Magistro Beta

Switch to desktop Register Login

La Légion d'honneur...

  • Écrit par 
  • Taille de police Réduire la taille de la police Réduire la taille de la police Augmenter la taille de police Augmenter la taille de police
  • Imprimer
  • E-mail
Évaluer cet élément
(0 Votes)
La Légion d’honneur au service de la nation                          
        
Il est toujours réjouissant, a contrario, d’entendre, à chaque promotion de la Légion d’honneur, se déchaîner un public qui ressasse les mêmes interjections à son propos. Cela prouve au moins que notre premier ordre national ne laisse pas indifférent. Car, dans le fond, si comme ces gens-là l’écrivent, on "la donne à n’importe qui", "elle est complètement dévoyée", pourquoi donc s’y intéresser autant ?
La Légion d’honneur bénéficie en outre d’une contre-publicité qui avive les tensions.
Un économiste, qui a, par ailleurs, parfaitement mérité d’être nommé dans l’Ordre, a proclamé avec un grand renfort de concours médiatique qu’il la refusait, en ajoutant que ce n’était pas "le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable". Erreur, Monsieur Thomas Piketty, c’est justement à l’instance supérieure, autrement dit l’Etat, le seul juge, d’attribuer ou non une distinction.
Lorsque Bonaparte, Premier consul a institué la Légion d’honneur, il a précisé qu’elle était destinée à récompenser les citoyens civils et militaires pour leurs mérites rendus à la Nation. Ce n’est pas le citoyen qui est méritant, c’est le Grand maître, le chef qui décide qu’il est méritant. Ce mérite-là, s’il suit certaines règles inscrites dans le Code de la Légion d’honneur, n’est pas défini dans un barème. Il doit être exceptionnel. Point.  
On l’oublie trop facilement, l’ordre de la Légion d’honneur est un instrument politique et, contrairement à ce que laissent entendre certains de ses détracteurs, une institution démocratique. Le "chef", pour reprendre cette terminologie familière, ne peut décider sur un simple bon vouloir, honorer un citoyen. Le dossier de ce dernier est d’abord constitué par les services du ministère dont il dépend. Ce dossier est ensuite examiné par le Conseil de l’Ordre. Sur toutes les propositions, un pourcentage d’environ 14 % est repoussé.
Lorsque la liste des nommés et promus est établie, elle figure dans un décret soumis au Grand Maître qui peut retrancher un nom, mais jamais en ajouter avant de la signer.
Le décret est publié au Journal officiel ;  les nommés et promus sont ensuite avertis par la Grande chancellerie de la Légion d’honneur afin qu’ils désignent un représentant du Grand chancelier qui leur remettra leurs insignes au cours d’une cérémonie codifiée.
À ce moment les impétrants deviendront effectivement membres de la Légion d’honneur, et  les promus entreront dans leur nouveau grade.
 
Monsieur Thomas Piketty n’est pas concerné par cette procédure, car il n’a pas refusé la Légion d’honneur, il a simplement décliné l’éventualité de recevoir cette distinction. Sa manifestation pourrait encore être considérée comme une injure aux quelque 600 citoyens distingués en même temps que lui, qui ont aussi été considérés comme méritants.
Dans un entretien accordé le 1er janvier 2015 au Figaro, le général d’armée Jean-Louis  Georgelin, Grand chancelier de la Légion d’honneur, précisait que "La plupart de ceux qui font connaître leur refus publiquement agissent ainsi pour attirer l'attention sur eux ou sur le combat qu'ils mènent. Ceux qui la refusent pour de bonnes raisons - un souci d'indépendance, un excès d'humilité -, des raisons que je comprends parfaitement, s'arrangent toujours pour nous le faire savoir discrètement, avant la publication de leur nom au Journal officiel."
 
La Légion d’honneur est une institution révolutionnaire au sens propre du terme, car elle distingue, nous l’avons dit, les citoyens sans distinction de sexe et d’origine, y compris les étrangers. Parmi ces derniers il convient de distinguer les décorations diplomatiques – chefs d’Etat, chefs de missions – des décorations pour services rendus à la France ou ceux que la France souhaite honorer pour leur actions culturelle, humanitaire, par exemple.
Ces personnes ne sont pas membres de l’ordre de la Légion d’honneur, mais décorées de la Légion d’honneur. Une distinction qui échappe à beaucoup.
 
