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Les dégâts du 'gender'

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Plus la gauche prend l’eau, plus elle déploie son totalitarisme égalitaire, sans crainte du ridicule…
La gauche "sociétale" a de la suite dans les idées, comme en témoigne "Ce que soulève la jupe", initiative de lycéens nantais précocement endoctrinés. L’académie de Nantes a cautionné, le ministre de l’Éducation Hamon a plus ou moins couvert cet attendu burlesque du combat progressiste contre les "stéréotypes" rétrogrades.
À l’horizon, on voit poindre le fantasme récurrent du totalitarisme "égalitaire" : plus de mecs, plus de nanas, rien que des individus voués à l’androgynat par conformité au culte de l’indifférencié. Un avatar sénile du beauvoirisme tient lieu de credo à cette entreprise de ratiboisage : le genre résulterait d’un apprentissage "discriminant".
Aux petits garçons les soldats de plomb dans la hotte du Père Noël, aux petites filles les poupées — et voilà pourquoi, à l’âge bête, de la barbe pousse au menton des dadais tandis que des orbes se dessinent sur les bustes des minettes. Au Moyen Âge, on déguisait les mendiants en rois le jour du carnaval, mais cette inversion des rôles était un jeu, peut-être une soupape.
Nos "sociétaux" sont plus sérieux, ils prétendent abolir par une pédagogie ad hoc ce qui distingue Adam d’Ève, Apollon de Vénus, Roméo de Juliette. L’ "animus "de l’ "anima", disait Jung. Autant en rire, et inviter Hamon à revêtir une jupe bien moulante, des bas résille et des talons aiguilles. On lui conseillera simplement d’éviter les cités où nos compatriotes sont en majorité musulmans ; il risquerait au minimum de se faire botter le train et il ne l’aurait pas volé.
Rions de bon cœur car l’altérité, préalable de la conscience de soi et fondement du désir, survivra aux extravagances d’une idéologie made in USA. En ce joli mois de mai, la féminité rayonne dans la rue, aux terrasses des cafés, au bureau, partout. Les nanas font de l’œil, les mecs font le paon. Comme avant, comme toujours et grâce au ciel, on marivaudera dans les jardins fleuris de l’altérité jusqu’à la consommation des siècles. En jupe, en pantalon ou à poil, les adeptes de l’"ABCD de l’égalité" et des gender studies se couvrent de ridicule : l’hermaphrodisme sied aux escargots, pas aux humains.

On peut néanmoins s’inquiéter de la santé mentale d’un pays qui fut celui de la Fronde, de Voltaire et de Guignol. Plus la gauche prend l’eau, plus sa police des mœurs et du langage dégaine ses matraques. Ainsi du tweet anodin de Mariani, député UMP. Considérant le sort épouvantable des jeunes nigérianes capturées par une secte terroriste se réclamant de l’islam, il a juste souligné que l’esclavage n’était pas l’apanage des Occidentaux. En témoignent les études de l’historien Pétré-Grenouilleau, spécialiste incontesté du sujet. Or ce tweet a déchaîné des foudres médiatiques, comme s’il était inconvenant de rappeler qu’après les Égyptiens, les Grecs et les Romains, les Arabo-musulmans ont eux aussi pratiqué l’esclavage.
C’est du reste l’Église catholique qui, bien avant l’abbé Raynal et quelques autres rares penseurs des Lumières, dénonça ex cathedra l’infamie de la servitude. Au lieu de défendre Mariani, les ténors de la droite ont bêtement renchéri sur ses détracteurs. Croient-ils glaner des points dans les sondages en allant mendier leur respectabilité à la concurrence ?
Pourquoi, dans le même ordre d’idées, personne à l’UMP ne défend Zemmour, à nouveau victime d’une traque à la Torquemada ? Zemmour est de loin le meilleur opposant au pouvoir socialiste. Le plus construit, le plus talentueux, le plus courageux. Il suffit pour s’en convaincre de comparer ses prestations à celles des pâles fantoches que l’UMP nous inflige ces temps-ci dans les médias.
Quand la droite politique osera-t-elle enfin s’inscrire dans un combat en passe d’être gagné sur le front des idées ? Quand cessera-t-elle enfin d’accréditer par sa pusillanimité cette présomption d’UMPS que Marine Le Pen lui balance dans les pattes, et qui logiquement gagne les esprits ?

Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, 22 mai 2014
TILLINAC Denis

Né le 26 mai 1947
Marié – 4 enfants
 

Ecrivain


Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux
 
PDG des éditions de La Table Ronde (1990-2007)
Membre du Haut Conseil de l'Education
Membre du Haut Conseil de la Francophonie
Représentant personnel du Président de la République Française
     pour la Francophonie (1995-1998)
Enseignant à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique
     Histoire moderne, à Toulouse (1999)
Enseignant à l'Institut supérieur
     de management public et politique (ISMAPP) (2008-2009)
 
Journaliste à La Dépêche du Midi (1974-1980)
Critique littéraire à La Dépêche du Midi (1980-1990)
Chroniqueur aux Nouvelles littéraires
Collaboration et éditoriaux à Madame Figaro (1983-1990)
Chroniqueur à R.T.L. (On refait le monde), à Canal + (Pascale Clarke)
Co-animateur (avec Michel Cardoze) de Double Page sur T.M.C.
     (émission littéraire) (2003-2004)
Intervenant dans Le Contrat sur la chaîne parlementaire
     (émission politique) (2006)
Collaborations à Valeurs Actuelles, Le Figaro Magazine,
     Madame Figaro, La Dépêche du Midi, La montagne,
     Marianne, Famille chrétienne, …
 
Ouvrages
Le Rêveur d'Amériques (1980) - Le Mystère Simenon (1980) - Le Bonheur à Souillac (1983) Prix de la Table Ronde française - L'Eté anglais (1983) Prix Roger Nimier - Spleen en Corrèze – Journal  d'un localier (1984) - A la santé des conquérants (1984) - L'Ange du désordre : Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse (1985) - La Tour des îles : Spleen à Daumesnil (1985) - L'Irlandaise du Dakar (1986) - Vichy (1986) - Maisons de famille (1987) Prix Kléber-Haedens - Le Dakar (1988) en collaboration avec yann Arthus-Bertrand - Un léger malentendu (1988) - Le Bar des Palmistes (1989) - La Corrèze et le Zambèze (1990) - Prix Chardonne, Grand Prix de Littérature du tourisme Les Corréziens (1991) en collaboration avec Pierre Dauzier - L'Hôtel de Kaolack (1991) - Le retour de d'Artagnan (1992) - Rugby Blues (1993) Prix Populiste, Grand Prix de la Littérature sportive - Elvis, Ballade sudiste (1993) - Le Jeu de la chandelle (1994) - Spleen en Corrèze (1996) - Dernier verre au Danton - Don Juan (1998) - Je me souviens de Paris (1998) - Les Masques de l'Ephémère (1999) Prix Paul Léautaud - Boulevard des Maréchaux (2000) - Chirac le Gaulois (2002) - En désespoir de causes (2002) - Le Mystère Simenon (2003) - Incertains désirs (2003) - Le dieu de nos pères – Défense du catholicisme (2004) - Le Venin de la mélancolie (2004) Prix du Livre politique, Prix des Députés - La pluie sur les carreaux dessine des fantômes (2005) - Je nous revois (2006) - Dictionnaire amoureux de la France (2008) - Rue Corneille (2009) - Sur les pas de Chateaubriand (2009) – Dictionnaire amoureux du Catholicisme (2011) - Retiens ma nuit (2015) -
 
Grand Prix de l'Académie française
     Prix de littérature Henri Gal attribué par l'Institut de France (2005)
 
Pour la télévision
Evocation de Francis Jammes
     Réalisateur Jacques Tréfouel
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1981)
Les Caprices de Marion
     Réalisateur Jacques Tréfouel, avec Agnès Soral
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1983)
Une colonne à la cinq (feuilleton)
     Réalisateur Pierre Neel
     Co-production FR3 Aquitaine et FR3 Limoges (1985)
Le Train du soir (court métrage)
     Réalisateur Eric Bertheret (1991)
     Adaptation d'une nouvelle de Denis Tillinac
Le Bois du Pardoux - France 3 (2000)

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