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Devant l'histoire (116)

L’honneur de la France   Dimanche dernier, le Président de la République a commémoré l’arrestation, les 16 et 17 juillet 1942, de treize mille Juifs par la police parisienne, leur internement au Vel d’Hiv et leur livraison à l’occupant allemand. Il est juste que les plus hautes autorités de l’Etat manifestent par leur présence, le regret et la douleur de la nation devant cet acte cruel. Nous savons aujourd’hui que ces déportés ont presque tous péri dans les camps de concentration nazis. Mais Emmanuel Macron a cru bon de faire plus. Reprenant un thème initié par Jacques Chirac en 1995 et développé par François Hollande en 2012, il a affirmé que la responsabilité de la sinistre rafle retombait exclusivement sur notre peuple. Il a fustigé une salissure indélébile sur notre honneur national : "C’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation". "Pas un seul Allemand n’y prêta la…
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Jaurès / Péguy : le politique et le mystique   Une amitié intellectuelle liait l'homme politique et l'écrivain. Ensemble ils se sont battus pour faire reconnaître l'innocence d'Alfred Dreyfus mais, très vite, Péguy verra dans "le dreyfusisme" une "profanation". Il s'éloignera du tribun devenu, selon lui, "un politicien comme les autres".   C'est moins l'histoire d'un duel que d'une amitié rompue. Une amitié puissante, inégale, dissymétrique, qui tourna chez Péguy en répulsion. Son esprit indomptable finit par prendre en détestation Jaurès, cet aîné trop ondoyant qu'il avait tant chéri et admiré mais qui, à ses yeux, avait tout trahi : le socialisme peut-être, le dreyfusisme certainement, et surtout sa condition d'homme libre. Pour un regard superficiel, tout aurait dû lier à jamais ces deux superbes intelligences ; tout finit par les opposer. Ce qui les rapprocha jusqu'aux premiers jours du XXe siècle ? Les origines, assez peu : Jaurès était un bourgeois…
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Nouvel ouvrage Histoire de la collaboration 1940-1945
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Vel’d’hiv’ : où était la "vraie France" ?   Je ne suis pas un électeur de Marine Le Pen, tout juste un modeste historien de la France Libre, de l’armée française sous l’Occupation et, plus récemment, de la Collaboration (1) Cette qualité m’incite, d’une part, à juger que la question de la responsabilité de la France dans la grande rafle du Vél’d’Hiv’ n’a rien à faire dans l’actuelle campagne pour l’élection présidentielle, et que, d’autre part, puisqu’elle vient d’être l’objet d’une nouvelle instrumentalisation à des fins politiques, il n’est jamais trop tard pour rappeler aux acteurs et aux commentateurs de la vie politique quelques vérités élémentaires.   Je voudrais d’abord renvoyer les uns et les autres au texte de deux plaques mémorielles. La première a été apposée sur le mur du l’immeuble situé au n° 8 du boulevard de Grenelle, à l’angle de la rue Nélaton, à l’emplacement du Vél’d’Hiv’, détruit en…
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Du fait colonial   J’ai eu l’occasion de dire, dans une récente lettre ouverte, tout le mal que je pensais de la déclaration de Monsieur Macron à propos de la colonisation. Passé le temps de la réaction à chaud, je voudrais revenir sur quelques fondamentaux toujours oubliés par les médias et par les donneurs de leçons de morale historique. Plusieurs décennies d’enseignement obligatoire de la haine de soi ont fait beaucoup de dégâts. L’ignorance des faits historiques et la perversion du vocabulaire ont rendu l’opinion publique perméable à toutes les instrumentalisations, en témoigne un sondage effarant qui indique que 51 % des Français penseraient que la colonisation est effectivement un crime contre l’humanité.   La colonisation est un type de conquête territoriale qui a toujours existé. L’expansion coloniale s’est pratiquée sur tous les continents depuis la nuit des temps, à partir du moment où un peuple débordant de vitalité, d’ardeur…
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Macron et l’Histoire   Lors de son voyage en Algérie le 15 février dernier, dans un entretien avec la chaîne Echourouk News, Monsieur Macron a  déclaré : "La colonisation fait partie de l’histoire française... C’est un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie. Et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant nos excuses à l’égard de celles et ceux envers lesquels nous avons commis ces gestes… " Certes, des propos tenus lors d’une campagne électorale qui s’annonce difficile ne devraient pas être pris à la lettre… Mais enfin, si l’on comprend bien Monsieur Macron, seule la colonisation française est condamnable.   Pour qui s’est intéressé à l’histoire du Maghreb – le nord de l’Afrique au sud de la Méditerranée - ce qui est devenu l’Algérie fut colonisé par les Phéniciens, les Grecs, les Romains, les Vandales, les Byzantins, par les Arabes depuis 680 de notre ère,…
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La colonisation, "crime contre l'humanité" : l'histoire prise en otage   La mémoire collective, avec ses hontes et ses fiertés, devrait constituer, en principe, un ciment de l'unité d'une nation. Pourtant, un demi-siècle après la décolonisation, les élites politiques, de l'extrême gauche à l'extrême droite, ne parviennent pas à éviter la tentation de la récupération polémique de ces événements et de la provocation. Quand les hommes ou femmes de pouvoir échouent à présenter des propositions crédibles pour gouverner - lutter contre le chômage et la violence par exemple - ils préfèrent agiter les passions et attiser les rancœurs ou les haines. Une loi du 23 février 2005 et son article 4, soulignait "le rôle positif de la colonisation". En quoi est-ce le rôle du législateur - le pouvoir normatif - de porter des jugements sur un épisode de l'histoire ? Aujourd'hui, M. Macron prend le contre-pied en déclarant, en Algérie, que…
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"La colonisation et le non-sens historique d'Emmanuel Macron"   FIGAROVOX. - Lors de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne Echorouk News où il qualifie la colonisation d' "acte de barbarie" et de "crime contre l'humanité". Ces qualifications morale et juridique ont-elles un sens historiquement ? Sur le plan juridique, la première définition du crime contre l'humanité a été donnée en 1945 par l'article 6 de la Charte de Londres qui instituait le Tribunal militaire international, instance qui allait juger les chefs nazis à Nuremberg. Étaient visés "l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile". D'autres textes affineront la définition, comme le statut de Rome créant la Cour pénale internationale, en 1998, sans en changer l'esprit.…
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Mahomet ou Mohamed ?   Depuis quelques décennies, un nombre croissant d’auteurs francophones renoncent à écrire Mahomet selon l’orthographe traditionnelle, qu’ils remplacent par "Mohammed" ou "Muhammad". D’autres maintiennent cependant Mahomet. Les adeptes du changement affirment ainsi répondre à la demande de musulmans qui, invoquant l’importance de ce personnage dans leur religion, considèrent la graphie "Mahomet" comme irrespectueuse. Concernant ce nom, il n’y a donc plus d’unité linguistique en français. Ces divergences suscitent parfois des controverses, voire des polémiques. Or, les désaccords ainsi manifestés ne sont pas anodins. C’est pourquoi nous avons pensé utile de faire le point à leur sujet. Tel est le but de cette Lettre que nous proposons à votre réflexion.   Question de langage En arabe, le nom du prophète de l’islam se dit "Mohamed" ou "Muhammad", qui signifie "objet de louanges". A partir du Moyen Age, en France, ce nom a été intégré à la langue…
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