Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

Course au néant

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Évaluer cet élément
(4 Votes)
Course au néant
 
Au nom d'Allah qui n'en demandait pas tant, les vandales de Dae'ch ont entrepris de raser Palmyre. Au nom de la "culture", une autre forme de vandalisme saccage un autre joyau - les jardins de Versailles - avec cette ineptie d'Anish Kapoor, surnommée le "vagin de la reine".
Ainsi se rejoignent dans le nihilisme contemporain deux intégrismes, le religieux et le libertaire. Celui des islamistes nous a déclaré la guerre, on sait ce qui nous attend si on tombe dans leurs pattes : la décapitation comme sous la Terreur.
Celui de l'"art contemporain" a beau être plus patelin, il ne vise pas moins à détruire les rests de notre civilisation en revendiquant le droit à la provocation dans l'espace public, aux frais du contribuable de surcroît. Quiconque conteste ce droit et exige le respect de notre decorum esthétique passe au mieux pour un beauf, au pire pour un émule de Goebbels. Même s'il se réclame de la Critique de la modernité, de Jean Clair, qui dénonce avec une rare pertinence les cuistreries d'un avant-gardisme bidon.
 
Libre à des milliardaires de gonfler des bulles spéculatives en exhibant des bagnoles concassées dans des musées ou des parcs rivés. Libre aux gogos de confirmer leur régression au stade anal en s'esbaudissant devant le grotesque phallus géant intitulé tree, de McCarthy. Mais entre eux et chez eux, pas sur la place Vendôme, indûment privatisée au seul bénéfice de leur ego boursouflés et infantiles. Qu'ils cessent de polluer les harmonies conçues par le génie de nos ascendants : elles contribuent à notre joie de vivre, accessoirement à notre fierté d'être français. Ou européens, ou occidentaux, comme on voudra.
Il y a toujours eu des fanatiques du paroxysme dans les marges de l'histoire de d'art, y compris lorsque de vrais créateurs bousculaient l'académisme du moment. L' art contemporain" ne bouscule rien parce qu'il ne se réfère à rien. Il ne s'inscrit nullement dans la filiation iconoclaste de l'art brut de Dubuffet ou des graffitis de Basquiat. Sa dérision ricanante et démago tourne en boucle, car tous les modes de contestation du réel et du social ont été épuisés, toutes les imprécations énoncées, toutes les déviances psychologiques exploitées. Ss trouvailles ne peuvent ébahir que des psychismes disloqués.
Au bout de ses outrances et en-deçà de l'absurde, le règne de l'arbitraire trahit une vacuité spirituelle, morale, sentimentale et émotionnelle sans précédent dans l'histoire des hommes. Il atteint ce "degré zéro" prôné par les éradicateurs depuis Savonarole jusqu'à Ben Laden en passant par Robespierre : rideau sur la mémoire, elle est "réac" par essence. On vide ses tripes, on vomit son désarroi en haine de soi et d'autrui, en haine du monde entier.
C'est désolant si l'on songe à la splendeur de notre héritage, depuis la Crête jusqu'à Picasso en passant par l'hellénisme, Byzance, le roman, le gothique, la Renaissance, le classicisme, le baroque, le romantisme et ces vrais innovateurs que furent les impressionnistes, les surréalistes, les fauves, ls cubistes et leur suite.
 
Au fil de tous les temps historiques, les noces de la permanence et de l'innovation ont enfanté de quoi étancher notre soif d'émerveillement, donner forme et sens à nos hantises, moduler nos liens avec l'invisible. Sur une trame patrimoniale aussi riche, les créateurs authentiques n'ont que l'embarras du choix pour faire valoir leur singularité. Ils se font rares, tandis qu'à tous les ronds-points, sur toutes les places publiques et dans toutes les expos, les élus croient devoir nous infliger des trucs innommables, le plus souvent hideux, en tous cas insignifiants au sens étymologique du terme.
Et souvent, les élus de droite en rajoutent, ils ont tellement peur d'avoir un train "culturel" de retard sur la concurrence. Ce sont les idiots utiles d'une course au néant, une pulsion de mort dont il faut se prémunir par tous les moyens.

Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, 22 octobre 2015
TILLINAC Denis

Né le 26 mai 1947
Marié – 4 enfants
 

Ecrivain


Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux
 
PDG des éditions de La Table Ronde (1990-2007)
Membre du Haut Conseil de l'Education
Membre du Haut Conseil de la Francophonie
Représentant personnel du Président de la République Française
     pour la Francophonie (1995-1998)
Enseignant à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique
     Histoire moderne, à Toulouse (1999)
Enseignant à l'Institut supérieur
     de management public et politique (ISMAPP) (2008-2009)
 
Journaliste à La Dépêche du Midi (1974-1980)
Critique littéraire à La Dépêche du Midi (1980-1990)
Chroniqueur aux Nouvelles littéraires
Collaboration et éditoriaux à Madame Figaro (1983-1990)
Chroniqueur à R.T.L. (On refait le monde), à Canal + (Pascale Clarke)
Co-animateur (avec Michel Cardoze) de Double Page sur T.M.C.
     (émission littéraire) (2003-2004)
Intervenant dans Le Contrat sur la chaîne parlementaire
     (émission politique) (2006)
Collaborations à Valeurs Actuelles, Le Figaro Magazine,
     Madame Figaro, La Dépêche du Midi, La montagne,
     Marianne, Famille chrétienne, …
 
Ouvrages
Le Rêveur d'Amériques (1980) - Le Mystère Simenon (1980) - Le Bonheur à Souillac (1983) Prix de la Table Ronde française - L'Eté anglais (1983) Prix Roger Nimier - Spleen en Corrèze – Journal  d'un localier (1984) - A la santé des conquérants (1984) - L'Ange du désordre : Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse (1985) - La Tour des îles : Spleen à Daumesnil (1985) - L'Irlandaise du Dakar (1986) - Vichy (1986) - Maisons de famille (1987) Prix Kléber-Haedens - Le Dakar (1988) en collaboration avec yann Arthus-Bertrand - Un léger malentendu (1988) - Le Bar des Palmistes (1989) - La Corrèze et le Zambèze (1990) - Prix Chardonne, Grand Prix de Littérature du tourisme Les Corréziens (1991) en collaboration avec Pierre Dauzier - L'Hôtel de Kaolack (1991) - Le retour de d'Artagnan (1992) - Rugby Blues (1993) Prix Populiste, Grand Prix de la Littérature sportive - Elvis, Ballade sudiste (1993) - Le Jeu de la chandelle (1994) - Spleen en Corrèze (1996) - Dernier verre au Danton - Don Juan (1998) - Je me souviens de Paris (1998) - Les Masques de l'Ephémère (1999) Prix Paul Léautaud - Boulevard des Maréchaux (2000) - Chirac le Gaulois (2002) - En désespoir de causes (2002) - Le Mystère Simenon (2003) - Incertains désirs (2003) - Le dieu de nos pères – Défense du catholicisme (2004) - Le Venin de la mélancolie (2004) Prix du Livre politique, Prix des Députés - La pluie sur les carreaux dessine des fantômes (2005) - Je nous revois (2006) - Dictionnaire amoureux de la France (2008) - Rue Corneille (2009) - Sur les pas de Chateaubriand (2009) – Dictionnaire amoureux du Catholicisme (2011) - Retiens ma nuit (2015) -
 
Grand Prix de l'Académie française
     Prix de littérature Henri Gal attribué par l'Institut de France (2005)
 
Pour la télévision
Evocation de Francis Jammes
     Réalisateur Jacques Tréfouel
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1981)
Les Caprices de Marion
     Réalisateur Jacques Tréfouel, avec Agnès Soral
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1983)
Une colonne à la cinq (feuilleton)
     Réalisateur Pierre Neel
     Co-production FR3 Aquitaine et FR3 Limoges (1985)
Le Train du soir (court métrage)
     Réalisateur Eric Bertheret (1991)
     Adaptation d'une nouvelle de Denis Tillinac
Le Bois du Pardoux - France 3 (2000)

Plus dans cette catégorie : « Désertion Sauvons la planète ! »

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version