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Cette gauche ... le pape...

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Cette gauche qui déteste le pape quand il rappelle qu’il est catholique…
 
La gauche aime le pape François. Quand il vilipende le capitalisme, la mondialisation, les inégalités entre riches et pauvres. Quand il ramène dans ses bagages des ­familles de migrants musulmans. Quand il met sur le même plan une théorique ­violence catholique et une bien réelle ­violence islamique.
La gauche aime le pape quand François se soumet de bonne grâce au diktat de la bien-pensance et semble avoir fait siennes les fameuses "vertus chré­tiennes devenues folles" de Chesterton.
Mais la gauche déteste le pape quand il fait savoir qu’il est resté catholique. Quand il défend le mariage et vitupère contre "la guerre mondiale" qui lui est menée. La gauche morigène même le pape quand il ose dénoncer ces ouvrages scolaires français qui expliquent à nos enfants qu’ "on ne naît pas femme, on le devient", selon la célèbre phrase de Simone de Beauvoir.
La gauche honnit le pape quand il distingue ­entre les individus - homosexuels, voire transsexuels, humbles pécheurs que l’Eglise doit ­accueillir comme les autres - et le dogme catholique qui sacralise le mariage, le seul authentique, entre un homme et une femme, et la famille traditionnelle. Bref, la gauche ne supporte plus ce pape quand il fait son métier de pape.
 
Najat Vallaud-Belkacem a pris son air d’institutrice pour tancer la "légèreté" de François ; on se souvient que la même avait déjà brocardé les "pseudo-intellectuels" qui contestaient sa réforme du collège. Notre ministre de l’Education nationale a la particularité de vouloir boxer au-dessus de sa catégorie. Elle a aussi le don de maquiller la ­vérité avec un fard épais.
Notre ministre et la gauche estiment que la théorie du genre n’existe pas. Elle disait pourtant le contraire il y a quelques années. La théorie du genre n’existe plus puisqu’elle a été ­rebaptisée "concept de genre". Plus c’est gros, plus ça passe. Les mots changent, les idées restent. Il s’agit toujours de nous convaincre que la différence entre homme et femme ne relève en rien - c’est le rien qui est essentiel - de la biologie, et en tout des habitudes sociales qui, au fil des ­siècles, ont édifié des préjugés innombrables sur les rôles respectifs des hommes et des femmes.
Préjugés qu’il s’agit de déconstruire et de détruire pour être enfin "libre et égal". C’est exactement ce qu’on explique dans les écoles de France, au gré d’exemples divers, de ces garçons qui voulaient danser des ballets classiques avec les filles ou de ces filles qui devenaient karatékas. De ces papas qui portent une jupe ou de ces enfants qui ont deux papas.
Devant la bronca contre l’ "ABCD de l’égalité" d’il y a deux ans, la propagande s’est affinée. Mais c’est toujours de la propagande. Cela devient une tradition au ­Vatican : le pape Jean-Paul II combattait le totalitarisme communiste ; le pape François prend toute sa part dans la lutte contre le totalitarisme du genre. Pourvu que ça dure !

Paru dans Le Figaro Magazine, 7 octobre 2016
ZEMMOUR Eric

Né le 31 août 1958
Marié – 3 enfants


Journaliste politique, écrivain


Institut d'études politiques (Paris)

Membre du jury au concours d'entrée à l'ENA (2006)
Valeurs actuelles – Chroniques (depuis 1999)
Marianne – Chroniques  (depuis 1996)
Le Figaro – service chroniqueurs (depuis 1996)
Info-Matin – éditorialiste (1995)
Quotidien de Paris - service politique (1986-1994)

Ouvrages
Balladur, immobile à grands pas (1995) - Le Livre noir de la droite (1998) - Le Coup d'Etat des juges (1998) - Le Dandy rouge (1999) - Les Rats de garde (co-écrit avec P. Poivre d'Arvor) (2000) - L'Homme qui ne s'aimait pas (2002) - L'Autre (2004) - Le Premier sexe (2006) - Petit Frère (2008) - Mélancolie française (2010) - Le Bûcher des vaniteux (2012) - Le Suicide français (2014) -


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Histoire – Le grand débat
Sur RFO (Tempo) – L'Hebdo
Sur France 2 – On n'est pas couché (2006)
Sur i>Télé – çà se dispute (depuis 2003)

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