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Au Sénat, 11 juin 2014

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CIDAN - Trophée Civisme et Défense - Cérémonie de remise des Trophées - Sénat - 11 juin 2014.

Mesdames et Messieurs,
Chers amis de CIDAN
 
C’est pour moi un grand honneur de remettre le prix Mémoire à Madame Christelle ZUCCOLOTTO du collège Élie Faure de Sainte Foy la Grande.
Lorsque le Général Béraud m’a proposé de remettre l’un des prix, j’ai immédiatement jeté mon dévolu sur ce prix "Mémoire". À mes yeux, la transmission de la mémoire est une œuvre majeure, essentielle.

Je voudrais saluer le travail remarquable qu’elle a su accomplir auprès de ses élèves, saluer le fait qu’elle ait eu cette idée formidable d’utiliser son cours d’Anglais pour transmettre une page de notre mémoire collective, celle des combattants alliés de la deuxième guerre mondiale.
Je voudrais également saisir l’occasion qui m’est donnée pour vous transmettre un message.


Je vais, si vous le permettez, Amiral Lacoste, poursuivre votre propos et dire ma perception de notre époque et de ce qui s’y passe.
 
Tout d’abord, j’espère de tout cœur, que l’engagement de madame Zuccolotto pourra se poursuivre. Nous devons l’y aider, comme nous devons appuyer toute initiative de professeurs ou de chefs d’établissement qui s’engagent dans la voie de la transmission de la mémoire aux jeunes générations, tout comme nous devons poursuivre et même intensifier le travail de renforcement, sur le terrain, du lien Armées-Nation.
Ce renforcement passe par l’intensification des contacts avec les élèves et étudiants d’aujourd’hui qui seront confrontés à la lourde tâche de faire que l’esprit français perdure.
Nos armées, nos associations de défense, nos établissements scolaires sont les mieux placées pour participer à cette noble tâche qui est aussi celle du tissage du lien citoyen-nation.

La suppression du service militaire a conduit à ce que beaucoup de familles, y compris celles de culture européenne, ont cessé de cultiver chez leurs enfants la mémoire et le lien citoyen-nation-patrie qu’il devient urgent de retisser.
La citoyenneté a besoin qu’on la fasse vivre au quotidien. L’école a pour mission première d’y concourir. C’est d’ailleurs au fondement de la création de l’école publique.
Pour les familles de non militaires, le service militaire constituait l’un des rares moments, parfois le seul, où le sentiment d’appartenance à une même communauté de destin se matérialisait, où le lien citoyen-nation-patrie prenait forme humaine au travers des traits des fils de ces familles.
Au vu des bouleversements géopolitiques qui étaient alors déjà palpables, le service militaire aurait dû être étendu aux filles. Il a été fait le choix de le supprimer pour tous. C’est à mes yeux une faute dont nous risquons de payer le prix.
Le Général de Gaulle disait qu’il est essentiel de toujours garder en mémoire ces interrogations : d'où venons-nous ? Où en sommes-nous et où voulons-nous aller ?

Ce que j’ai pu constater, avec beaucoup de tristesse, toutes ces dernières années au travers de différentes missions dont celle au sein du Haut Conseil à l’Intégration, c’est que les citoyens français sont entravés dans leur travail de transmission de leur mémoire, de leurs principes républicains, de leurs valeurs ; que l’on tente de leur faire oublier qui ils sont et d’où ils viennent. Jusqu’à la langue française, pourtant inscrite dans la constitution, que l’on a récemment voulu descendre de son piédestal.
Pour moi qui ai fait le choix de la citoyenneté française par amour de la France, de son peuple, de son histoire politique et culturelle, je ne puis m’y résoudre et ne m’y résoudrai pas.
De même, je ne peux me résoudre, moi qui suis née ici mais ai longtemps vécu en Algérie, d’avoir à supporter quotidiennement la musique de la culpabilisation des Français comme si la longue et riche histoire de la France se résumait à ses pages sombres. La construction du respect, préalable à la construction de la fraternité passe par le fait de tourner le dos à l’idéologie de la culpabilisation-repentance.
C’est ce venin de la culpabilisation-repentance injecté chaque jour dans le corps des citoyens qui les empêchent de retrouver le chemin de la confiance et la foi en l'avenir.
 
