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Emplois non déclarés

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Emplois non déclarés : faites ce que dit le ministère de la Justice, pas ce qu'il fait

Ce n'est pas moi qui suis obsédé par le garde des Sceaux.
C'est elle qui nous sollicite, trop souvent pour le pire, rarement pour le meilleur. Sauf à considérer qu'elle aurait droit à une impunité de principe, le citoyen peut tout de même s'autoriser à son encontre des appréciations critiques. Le lèse-Taubira n'est pas encore inscrit dans la Constitution !
Heureusement le Canard enchaîné n'a pas de ces pudeurs qui mettent à mal la liberté d'expression et la vigilance démocratique. Cet hebdomadaire nous annonce que "le ministère de la Justice est le champion du travail au noir".
Sur les quelque 50 000 collaborateurs occasionnels,
vacataires dénombrés difficilement dans les ministères, celui qui est soumis à l'autorité de Christiane Taubira en emploie 40 500.
Ce personnel ne reçoit pas de fiches de paie et aucune cotisation sociale n'est versée par l'Etat. C'est un manque à gagner considérable. Ces situations choquantes sont acceptées telles quelles puisque la ministre a oublié de mettre en place les conditions de leur assujettissement à la TVA. Les risques financiers et juridiques pour l'Etat d'une incurie aussi systématique ont été dénoncés dans un rapport d'inspection. Pour concevoir leur amplitude, l'impact budgétaire aux fins d'une régularisation bien menée pourrait s'évaluer dans une fourchette allant de 25,5 millions d'euros à 46 millions.
Pour résumer sans fard cet état des lieux, le ministère de la Justice tolère, pour ne pas dire plus, des pratiques illégales alors qu'il donne des instructions pour que soient réprimées sans faiblesse les atteintes au droit du travail. Schizophrénie qui ne prête pas à rire en raison de la qualité du fraudeur et du préjudice que subit l'Etat !
Il est honnête de rappeler que ces dérives n'ont pas commencé avec Christiane Taubira mais qu'elles se sont poursuivies de Dominique Perben jusqu'à elle en passant par Rachida Dati, Michèle Alliot-Marie et Michel Mercier. Tous coupables, tous responsables donc.
Soit. Mais pourquoi, alors, est-on davantage scandalisé par les transgressions validées par l'actuelle ministre que par celles de ses prédécesseurs?
Parce que son arrogance et son contentement de soi, contre vents et marées, contre toutes les preuves du caractère étique de son bilan - il n'y a plus que les Jeunes Socialistes pour l'ovationner, c'est dire ! - rendent encore plus insupportable la démonstration des carences internes à son ministère.
Si elle donnait moins de leçons, à la droite et à la gauche qui ne lui plaît pas, avec une pompe et une enflure orales qui impressionnent de moins en moins, elle aurait eu sans doute plus de temps et aurait pu consacrer plus d'énergie à la mise en ordre de la place Vendôme, au respect de la morale et des finances publiques.
Si elle avait été moins soucieuse de nominations partisanes et idéologiques dans l'univers qui dépend d'elle, elle aurait été davantage au service de l'intérêt de tous. Plus attentive à faire preuve d'une compétence et d'une rigueur qui lui semblent à l'évidence dérisoires par rapport au fond vague et verbeux de ses concepts et à son obstination à désavouer un peuple qui ne ressemble pas au rêve qu'elle a de lui. Mais le cauchemar est pour les citoyens !
Comme, quoi qu'elle accomplisse ou non, qu'elle échoue ou non, le jugement présidentiel sur elle sera le même, on espère que peut-être des scandales objectifs et des indifférences coupables auront plus d'effet sur lui que sa calamiteuse politique pénale. Celle-ci, on ne le sait que trop, ne décevra jamais le président de la République puisqu'il n'est obsédé que par le "marqueur de gauche" doctrinaire et sourd que représenterait Christiane Taubira.
Si ces révélations du Canard enchaîné avaient pour seule conséquence de faire s'ouvrir les yeux et l'esprit sur la ministre, de la faire passer de mythe abusif pour une minorité au statut ordinaire de personnalité surestimée, elles seraient déjà bienvenues.
On a le droit de croire au miracle: qu'à gauche on préfère, enfin, un garde des Sceaux estimé et lucide à la sauvegarde d'un socialisme éclaté. Pourquoi pas André Vallini ou un Emmanuel Macron qui a déclaré récemment vouloir réformer d'autres secteurs que le sien, notamment la Justice ?
Figarovox, 2 septembre 2015
BILGER Philippe

