtent à voter "contre" plutôt que "pour", c’est que probablement presque tous ressentent combien cette élection est paradoxale.Si l’on se réfère aux sondages, la victoire du candidat du parti socialiste, François Hollande, n’a guère de doute.L’élection d’un socialiste donnée pour acquise, sans qu’apparaisse réellement de solution alternative : c’est précisément ce qui rend les nos compatriotes si peu enthousiastes.Et c’est bien là que réside le paradoxe de l’élection : les Français envisagent d’élire un socialiste alors que, sur à peu près tous les sujets importants, le parti socialiste se situe aux antipodes de leurs attentes.Et comment en irait-il autrement ? Si l’on regarde une à une les causes de leur mécontentement, pour presque toutes, la politique menée par le parti socialiste quand il a été au pouvoir porte une large part de responsabilité, la faute de la…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
La chute de l’empire soviétique, vous vous souvenez ? La semaine dernière, j’en étais au tournant de l’excellent documentaire diffusé par Arte, Adieu camarades ! En 1985, après avoir enterré trois zombies en trois ans, l’URSS se dote soudain d’un président jeune, en pleine santé, et populaire avec ça ! Il faut dire aussi que Mikhaïl Gorbatchev a dans sa musette plein de gadgets séduisants tels que "glasnost" et "perestroïka". Lorsque "Gorbi" accède au pouvoir, il a en tête un projet original : concilier socialisme soviétique et démocratie. Son idée, en gros : "Ça ne peut plus durer, ce système absurde qui ne tient que par la force ! Et si on enlevait la force ?" Reste bien sûr l’absurdité ; mais ça, notre jeune premier (secrétaire) mettra un certain temps à s’en rendre compte. Contestation démocratique, dissensions ethniques : le dégel provoque un chaos généralisé et le camarade Mikhaïl…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
la négation du génocide dont furent victimes les Arméniens, en 1915. En vérité, elle ne punira personne : quel Français se risquerait à contester des faits historiques qui remontent au début du siècle dernier, ont eu lieu loin de l’Hexagone et s’inscrivaient dans un conflit dont il ne connaît pas les tenants ? Nos députés ont voté cette loi pour ne pas se mettre à dos les électeurs français d’origine arménienne. Lesquels indéniablement se sentent concernés car c’est pour échapper aux mas­sacres perpétrés par les Turcs que leurs aïeux sont venus poser leurs pénates en France. La communauté arménienne mérite notre sympathie, elle s’est intégrée sans esclandres et elle a droit au respect de sa mémoire. Pour autant, la pertinence de cette nouvelle loi “mémorielle” me paraît aussi contestable que celles dites Gayssot ou Taubira. Il incombe aux historiens de statuer sur l’histoire, en toute subjectivité, armés de leur savoir…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
Philippe Ariès (1914-1984)"Un réactionnaire est, pour moi, quelqu’un qui refuse la tentation du hiatus et de la table rase. Mais il ne refuse pas le changement, nous vivons dans le changement. Non seulement il faut l’accepter, mais c’est un des intérêts de la vie de le comprendre et d’y participer. Seulement, ce changement se fait dans une continuité ; s’il n’y a pas de continuité, il n’y a que très peu de changement et les choses sont gelées. C’est ce qui se passe aujourd’hui..."Cette profession de foi de Philippe Ariès conclut le passionnant livre d’entretiens avec Michel Winock paru sous le titre Un Historien du dimanche (Le Seuil, 1980). À son jeune confrère (de gauche) qui essayait de le faire passer pour un "inclassable", sous prétexte qu’il trouvait des "complicités" dans tous les camps, il fit observer : "Je suis resté fidèle à mes origines."- Vous êtes toujours un homme…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
par la willaya d’ Île de France du FLN  le 17 octobre 1961 et sa répression par les forces de police placées sous l’autorité de Maurice Papon, le général de Gaulle étant Président de la république, rappelle l’une des périodes les plus douloureuses de l’ histoire contemporaine de la France et il appartient désormais aux historiens et aux politistes d’en faire l’analyse aussi objective que possible. Mais l’événement survenu ce jour et surtout cette nuit-là  ne doit pas faire oublier le contexte général dans lequel il s’est produit : dans les soubresauts et parfois les accès de démence qui ont accompagné les derniers mois de l’Algérie française. Cette Algérie en déréliction, des foules entières où s’étaient retrouvées ensemble chrétiens, musulmans, juifs et agnostiques ont cru au mois de juin 1958 que le général de Gaulle allait enfin la délivrer de l’affreuse guerre où elle se débattait dans le sang et dans…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
Certains de ses écrits ont fait également l’objet de rééditions au cours des dernières années, en particulier ses œuvres théologiques. Cette personnalité exceptionnelle continue de fasciner un assez large public. En relisant ses écrits, en particulier le célèbre Testament politique qui fut publié pour la première fois un demi-siècle après sa mort (1688), on comprend aisément pourquoi. Une fois libéré de ce carcan idéologique un peu étroit qui se résumait en une formule, la "raison d’Etat", et se traduisait par une certaine solennité rhétorique dans l’évocation du personnage, le cardinal apparaît pour ce qu’il est : à la fois un homme de son siècle et un homme de tous les siècles. L’anachronisme est certes un péché en histoire, mais refuser d’observer des traits de permanence dans notre histoire collective, c’est aussi s’interdire de rien comprendre à notre aventure nationale.Car il y a bien une philosophie de l’Etat chez Richelieu, et elle…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
fut vécue en son temps comme une double et douloureuse amputation.Pour la France, elle signifia la perte d’une terre dont ses gouvernants avaient dit "l’Algérie, c’est la France" et qui, pour le prouver, lui avaient donné un statut métropolitain, la divisant en départements et arrondissements, avec des préfectures, des sous-préfectures, des gendarmeries, des postes, des écoles etc. On s’était ainsi convaincu que, à la différence des autres territoires d’outre mer, elle n’avait pas vocation à s’émanciper.Pour l’Algérie, ce fut l’exode d’un million de Français (sur dix millions d’habitants) qui constituaient la colonne vertébrale de l’économie du pays. Exode provoqué par la minorité d’activistes accédant au pouvoir, désireuse d’occuper vite les villas libérées, mais qui prit par surprise la majorité de la population, laquelle n’avait jamais imaginé que l’indépendance signifierait le départ des Français. Il s’en faut de beaucoup en effet qu’au sein du FLN, quelqu’un ait eu la hauteur de vue d’un Nehru,…
Publié dans Devant l'histoire
Écrit par
En savoir plus... 0
Qu’est-ce à dire ? Honorer les valeurs républicaines, c’est évidemment honorer les républiques qui ont précédé la Cinquième. Se rend-on compte que cela signifie mettre à l’honneur les Première, Deuxième, Troisième et Quatrième Républiques ? Il n’est pas sûr que les défenseurs des valeurs républicaines aient songé à cela. La Première République, 1792-1799, c’est la Convention et le Directoire, c’est-à-dire, d’abord, un régime totalitaire et génocidaire, puis, avec le Directoire, un régime aux coups d’État successifs, où règnent désordre, corruption et impuissance. Bonaparte y mettra fin avec le Consulat.  La Deuxième République est une République sans républicains. Une République sans républicains, puisque les élections de 1848 donneront la majorité aux monarchistes et que le peuple français, au suffrage universel, élira président de la République Louis Napoléon Bonaparte. Certes ladite République dont la Constitution est rédigée "en présence de Dieu et au nom du peuple français", proclame pour principes "la liberté,…
En savoir plus... 0

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version