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Et si la pénurie budgétaire sauvait l'école ?

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Noël approche, et l’on se sent envahi par la joie. Pourtant, les caisses de l’État sont vides et, comme on disait à l’époque de Napoléon III, la "fête impériale est finie". C’est le grand retour de l’État centré sur ses missions régaliennes, et… l’éducation n’en fait pas partie. La Constitution oblige bien l’État à garantir l’égal accès de chaque enfant à l’instruction et à organiser un enseignement public gratuit et laïc en chaque point du territoire. Mais elle ne lui impose aucunement de tout organiser lui-même, de manière uniforme et centralisée. Sans compter que les études économiques montrent que l’efficacité de l’école n’est pas liée aux moyens que la puissance publique y consacre, mais, plutôt, au niveau d’autonomie des établissements, à la culture du résultat qui y prévaut et à la considération dont jouit le métier de professeur dans la société.
Alors, si nous voulons offrir une école de qualité à nos enfants, nous devons organiser différemment l’offre scolaire. Une simple politique de "rationalisation budgétaire" est souvent source d’injustices. Par exemple, quand l’État fait fermer d’autorité les petites écoles de village au nom des "conomies d’échelle". Où est l’égalité entre Français lorsqu’on exige qu’un enfant de la campagne parcoure 50 km aller-retour pour s’instruire ? L’État doit concentrer sa dépense sur l’essentiel, à savoir les professeurs, les maîtres d’école. Il est temps qu’il les libère de ces cohortes d’inspecteurs idéologues, de ces circulaires ministérielles paternalistes, de ces normes de sécurité étouffantes... Offrons aux professeurs et aux élèves une véritable école, avec un directeur qui assume ses responsabilités en assurant la discipline et la cohésion et des professeurs libres et responsables de leur enseignement. Une école qui mette la transmission du savoir au-dessus de tout.
Les écoles indépendantes montrent justement la voie. Il est possible de transformer les écoles publiques en écoles indépendantes, en leur accordant l’autonomie. Et il est aisé pour l’État de démocratiser l’accès aux écoles indépendantes, si convoitées, en allouant à chaque élève une somme forfaitaire couvrant les frais de scolarité. Ce serait une belle façon de sortir par le haut de cette crise !

Paru dans Les Chroniques de la Fondation - Editorial - Décembre 2011

COFFINIER Anne

Née en 1974
Mariée - 3enfants
 
Diplomate
Directrice générale de la Fondation pour l’école

Ecole Normale Supérieure (ENS) (Ulm)
Ecole Nationale d’Administration (ENA)
 
Fondatrice de l'association Créer son école (2004) dont elle est toujours la présidente
Co-fondatrice de la Fondation pour l'école (2008) dont elle a été la présidente et dont elle est depuis fin 2010 la directrice générale
 
www.liberte-scolaire.com
www.creer-son-ecole.com
www.ilfm-formation.com
www.fondationpourlecole.org

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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