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Quand le sage (Éric Zemmour)...

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Quand le sage (Éric Zemmour) montre la lune, l’idiot regarde le doigt
 
Dans notre pays, la classe "jacassière" (comme l’appelait Raymond Barre) a, pour grand grande spécialité, de ne regarder que le doigt, et ce depuis longtemps, très longtemps. Et pourtant, ce que montre le doigt d’Éric Zemmour barre notre horizon intellectuel d’Est en Ouest en lettres de feu et cette question est simple :
L’islam est-il ou non compatible avec la Démocratie ? 
Et cette question en appelle immédiatement une deuxième.
Poser cette question, n’est-ce pas en soi lancer une attaque anti-démocratique contre ceux qui suivent les enseignements de Mahomet puisque notre civilisation pose, comme marqueur du bien, la liberté de culte ?  
 
Commençons par la première question et ici je vais utiliser le dernier livre - posthume - de Jacques Ellul, le grand philosophe, sociologue, politologue et théologien qui enseigna à Bordeaux et dont les œuvres ont été traduites en toutes les langues et font l’objet de débats passionnés aux USA.
Voici la citation principale, et je ne saurai trop recommander la lecture de ce petit livre qui est disponible sur Amazon.
"Non à l’intronisation de l’Islam en FranceCe n’est pas une marque d’intolérance religieuse : je dirais “oui”, aisément, au bouddhisme, au brahmanisme, à l’animisme…, mais l’islam, c’est autre chose. L’islam est la seule religion au monde qui prétende imposer par la violence sa foi au monde entier. Je sais qu’aussitôt on me répondra : “Le christianisme aussi !” Et l’on citera les croisades, les conquistadors, les Saxons de Charlemagne, etc. Eh bien il y a une différence radicale. Lorsque les chrétiens agissaient par la violence et convertissaient par force, ils allaient à l’inverse de toute la Bible, et particulièrement des Évangiles. Ils faisaient le contraire des commandements de Jésus, alors que lorsque les musulmans conquièrent par la guerre des peuples qu’ils contraignent à l’Islam sous peine de mort, ils obéissent à l’ordre de Mahomet. Le djihad est la première obligation du croyant musulman. Et le monde entier doit entrer, par tous les moyens, dans la communauté islamique. Je sais que l’on objectera : “Mais ce ne sont que les ‘intégristes’ qui veulent cette guerre.” Malheureusement, au cours de l’histoire complexe de l’Islam, ce sont toujours les “intégristes”, c’est-à-dire les fidèles à la lettre du Coran, qui l’ont emporté sur les courants musulmans modérés, sur les mystiques, etc.’’….
 
Quelques temps avant, Ellul avait organisé un débat entre lui et le recteur de la grande mosquée du Caire (la plus haute autorité religieuse chez les Sunnites) pour essayer de comprendre si l’Islam était compatible avec la démocratie. Les deux étaient arrivés d’un commun accord à la conclusion qu’Islam et Démocratie étaient incompatibles. Ce qui veut d’abord dire que bien des musulmans n’ont pas envie de vivre en démocratie qui n’est absolument pas perçue comme la meilleure forme de société pour les croyants. Pour eux, dire que la démocratie est compatible avec l’Islam, c’est insulter l’Islam.

Venons-en au fait : Qu’est ce qui avait bien pu amener deux éminentes personnalités comme celles-là à arriver à cette conclusion ?
Je reprends la plume pour donner mon interprétation de ce qu’Ellul voulait dire et ce qui va suivre bien sûr n’engage que moi.
Pour ce faire, je vais revenir à ce qui constitue le base philosophique et morale de notre civilisation, les dix commandements, et en particulier le sixième qui précise "tu ne tueras point".
En réalité, la religion Musulmane est la seule des grandes religions qui ordonne de tuer spécifiquement ceux qui ne croient pas en Dieu, ceux qui disent du mal de son prophète, ceux qui ont abandonné la vraie religion, la femme adultère, celle qui a épousé un non croyant…
Le musulman qui a tué le cinéaste Van Gogh parce qu’il avait fait un film où il tournait en dérision Mahomet, les tueurs de mon ami Bernard Marris et de ses associés à Charlie Hebdo, ceux qui ont fait tomber les tours de Manhattan, et bien d’autres encore, tous étaient persuadés de faire la volonté de Dieu et donc étaient des "bons" musulmans. Et que l’on ne me dise pas que le texte du Coran pourrait être "aménagé" par je ne sais quel concile : contrairement à l’ancien testament ou aux évangiles qui ont été écrits par des gens inspirés ou par des témoins visuels, tous humains, le Coran est "incréé" et a été dicté à Mahomet par Dieu lui-même (au travers d’un archange) et donc pas une ligne ne peut être enlevée du texte (quiconque changerait une ligne serait d’ailleurs condamné…  À mort comme vous l’avez déjà deviné).
Rajoutons à cette obligation de tuer l’autorisation de mentir à un non musulman (neuvième commandement, tu ne porteras pas de faux témoignage), soit pour dissimuler sa foi à des non croyants, soit pour mieux cacher des plans de conquête, et le tableau devient édifiant. Le moins que l’on puisse dire est que les dix commandements sont bien écornés.
 
