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La pensée-massue

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La pensée-massue
 
CHRONIQUE - Tous les adeptes du prêt-à-penser bétonné, persuadés d'incarner la Vertu, sont des insultes au libre arbitre, à la libre conscience, à la liberté d'expression.
 
Le ridicule tuera-t-il les "progressistes" ? Leurs prêches produisent beaucoup d'âneries.
Un exemple : trois Américains facétieux viennent de publier dans des revues scientifiques des canulars qui reprennent la dialectique victimaire des minorités sexuelles.
Sexuality and Culture a ainsi salué un texte encourageant les hommes hétérosexuels à s'introduire des godemichés dans l'anus pour faire baisser leur homophobie. L'argument a été vu, rapporteLe Monde, comme "une contribution incroyablement riche et passionnante […]". Ces imbécillités sont du même ordre que les rappels à l'ordre de l'art contemporain (1). C'est une "performance" artistique que conçut en 2000 l' "artiste" chinois Zhu Yu, en mangeant des fœtus d'enfants rôtis (2).
Quand Alphonse Allais présenta en 1882 un monochrome rouge intitulé : Récolte de la tomate par des cardinaux apoplectiques sur le bord de la mer Rouge, l'humoriste blaguait. Malevitch, avec son même Carré blanc sur fond blanc (1918), décréta pompeusement faire de l'art…
 
La révolution du bon sens, qui alimente la vague conservatrice, veut en finir avec les idéologues et leurs déconomètres. Ces jours-ci, le marché de l'art s'émoustille de l'autodestruction d'une production du "street artist" Banksy : à peine achetée, samedi chez Sotheby's (Londres) pour 1,12 million d'euros, La Fille au ballon s'est transformée pour partie en lambeaux, grâce à un mécanisme de découpage caché dans le cadre. Depuis, ce qu'il reste du tableau aurait doublé sa valeur marchande. Ce monde déphasé de l'art contemporain, qui se nourrit de la déconstruction culturelle, de la manipulation des esprits et du règne de l'argent, ressemble à la pensée progressiste qui s'effiloche. Ces deux univers ne tiennent debout qu'en anesthésiant la pensée critique. Oui, mais voilà : les peuples réveillés n'en peuvent plus de cette dictature ubuesque. Les apprentis tyrans creusent eux-mêmes leurs tombes.
 
Les populistes, s'il leur reste à prouver qu'ils ont les idées claires, ont la chance d'avoir comme adversaire une pensée-massue, sectaire, fruste, répulsive. La gauche américaine, qui donne le tempo, vient de se prêter à un superbe procès stalinien contre un proche de Donald Trump : parce que Brett Kavanaugh, pressenti pour être nommé à la Cour suprême, est un conservateur blanc et catholique, il a eu à subir d'infamantes accusations de violences sexuelles prétendument commises il y a près de 40 ans. Le camp démocrate, sous la pression de l'inquisition féministe (#MeeToo), n'a reculé devant aucune bassesse pour tenter, en vain faute de preuve, de salir le magistrat qui a été confirmé à son poste.
Cette brutalité dogmatique se retrouve, par exemple, chez la sénatrice française Laurence Rossignol, qui veut interdire la clause de conscience pour les médecins refusant de pratiquer des avortements. En 2016, la pasionaria avait inventé le délit d'entrave numérique à l'IVG, en cherchant à censurer les sites de conseils et de réflexions préalables.
 
Tous ces adeptes du prêt-à-penser bétonné, persuadés d'incarner la Vertu, sont des insultes au libre arbitre, à la libre conscience, à la liberté d'expression. L'amicale des "progressistes" s'est donnée comme mission de dénoncer "la haine" chez ceux d'en face. Mais ces petits anges débordent de méchanceté et d'inhumanité.
Parce que Patrick Jardin, père d'une des victimes du Bataclan, est parti en guerre contre l'islamisme qui tue, Le Monde lui a récemment consacré un portrait titré : "Après le Bataclan, un père sur le chemin de la haine." Alors que Gérard Collomb, ex-ministre de l'Intérieur, a admis, avant de se carapater, la possibilité d'un affrontement entre la communauté française et la contre-société islamisée et revancharde, cette proche perspective affole bien moins que le réchauffement climatique et ses lointaines hypothèses cataclysmiques. L'immigration de peuplement que subit la France, et que Laurent Obertone dévoile dans son ampleur (3), est dissimulée par des désinformations et des omertas qui déshonorent la démocratie.
Se satisfaire de ces mensonges ?
(1) Christine Sourgins, Les Mirages de l'Art contemporain, La Table Ronde.
(2) Alain Kleinmann, Interrogations sur l'art contemporain, Les Éditions de Paris.
(3) La France interdite, Ring.

Paru dans Le Figaro, 12 octobre 2018
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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