Travailler à redonner aux Français la fierté légitime d’être Français redonnera de l’énergie à notre jeunesse qu’une peur de l’avenir habite désormais. Les jeunes français sont de plus en plus nombreux à quitter la  France. Hier c’était après des études supérieures brillantes. Aujourd’hui, c’est dès le bac en poche que certains parmi eux partent. Nous devons leur donner le goût de l’engagement au service de la France. Nous réussirons ce pari si nous parvenons à leur insuffler de l’admiration pour l’histoire de France qui est aussi la leur.
"Vingt siècles d'histoire sont là pour attester qu'on a toujours raison d'avoir foi en la France." Ce sont les pensées du Général de Gaulle consignées dans
ses mémoires de guerre 1940-1942.

Mesdames et Messieurs, chers amis, nous devons œuvrer à redonner aux jeunes générations le sens de notre destin collectif qui a été perdu de vue.
C’est ainsi que nous redonnerons vitalité et confiance à notre jeunesse, que nous lui redonnerons foi en son avenir afin qu’elle soit apte à relever les défis, tous les défis.

Madame, je vous cède à présent la parole afin que vous nous présentiez votre remarquable projet.
SOREL-SUTTER Malika

Née en France
École maternelle et primaire en France puis 15 ans en Algérie
     avant de revenir s’installer définitivement en France.

Essayiste
Ancien membre du Collège du Haut Conseil à l'Intégration

Ingénieur de l’École Polytechnique d’Alger
Troisième cycle de gestion de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Major de promotion)
 
Membre du jury du 'Grand prix de l’impertinence' de la Fondation prospective et innovation,
     présidé par le recteur Christian Forestier, administrateur général du CNAM.
Membre de la commission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration.
Membre du conseil d’administration
     de l’association de géopolitique et de défense Géostratégies 2000
 
Ouvrages 
Le Puzzle de l’intégration. Les pièces qui vous manquent - Fayard/Mille et une nuits (2007)
De quoi l’avenir intellectuel sera-t-il fait ? Ouvrage collectif - Le Débat, Gallimard (2010)
Immigration-Intégration : le langage de vérité - Fayard/Mille et une nuits (2011)
 
 
Articles publiés
Le Débat, Gallimard, mars 2012 : 'Regarder la réalité en face', critique de deux ouvrages de Gilles Kepel.
Le Débat, Galimard, septembre-octobre 2011 : 'Intégration, le devoir de vérité'
Le Débat, Gallimard, septembre 2008 : 'Penser l’intégration'
Revue AFAE (Association Française des Administrateurs de l’Éducation), décembre 2011 :'L’école face au défi de l’inclusion'
Revue AFAE (Association Française des Administrateurs de l’Éducation), décembre 2010 :'Quand le communautarisme
     s’invite à la table de la République'
Enjeux et Débats de la Revue parlementaire : 'Le modèle français d’intégration n’a pas échoué, il n’a guère été appliqué', juin 2011
Les Échos de la fonction publique, juin-juillet 2011 : 'De l’immigration et de l’intégration'
L’Expansion, septembre 2011 : 'La République doit l’emporter sur les diasporas'
Le Figaro Magazine, mai 2011 :'Tout immigré doit puiser en lui la force de s’insérer dans la société française'
Valeurs actuelles, avril 2011 : 'Sur l’intégration, la France fait trop de concessions'
Le spectacle du monde, octobre 2010 : 'La France s’autodétruit sans rendre service aux immigrés'
Le Figaro, mars 2010 : 'Identité nationale : levons les tabous !'
La Libre Belgique, 8 octobre 2010 : 'Notre société a créé des fauves'

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