Venons-en maintenant à une constatation plus sociologique et politique : d’après Mahomet, le monde est scindé en deux parties, le monde de la paix (les convertis) et le monde de la guerre (… à convertir, par la violence si nécessaire) et cela jusqu’à la fin des temps, où le monde entier sera musulman.
Voilà qui a le mérite de la simplicité. Depuis ses débuts, la religion musulmane est donc en guerre contre tout ce qui n’est pas musulman et loin de s’en cacher s’en glorifie. Ce qui veut dire qu’un bon musulman ne peut pas considérer comme légitime un pouvoir politique qui ne serait pas musulman et donc n’est pas tenu de respecter les lois locales, seule la charia étant légitime.   Et la charia autorise l’esclavage, entérine l’infériorité de la femme par rapport à l’homme (moindre part d’héritage, voix comptant pour moitié dans le témoignage, perte des enfants en cas de divorce etc…), la polygamie, l’interdiction pour une femme d’épouser un non-musulman sous peine de mort, l’infériorité juridique pour le non-musulman soumis à un impôt spécial, la mise à mort des homosexuels en les jetant du haut d’un toit, la mutilation physique en cas de vol…
 
Or, rien de tout cela n’est compatible avec la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ce qui veut dire qu’un bon musulman ne peut pas être un bon citoyen dans nos pays, non pas que nous lui interdisions, mais parce que son prophète le fait. L’exclusion ne vient pas de nous mais est exigée du musulman. C’est lui qui s’exclue de lui- même.
Accepter notre législation, c’’est trahir la charia et il n’existe pas de compromis possible. L’alternative est simple : soit nous disparaissons (ce qui est arrivé aux Juifs et aux Chrétiens au Moyen-Orient), soit le croyant cesse de croire et cesse donc d’être musulman.
Il semble donc bien que la religion musulmane soit incompatible avec la République, ne serait-ce que parce que le but ultime de cette religion est de détruire non seulement ladite République, mais la France aussi pour la remplacer par la communauté des croyants ou Oumma. Le Coran n’a que faire des Nations.
Il est donc parfaitement légitime pour Éric Zemmour de dénoncer la menace que fait peser cette religion sur nos valeurs laïques, républicaines ou historiques.
 
Ce qui m’amène à la deuxième partie de ce petit essai : ces mêmes valeurs nous interdisent elles de dénoncer ce qu’il y a d’odieux dans la religion musulmane, au nom de la "tolérance" qui serait de ce fait érigée en valeur suprême, en clef de voûte de notre système moral ?
Commençons par ce que disait Burke, le philosophe anglais : "Il existe hélas une limite où la tolérance cesse d’être une vertu".
Continuons par ce que disait Confucius : "Quand les mots changent de sens, les royaumes deviennent ingouvernables"
Quand Voltaire disait en parlant de l’Église Catholique : "Écrasons l’infâme" cela n’avait rien de raciste tant il est vrai que l’anti-cléricalisme n’a rien à voir avec le racisme. Et c’est le cas : être contre l’Islam ne veut en rien dire que l’on est raciste et donc nul ne peut dire que quiconque est contre l’Islam est raciste.
La religion n’a en effet rien à voir avec la race. Une religion est une construction intellectuelle qui trouve sa source dans le cerveau, et que la peau soit noire, blanche, jaune, café au lait ou arc en ciel ne change rien à l’affaire.
Elle peut parfois être identifiée à un peuple, une nation, une ville comme dans les temps anciens, mais cela ne change rien au monde aujourd’hui : vous pouvez aller à la messe ou à la mosquée ou à la synagogue (il y a des juifs noirs, des juifs indiens, des juifs chinois) et que vous soyez blanc, noir, jaune etc… n’a rien à voir avec quelque race que ce soit puisqu’elles y sont toutes représentées.
De nos jours, les grandes religions incluent toutes les races et si, comme je le pense, une religion est une création de l’esprit humain, j’ai le droit, que dis-je le devoir comme l’a fait Ellul de la critiquer si elle ordonne des choses qui sont complètement en opposition avec ce à quoi je crois et ce d’autant plus que le délit de blasphème a été aboli en France en 1789… (Mais à ce jour, à ma connaissance il n’a été aboli dans aucun pays musulman).
Soyons clair ici. En aucun cas je ne demande que les musulmans ne puissent pas se rendre à la mosquée, ni qu’ils essaient de développer leur religion comme ils le souhaitent (tant que cela se fait en suivant les lois de la République), ni soient empêchés de dire tout le mal qu’ils veulent de Jésus, Bouddha ou Zarathoustra.
En revanche je trouve inadmissible de m’empêcher de dire et d’écrire tout le mal que je pense de cette religion et de celui qui l’a créée, surtout quand cette obligation de me taire ou de forcer un autre à ne pas parler est imposée en étant fondée sur la contre vérité que je serai raciste.
Si une idée est malfaisante je dois la dénoncer et ne pas le faire c’est manquer de courage. Comme disait Bernanos (je crois), "ce qui a fait le plus de victimes dans l’histoire ce n’est pas le fracas des combats, c’est le glissement feutré des pantoufles".
Et à l’évidence, jamais les pantoufles ne se sont faites autant entendre qu’en ce moment, en particulier en France. Les glissements feutrés deviennent assourdissants.
Quand j’entends les hurlements qui accompagnent le dernier discours de Zemmour, je ne peux m’empêcher de penser au Chevalier de la barre qui fût martyrisé puis exécuté pour avoir refusé de se découvrir devant une procession pendant le règne de Louis XV.
Je suis persuadé que ceux qui accompagnaient en dansant le pauvre chevalier quand on l’amenait au bûcher sont les arrières grands-pères de ceux qui hurlent à la mort aujourd’hui pour demander la mort (médiatique) d’Éric Zemmour.  Ce que cherche à l’évidence ces esprits arriérés, c’est de rétablir le délit de blasphème au prétexte qu’une partie de la population ne supporterait pas que l’on dise du mal de sa religion. Mais s’il est un droit de l’homme auquel je tiens par-dessus tout, c’est de pouvoir dire tout le mal que je veux des idées que je n’aime pas et donc de n’importe quelle religion. Me refuser ce droit, c’est rétablir les crimes de blasphème et de sacrilège ce qui est inacceptable pour tout citoyen de nos pays car cela nous amènera inéluctablement à la disparition de la liberté d’expression. On commence par interdire de dire du mal de la religion musulmane et on termine en mettant en prison ceux qui disent du mal de monsieur Macron, Benalla ou de l’éditorial du soir du Monde.
 
