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Les racines de la France

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Les racines de la France

 
Le recteur Boubakeur exhorte nos autorités à doubler le nombre de mosquées pour ses coreligionnaires français. Ils seraient 7 millions, a-t-il dit. Chiffre improuvable, faute de statistiques, mais peu importe : en légitimant ses exigences par le nombre supposé de ses fidèles, l'islam prétend enraciner le multiculturalisme confessionnel dans notre pays. Or, le nombre ne saurait suppléer l'absence de racines historiques.
Les confessions sont évidemment égales devant la loi, laïcité oblige ; elles ne le sont pas à l'aune de la mémoire. Quinze siècles d'accointances intimes avec la catholicité ont profilé notre paysage intérieur, façonné notre spiritualité, notre sentimentalité, notre sociabilité, notre ludisme, notre scansion du temps, notre érotisme même.
Après le drame des guerres de religion et la grave bévue de Louis XIV -la révocation de l'édit de Nantes- le protestantisme issu de Luther et de Calvin a pris sa juste place et les juifs de France, dès lors qu'ils ont joui pleinement de leurs droits civiques, ont enrichi notre culture : Proust, Bergson, Chagall et tant d'autres.
 
La séparation ds Eglises et de l'Etat a émancipé le citoyen de la tutelle d'un cléricalisme tantôt gallican, tantôt vaticanesque : c'était opportun et nul ne le conteste. Reste l'héritage d'une architecture mentale bâtie ; étayée, enluminée par la catholicité romaine. L'âme de la France plane au-dessus des clochers de Notre-Dame qui a solennisé les hautes heures de son histoire, y compris le Te Deum de la Libération avec de Gaulle et Leclerc. L'"identité de la France est insaisissable si l'on occulte la symbolique liée à la cathédrale de Reims, à la crypte de Saint-Denis - et à ces monastères bénédictins et cisterciens qui ont transmis le savoir et défriché nos arpents.
Même la texture de notre anticléricalisme, sans équivalent en Europe depuis les Lumières, témoigne de la prégnance du fond de sauce catho : amour-haine de ce couple désormais à la retraite, goupillon et férule.
Notre imaginaire, nos quêtes de l'invisible, nos chamailleries politiques, nos tours de langage s'y réfèrent par une pente naturelle. Aussi est-on légitimement choqué quand nos chefs d'Etat, sous prétexte de neutralité, reçoivent sur un pied d'égalité ls dignitaires de l'Eglise catholique et ceux des diverses confessions ayant importé des fidèles en France. Egalité inéquitable et mesquine, car procédant d'une approche bassement comptable et ignorant une longue et noble mémoire.
J'ai le plus sincère respect pour la piété d'un musulman ou d'un hindouiste : toute invocation d'une transcendance vaut mieux que le culte du fric et de l'ego. Mais ces confessions n'ont aucun ancrage dans notre inconscient collectif, aucune résonnance dans nos cœurs. En accréditant sournoisement l'illusion d'une équivalence, nos dirigeants assèchent les sources de notre patriotisme et humilient les fidèles catholiques.
 
L'épisode lamentable des affiches dans le métro, l'indifférence de nos "élites" aux martyrs chrétiens dans l'espace oriental dominé par l'islam, les prônes apeurés sur l'"islamophobie" après les attentats de janvier en plein Paris : autant de symptômes d'un refus buté de prendre la France pour ce qu'elle est, un avatar de la latinité éclos dans le giron du catholicisme.
Dieu sait que je ne suis pas un bigot, encore moins un intégriste, et que toute société où César s'arrogerait les prérogatives d'un pasteur d'âmes serait pour moi invivable. "Mon royaume n'est pas de ce monde", a dit le Christ. Mais le royaume de France, les deux empires et les cinq républiques qui lui ont succédé dans le temps ont les mêmes racines, n'en déplaise à M. Peillon et Mme Valaud-Belkacem, qui œuvrent obstinément pour les exterminer des cervelles enfantines.
Il y a beaucoup de musulmans en France, ils ont droit au respect de leur foi et à la possibilité d'exercer dignement leur culte. Mais on ne décrète pas des racines : les nôtres sont catholiques au sens large depuis le baptême de Clovis, point final.