Un mot encore à propos de la fameuse phrase de Bonaparte disant qu’on ne mène pas les hommes sans "hochets", que l’on ressort à tout propos en dehors de son contexte.Le Premier Consul répliquait en fait, au conseiller d'État Théophile Berlier qui assurait que cette nouvelle institution [la Légion d’honneur] proposée ne convenait pas à une république, que les croix et les rubans n'étaient que les hochets de la monarchie. Pour ce conventionnel régicide, les magistratures et les emplois devaient être les premières, les seules récompenses des services, des talents, des vertus. Afin d’appuyer ses arguments, il montrait en exemple des Grecs et des Romains qui, selon lui, n’avaient pas d’autres récompenses.
C’était méconnaître l’Histoire et Bonaparte la lui rappela : "On nous parle toujours des Romains ! Il est assez singulier que, pour refuser les distinctions, on cite l'exemple du peuple chez lequel elles étaient le plus marquées. Est-ce là connaître l'histoire ? Les Romains avaient des patriciens, des chevaliers, des citoyens et des esclaves, Ils avaient pour chaque chose des costumes divers, des mœurs différentes, Ils décernaient en récompenses toutes sortes de distinctions, des noms qui rappelaient des services, des couronnes murales, le triomphe !... " C’est à la suite de cette phrase qu’il évoqua les hochets.
 
On compte environ un million de citoyens français ayant reçu la Légion d’honneur depuis sa fondation, c’est peu et beaucoup à la fois. Le nombre des légionnaires vivants est inférieur à 95 000, pour un quota fixé à 125 000 par le Code de la Légion d’honneur. C’est dire que face à 65 et quelques millions de français, la croix n’est pas distribuée à tout va. Si certains sont choqués par l’entrée dans l’Ordre, de sportifs, chanteurs et comédiens, ils ont tort. Chaque citoyen au meilleur de ses mérites contribue au rayonnement de la Nation.
Nous vous invitons à visiter le musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie et de contempler le collier de Grand maître, celui que revêt le Président de la République lors de son entrée en fonction. Celui-là symbolise l’ordre dans son universalité en évoquant sur chacun de ses médaillons les activités de la nation.
La Légion d’honneur est le reflet de la société française et son évolution dans toutes ses activités.
 
Musée de la Légion d’honneur et des ordres de chevalerie, 2 rue de la Légion d’honneur (face au musée d’Orsay), 75007 Paris.
On peut lire Les Décorations françaises, Éditions Trésor du Patrimoine, 120 p. 29.50 € (de Bertrand GALIMARD FLAVIGNY).
GALIMARD FLAVIGNY Bertrand

Né le 13 octobre 1947
Marié – 3 enfants

 
Etudes de droit (section Droit des affaires)
Etudes de lettres (3° cycle, thèse sous la direction de Marc Soriano)
 
 Chroniqueur du marché de l’art et plus spécialement celui de la bibliophilie dans :           
. Le Magazine du bibliophile (depuis 2000)
. Historia (depuis 1980 - 2006)
. Le Figaro littéraire (1978- 2006)
. La Gazette de l’hôtel Drouot (depuis 1978)
. Les Petites Affiches (depuis 1976)
 
Critique au Figaro Littéraire  (jusqu’en 2006) et chroniqueur aux Petites Affiches.
Collaboration
     Quotidien de Paris
     Le Monde
     Le Magazine littéraire,
     France Culture (Un livre et des voix , A voix nue)  
 
Reporter en Afrique, au Moyen-orient et en Asie
Articles publiés essentiellement dans :
     Le Journal de Genève (1980-1991)
     Le Figaro
     France-Soir (1980) 
 
Président de l'Association des journalistes du marché de l’art (AJMA) (1995-2002)
Secrétaire général du PEN Club (1995-1998)

Capitaine de Frégate (r) - Breveté BT/OR - ancien administrateur de l’ACORAM.
      Conférencier dans le cadre du CESM
Cours à l’Ecole navale sur les Comportements et traditions marine
 
Ouvrages
Une vingtaine d’ouvrages dont :
Guide des saints et de leurs attributs, De Vecchi, 2010
Histoire de l’ordre de Malte, Perrin, 2006 – 2° édition collection Tempus, 2010.
La Poignée de porte, Séguier, 2008
Bibliofolies, chroniques d’un bibliophile, les Billets de la Bibliothèque, 2008
Les Eponymes de l’automobile au XX° siècle, MCCibié, 2007
Etre bibliophile - illustré par Tipi, Séguier, 2004
La légion d’honneur, un Ordre au service de la Nation
     en collaboration avec Anne de Chefdebien,Découvertes-Gallimard, 2002.
La princesse et la Peuhl, carnets africains,illustrations de l’auteur, Séguier, 2001
Noblesse, mode d’emploi – dictionnaire à l’usage des nobles et des autres, Editions Christian, 1999.
Les chevaliers de Malte, des hommes de fer et de foi (Découvertes- Gallimard, 1998)
Le Livre roi (Librairie Giraud-Badin, 1989)
Ordres et contre-Ordres de chevalerie (Mercure de France, 1982)
     couronné par le prix Mottard de l’Académie française.
LesSociétés civiles,  Que sais-je ?  P.U.F. (1981)
 
Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Chevalier de l’Ordre national du Mérite 
Commandeur du Mérite de l’Ordre souverain de Malte
Commandeur du Mérite de l’ordre équestre du Saint-Sépulcre

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

Top Desktop version