Le discours de Zemmour, que j’ai lu, n’est en rien raciste, mais il est violemment anti-Islam, ce qui est son droit le plus strict, comme c’était celui du petit père Combes de dire des horreurs sur l’Église Catholique. Tout ce que dit l’orateur est que l’Islam en tant que religion est incompatible avec les valeurs du Judaïsme et du Christianisme et donc avec l’organisation millénaire de nos sociétés. Il s’agit d’une prise de position intellectuelle, fondée sur de longues études et qui rejoint exactement ce que disait Ellul et le recteur de la mosquée du Caire et bien d’autres avant eux.
On peut être d’accord, ou pas. Mais il doit avoir le droit de le dire et de l’écrire. Et ceux qui ne sont pas d’accord avec lui doivent répondre à l’acte d’accusation en expliquant pourquoi le Coran serait compatible avec la déclaration des droits de l’homme. Un message qui déplaît doit être combattu argument contre argument et jamais par une interdiction de diffusion et encore moins en calomniant celui qui énonce une thèse qui nous déplaît. Depuis Socrate, depuis Aristote, depuis Thomas d’Aquin, nous savons tous que la vérité est inatteignable et que l’on ne peut s’en rapprocher que par la confrontation intellectuelle entre des esprits libres n’utilisant jamais ni la violence ni l’argument d’autorité.
L’interdiction, la censure sont des abominations et pourtant c’est ce que réclament tous nos soi-disant "tolérants", qui ne sont tolérants que parce qu’ils ont peur, parce qu’ils y ont intérêt ou parce qu’ils savent qu’ils mentent.
A ces gens-là je dis : prouvez que Zemmour a tort, et si vous utilisez l’argument du racisme, cela ne vaut rien. La seule possibilité pour ceux qui sont partisans de l’Islam en France consiste à dire que rien ne les gêne dans cette religion, ce que ces grands partisans de la tolérance auront du mal à expliquer.

Et à Zemmour je dis ce que je lui déjà dit dans le passé. Mon cher Éric (je l’ai rencontré deux fois), comme les prophètes d’Israël, vous avez été investi de la lourde charge de dire la vérité. Comme eux, vous allez souffrir, peut-être finir au fond d’une citerne et tout cela parce que vous aimez la France au-delà de ce qui est raisonnable. Vous avez mis vos pas dans ceux de Bernanos qui aimait la France "terre des saints, des cathédrales et des fous." Je vous plains de tout mon cœur car vous n’avez pas choisi la voie facile et je ne vous dis qu’une seule chose : continuez à dire les choses telles qu’elles sont.
Nous avons besoin de vous.

Paru sur institutdeslibertes.org, 7 octobre 2019
GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

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