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Rebâtir l'Europe, mais sans ses fossoyeurs
 
Les européistes, fous de rage après le Brexit, ne voient-ils pas l’image affligeante qu’ils donnent d’eux-mêmes ? En crachant sur les "populistes", les "petits blancs", les "crétins", j’en passe, ils se comportent comme des fascistes, des racistes, des imbéciles heureux. La morgue des beautiful people, dont Bernard-Henri Levy a revendiqué ces jours-ci d’en porter haut le drapeau, résume à elle seule la fin de cette époque superficielle, narcissique, sermonnaire. C’est un retour aux valeurs oubliées de la démocratie et de la liberté qu’ont imposé les Anglais en votant à 51,9% pour le retrait de la Grande-Bretagne de l’Union européenne. La perspective de désagréments économiques, brandies par ces "européens" ayant une carte de crédit à la place du cœur, n’a pas effrayé un peuple soucieux de retrouver d’abord sa souveraineté. Cet idéal, qui met fin à des décennies de mépris obligé pour les nations, les traditions et les sentiments d’appartenance, est appelé à faire l’histoire tant il est exemplaire et courageux. Ceux qui hurlent, insultent, refusent le verdict des urnes sont les incendiaires qui ont mis l’Europe sans âme dans ce délabrement. Celle-ci est à reconstruire ; en tournant le dos à l’UE des castes, des marchés, des aéroports, des happy fews arrogants et autres fossoyeurs des fragiles identités nationales.
"Européen : celui qui a la nostalgie de l’Europe", écrit Milan Kundera.
C’est l’Europe européenne, celle de la culture, de l’humanisme et des peuples souverains, qui doit être rebâtie avant de penser à celle des places financières et des taux de croissance. Mais elle ne pourra l’être par ceux qui l’on saccagée, c’est-à-dire les Merkel, Juncker, Schulz, Moscovici et autres prêcheurs ou technocrates qui, enfermés dans leur Cité interdite, se sont montrés incapables d’écouter les protestations des oubliés.
Depuis vendredi, j’entends les politiques français promettre d’associer les peuples aux débats sur la reconstruction. Encore faudrait-il admettre ce que disent les gens : ils ne veulent plus de cette Union soviétoïde, omnipotente et intrusive, ni de sa politique d’immigration de masse, ni de son multiculturalisme xénophile, ni de sa complaisance envers les pays islamiques de l’OCI. C’est bien cette UE qu’il faut d’abord détruire, avant de pouvoir édifier autre chose. Repousser l’échéance d’autres référendums ne serait qu’une fuite supplémentaire des "élites" devant le peuple en marche. La France ne pourra faire l’économie de la révolution, démocratique et pacifique, que les Anglais viennent de lancer en reprenant superbement leur destin en main.

blog.lefigaro.fr/rioufol, 27 juin 2016
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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