Avec l'aimable autorisation de Valeurs actuelles, 16 avril 2015
TILLINAC Denis

Né le 26 mai 1947
Marié – 4 enfants
 

Ecrivain


Institut d'études politiques (IEP) de Bordeaux
 
PDG des éditions de La Table Ronde (1990-2007)
Membre du Haut Conseil de l'Education
Membre du Haut Conseil de la Francophonie
Représentant personnel du Président de la République Française
     pour la Francophonie (1995-1998)
Enseignant à l'Ecole Supérieure d'Aéronautique
     Histoire moderne, à Toulouse (1999)
Enseignant à l'Institut supérieur
     de management public et politique (ISMAPP) (2008-2009)
 
Journaliste à La Dépêche du Midi (1974-1980)
Critique littéraire à La Dépêche du Midi (1980-1990)
Chroniqueur aux Nouvelles littéraires
Collaboration et éditoriaux à Madame Figaro (1983-1990)
Chroniqueur à R.T.L. (On refait le monde), à Canal + (Pascale Clarke)
Co-animateur (avec Michel Cardoze) de Double Page sur T.M.C.
     (émission littéraire) (2003-2004)
Intervenant dans Le Contrat sur la chaîne parlementaire
     (émission politique) (2006)
Collaborations à Valeurs Actuelles, Le Figaro Magazine,
     Madame Figaro, La Dépêche du Midi, La montagne,
     Marianne, Famille chrétienne, …
 
Ouvrages
Le Rêveur d'Amériques (1980) - Le Mystère Simenon (1980) - Le Bonheur à Souillac (1983) Prix de la Table Ronde française - L'Eté anglais (1983) Prix Roger Nimier - Spleen en Corrèze – Journal  d'un localier (1984) - A la santé des conquérants (1984) - L'Ange du désordre : Marie de Rohan, duchesse de Chevreuse (1985) - La Tour des îles : Spleen à Daumesnil (1985) - L'Irlandaise du Dakar (1986) - Vichy (1986) - Maisons de famille (1987) Prix Kléber-Haedens - Le Dakar (1988) en collaboration avec yann Arthus-Bertrand - Un léger malentendu (1988) - Le Bar des Palmistes (1989) - La Corrèze et le Zambèze (1990) - Prix Chardonne, Grand Prix de Littérature du tourisme Les Corréziens (1991) en collaboration avec Pierre Dauzier - L'Hôtel de Kaolack (1991) - Le retour de d'Artagnan (1992) - Rugby Blues (1993) Prix Populiste, Grand Prix de la Littérature sportive - Elvis, Ballade sudiste (1993) - Le Jeu de la chandelle (1994) - Spleen en Corrèze (1996) - Dernier verre au Danton - Don Juan (1998) - Je me souviens de Paris (1998) - Les Masques de l'Ephémère (1999) Prix Paul Léautaud - Boulevard des Maréchaux (2000) - Chirac le Gaulois (2002) - En désespoir de causes (2002) - Le Mystère Simenon (2003) - Incertains désirs (2003) - Le dieu de nos pères – Défense du catholicisme (2004) - Le Venin de la mélancolie (2004) Prix du Livre politique, Prix des Députés - La pluie sur les carreaux dessine des fantômes (2005) - Je nous revois (2006) - Dictionnaire amoureux de la France (2008) - Rue Corneille (2009) - Sur les pas de Chateaubriand (2009) – Dictionnaire amoureux du Catholicisme (2011) - Retiens ma nuit (2015) -
 
Grand Prix de l'Académie française
     Prix de littérature Henri Gal attribué par l'Institut de France (2005)
 
Pour la télévision
Evocation de Francis Jammes
     Réalisateur Jacques Tréfouel
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1981)
Les Caprices de Marion
     Réalisateur Jacques Tréfouel, avec Agnès Soral
     Produit par FR3 Bordeaux-Aquitaine (1983)
Une colonne à la cinq (feuilleton)
     Réalisateur Pierre Neel
     Co-production FR3 Aquitaine et FR3 Limoges (1985)
Le Train du soir (court métrage)
     Réalisateur Eric Bertheret (1991)
     Adaptation d'une nouvelle de Denis Tillinac
Le Bois du Pardoux - France 3 (2000)

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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