Né le 31 août 1943
Marié - 6 enfants


Magistrat honoraire

Ancien avocat général près la cour de Paris
Conseiller spécial (of counsel) au cabinet D’Alverny Demont & Associés (depuis le 3 octobre 2011)

Président de l'Institut de la parole

Préparation à l'Ecole Normale Supérieure
Licencié en Lettres classiques
Licencié en Droit
Diplômé de l’Ecole nationale de la Magistrature (ENM)
 
Auditeur de justice au Tribunal de Grande Instance de Strasbourg (1970)
Juge d'instruction au TGIde Lille (1972)
Substitut du Procureur de la République près le TGI de Bobigny (1975)
Affectation à la 4ème section du Parquet de Paris (Presse et Libertés publiques) (1984)
Premier substitut Paris (1986) 
Ministère public à la 17ème Chambre Correctionnelle (1984 à 1989)
     Affaires Le Pen c/Libération, Le Pen c/Le Canard Enchaîné, Duverger c/Actuel, tract en faveur du
     Maréchal Pétain dans Le Monde, affaire Laurent Wetzel /Marcel Paul, etc.
Chef de la 11ème section du Parquet de Paris (droit bancaire) (1989 – 1990)
Substitut général près la cour d'appel de Paris (1990) 
     Chambre d'Accusation de Paris, de mars à septembre 1990
     Avocat général à la cour d'assises de Paris, de septembre 1990 à septembre 1992
     (affaires Chalier-Nucci, Mathurin-Paulin, Dobbertin, etc.)
 
Mise à disposition auprès du président du Sénat
     comme conseiller à la Justice et à la Culture (1992 – 1995)
 
Avocat général près la cour d'appel de Paris (1999)
Avocat général à la cour d'assises de Paris (depuis 1995)
     (Procès Didier - l'assassin de Bousquet - procès Naigeon, Fréminet, Bob Denard,  
     Aloïs Brunner, Magali Guillemot, François Besse, etc.
     Procès d’Emile Louis à Auxerre, procès de Maxime Brunerie à Paris (2004)
     Procès d'Hélène Castel et procès en appel d'Emile Louis (2006)
     Procès de Youssouf Fofana et du gang des barbares (victime : Ilan Halimi) (2009) 
 
 
Professeur associé à l’Université du Droit et de la Santé de Lille 2 (2001 – 2004)
Directeur d'une session annuelle de formation à l'ENM (2001 – 2004)
Présidence de la Commission arbitrale des journalistes
Chef de la délégation juridique de l'Union internationale de la Presse Francophone
Conférences sur le droit de la presse et la cour d’assises,
     à l'Ecole Nationale de la Magistrature,
     au Centre de Formation pour les Journalistes,
     à l’Institut Montaigne,
     pour la Presse Quotidienne Régionale,
     pour le groupe Hachette et le groupe Bayard, pour divers Barreaux.
Conférences régulières pour le groupe Audiens
Conférence à l'Institut de France (23 janvier 2006)
Grande Conférence du Figaro (20 février 2006)
 
Ouvrages
Nombreux articles consacrés au droit de la presse et à l'analyse de la jurisprudence
     dans Le Monde, Le Figaro, La Gazettedu palais, Legipresse (membre du comité
     de rédaction), Stratégies, L'Echo de la presse,
     ainsi que dans la Presse Quotidienne Régionale
 
- Le droit de la presse (PUF, collection "Que sais-je") (1990) (réactualisé en 2003)
- Le Besoin de justice avec Claude Grellier (Calmann-Lévy) (1991)
 -Plaidoyer pour une presse décriée (Filipacchi) (2001)
 -Un Avocat général s’est échappé (collaboration de Stéphane Durand-Souffland (Le Seuil) (2003) 
 -Le Guignol et le Magistrat avec Bruno Gaccio (Flammarion) (2004) 
 -Arrêt de mort roman (Editions du Félin) (2005)
 -Pour l'Honneur de la justice" (Flammarion) (2006)
- J’ai le droit de tout dire (Editions du Rocher) (2007)
- Et si on jugeait les juges ? avec Roland Agret (Editions Mordicus) (2009)
- 20 minutes pour la mort - Robert Brasillach : le procès expédié (Editions du Rocher) (2011)
- Le bal des complaisants – Le dernier réquisitoire d’un avocat général avec François Sionneau (Fayard) (2011)
 
Distinctions    
Chevalier de la Légion d'Honneur
Chevalier de l'Ordre national du Mérite

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