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... au nouveau premier ministre !

Depuis des lustres, les politiques français de gauche comme de droite se sont donné un mal de chien pour "botter en touche" (dans le meilleur des cas), ou plus fréquemment pour prendre des décisions qui allaient aggraver les choses. En effet, jamais aucun d'entre eux n'a pris le taureau par les cornes, emplâtres sur jambes de bois succédant aux incantations de nature religieuse ou morale dignes de la méthode Coué. Ce qui fait qu'aujourd'hui l'économie française est dans une bien triste situation. Et M. Valls va donc soit se défiler comme tous ses prédécesseurs, soit essayer de prendre des décisions courageuses et dans ce cas, il aura besoin d'une considérable force de caractère. Mais mon devoir est de l'informer de ce qu'il va trouver, de faire une sorte de diagnostic.

La production industrielle stagne en France, après d'être écroulée lors de la grande crise de 2008 pour se retrouver au même niveau qu'en 1990… Nous étions supposés avoir une reprise en 2013, nous en sommes à 0% sur les douze derniers mois. Le secteur privé ne connaît qu'une très faible croissance en France depuis près de dix ans et est en quasi-stagnation depuis quatre ans. Le PIB par habitant baisse en France depuis quelques années.

La France s'appauvrit donc année après année et avec elle, le Français moyen. En revanche, le secteur public a connu une croissance ininterrompue depuis 1973. Les fonctionnaires ont toutes les qualités de la terre, mais ils ne travaillent pas pour les exportations et il faut que le secteur privé les paye… Il y a 40% de fonctionnaires de plus pour 100 habitants en France qu'en Allemagne. Par conséquent, les coûts du travail français restent très supérieurs aux coûts du travail allemand, ce qui nous amène à une détérioration constante de nos comptes extérieurs.

Question : un pays où l'économie non marchande représente 57% du PIB a-t-il jamais été compétitif et a-t-il jamais connu une hausse de son niveau de vie ? La poser, c'est y répondre… A cause de cette perte de compétitivité, les marges des sociétés françaises ne cessent de baisser et se retrouvent à un plus bas niveau historique, ce qui empêche toute embauche et, fort logiquement, le chômage ne cesse de monter. Remarquons au passage que les marges des sociétés allemandes sont deux fois supérieures aux marges des sociétés françaises. Avec une économie qui ne croît pas et un chômage qui augmente, le déficit budgétaire se creuse à nouveau, puisque les rentrées fiscales baissent tandis que les dépenses augmentent. Et en plus, la France "fait de la cavalerie", puisqu'elle emprunte non seulement pour payer ses dépenses de fonctionnement, mais aussi pour payer les intérêts sur sa dette passée.

Du coup, la dette explose et se rapproche du seuil de 100% du PIB (niveau où souvent la croissance s'arrête). Bien pire, la France a un taux de croissance inférieur aux taux d'intérêt qu'elle paye et se retrouve ainsi dans une "trappe à dette" : si un pays emprunte à 2% et croît de 0,5%, alors, il ne faut pas être actuaire pour comprendre que la faillite est inéluctable. Et chacun sait que le jour où les taux longs commencent à monter, la musique va s'arrêter, puisque chaque hausse de 1 point du coût de nos financements fera monter le déficit.

Encore une fois, je ne connais pas M. Valls, mais j'ai un peu d'espoir : les seules réformes que la France ait connues ont été faites par la gauche, quand M. Bérégovoy était premier ministre ou ministre des finances. Pour que la France se réforme, historiquement, il faut que la gauche soit au pouvoir et qu'un homme de caractère la dirige. M. Hollande ne remplit pas les conditions requises. Aure-t-il l'intelligence de laisser son premier ministre faire le sale boulot, comme Louis XIII fit avec Richelieu ou Mitterrand avec Bérégovoy ?
Je lui souhaite donc toute la réussite du monde.

Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, 17 avril 2014
GAVE Charles

Né le 14 septembre 1943
4 enfants


Economiste et financier

Président Fondateur de l'Institut des Libertés (www.institutdeslibertes.org)


Diplômé de l'université de Toulouse (DECSS d'économie)
     et de l’université de Binghamton (MBA),

Président Fondateur de Gavekal research (www.gavekal.com) et de Gavekal securities (Hong Kong)
Membre du conseil d'administration de SCOR
Co-fondateur de Cursitor-Eaton Asset Management (Londres) (1986)
Créateur de l'entreprise Cegogest (recherche économique) (1973)
 
Ouvrages
Charles Gave s'est fait connaitre du grand public en publiant un essai pamphlétaire :
Des Lions menés par des ânes (Editions Robert Laffont) (2003)
     où il dénonçait l'Euro et ses fonctionnements monétaires.
     Ouvrage préfacé par Milton Friedman
Un libéral nommé Jésus, Bourin, 2005
C'est une révolte ? Non, Sire, c'est une révolution. L'intelligence prend le pouvoir, Bourin, 2006
Libéral, mais non coupable, Bourin Éditeur, 2009
'Etat est mort, vive l'état - Editions François Bourin 2009
     Dernier ouvrage qui prévoyait la chute de la Grèce et de l'Espagne. 

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