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La compétitivité aujourd'hui et la confiance demain

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Le débat sur la compétivité, ouvert il y a quelques mois par le MEDEF, semble maintenant se focaliser sur l’opposition entre la compétivité des coûts et la compétivité hors coûts. Comme si les deux éléments n’étaient pas intimement reliés : c’est parce que nos entreprises souffrent d’un coût du travail plus élevé que leur principaux concurrents que leurs marges sont plus faibles, et c’est parce que leurs marges sont plus faibles que leur capacité d’investissement et d’innovation est inférieure. Il faut se rendre à une évidence : Le retour de la croissance passe par un double choc de compétivité et de confiance. Le choc de compétitivité, c’est à la fois la mise en place d’une flexibilité des organisations dans les entreprises et le système de "double hélice", fléchant le transfert de cotisations sociales vers la CSG d’une part, et la TVA d’autre part à hauteur de 50 Mds d’€. Ce double choc reste indispensable pour retrouver de la compétitivité et créer des emplois. De même, la mise en place d’une politique réelle de réduction des dépenses publiques reste à faire.

A cette demande, on oppose souvent le risque d’aggraver la récession en ralentissant la consommation. On peut comprendre le souci du politique de préserver le pouvoir d’achat, mais c’est une préoccupation qui ne peut relever d’une politique 'court-termiste'. Que disent les chiffres : de 1999 à 2008, la demande intérieure a progressé de près de 40% et a tiré la croissance. Mais dans le même temps la production manufacturière n’a progressé que de 5% ! Sur la même période les importations ont explosé de plus de 50%. C’est pour cela que sur les 25 produits de grande consommation les plus vendus à la rentrée 2012, aucun n’était fabriqué en Europe. La conclusion est claire : préserver la demande pour ne pas pénaliser la croissance  aboutit au bout de quelques années au résultat inverse. Mais ce choc de compétitivité doit s’accompagner d’un choc de confiance, justement sur la compétivité hors coûts. Car la baisse du cout du travail ne relancera la croissance que si les entrepreneurs de ce pays retrouvent la confiance tant il est vrai que c’est le ressort de l’économie de marché. Hors la banque mondiale, qui vient de publier son classement "doing business 2013" sur la facilité d’exploiter une entreprise dans 185 pays, nous  y classe à la 34
ème place !
Pour rétablir la confiance, le gouvernement peut acter des décisions à coût nul qui relèvent de sa propre volonté permettant d’ouvrir des perspectives de compétitivité et démontrant ainsi une attitude pro-entreprises. Il peut acter trois grands principes : la fin du principe de précaution, la mise sous tension de l’interface administrations/état et le droit à la non-ingérence de l’état dans la vie des entreprises.

Le principe de précaution inscrit dans la constitution depuis plusieurs années commence à laisser des traces sérieuses dans la vie économique, que ce soit dans le ralentissement des projets, l’interdiction de lancement de nouvelles activités existant partout dans le monde ou encore le renchérissement des coûts d’exploitation des entreprises. Le sujet le plus emblématique est aujourd’hui l’énergie, avec l’interdiction de rechercher et de forer des gaz non conventionnels et le coup de poignard sur notre industrie nucléaire.


L’hyper-réglementation est devenue un handicap très sérieux, qui ralentit la capacité des entreprises à réagir, à se développer et qui pénalise au quotidien les comptes d’exploitation. Indépendamment de la mise en place des adaptations de son organisation et des réductions de coûts ou d’effectifs, L’Etat et les collectivités territoriales peuvent et doivent montrer l’exemple en matière de compétitivité de son offre de services aux entreprises. Il faut engager un chantier de réduction drastique de l’interface administrative pour les entreprises ; le gouvernement peut mettre en place un principe simple : l’interdiction pour l’administration d’opposer pour une même problématique plusieurs interlocuteurs, que ce soit au niveau national et au niveau local.


Enfin, la non-ingérence de l’état dans la vie des affaires s’exprime par une confiance réelle aux partenaires sociaux et consiste à rendre aux entreprises certaines missions que l’Etat s’est accaparé au fil des années. Par exemple, on peut s’interroger sur l’existence d’un ministère et d’une administration du commerce extérieur alors que les entreprises sont les plus en capacité à définir et implémenter des actions de conseil et d’entraide. Au-delà d’un souci d’efficacité, il s’agit d’envoyer un signal de confiance et de responsabilisation de la communauté des entreprises pour dynamiser nos ventes à l’export.

On ne peut regretter que le débat politique ait opposé compétitivité coût et hors coût car la réalité des entreprises et l’énergie des entrepreneurs vaut bien plus et bien mieux que cela.

ROUX de BEZIEUX Geoffroy

Né le 31 mai 1962
Marié – 4 enfants

Chef d'entreprise
Vice-président du MEDEF


École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC)

Président de l'UNEDIC (depuis 2008)
Membre de la Commission pour la libération de la croissance française
     (Commission Attali)
Président de l'Association Alternative Mobile
Administrateur
       d’International Metal Service,
      de PARROT,
      de PSA Peugeot-Citroën,
      de SELOGER.COM,
      de VIRGIN STORES.
Président de Croissance Plus (2005-2008)
Directeur général Europe de Carphone Warehouse (2000)
Président fondateur de The Phone House et d’OMERTélécom
     (Virgin mobile et Breizh mobile)

Chez L'Oréal (1986-1996)
     Directeur marketing en Angleterre
     Directeur du groupe en Pologne

Ouvrages
Salauds de patrons (2007)

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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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