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... sur la Fonction Publique ?

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Mais pourquoi donc ce silence assourdissant sur la Fonction Publique ?
 
Le ministre Macron vient incidemment d’observer que le statut de la fonction publique tel qu’il existe à ce jour ne semble plus défendable en l’état. Que cette évidence mette en émoi les représentants des partis de gauche traditionnellement élus grâce à cet appoint électoral majeur n’a absolument rien d’étonnant ! Mais bizarrement aucun des hommes politiques de droite n’a repris un tant soit peu à son compte ce constat élémentaire qui aurait pourtant dû être déjà largement évoqué dans les projets de réforme que les nombreux candidats à la primaire s’évertuent à nous proposer pour nous convaincre qu’ils ont enfin trouvé la solution à nos problèmes, après avoir passé en vain des années dans les gouvernements et dans les assemblées !
 
La situation préoccupante de notre pays justifierait pourtant une recherche exhaustive des dépenses inutiles et des rentes de situation anormales. Nous progressons lentement et le frein que constitue le code du travail lui-même pour l’embauche commence enfin à être considéré avec sérieux. On fait observer et on regrette les différences excessives entre les garanties accordées aux salariés par le contrat durée indéterminé eu égard à celles, limitées, que leur confère le contrat à durée déterminée. La situation des salariés et retraités du secteur privé, celle des professions libérales et des professions réglementées, voire le statut et la place de l’élu font ou ont fait l’objet d’un examen attentif.
Mais il n’est toujours pas question du statut de la fonction publique et des avantages des agents publics surtout depuis l’échec partiel de la réforme des régimes spéciaux, elle-même reprise tardivement et timidement après la grève historique de l’automne 1995.
Est-ce normal ? Est-ce sérieux ?
Comme cela a été le cas pour la dette de l’État pendant des années, le régime de la fonction publique n’a jamais été évoqué sérieusement dans le débat public que ce soit au regard de la justice ou de l’efficacité. Le périmètre de la fonction publique ne pourrait-t-il pas être quelque peu réduit ? À l’époque des 35 heures et du droit de grève quelle est la teneur exacte des sujétions statutaires qui distinguent encore le fonctionnaire du salarié privé ? Le statut d’agent public doit-il être obligatoirement attribué à vie ? La possibilité d’alterner un emploi public et un emploi privé ne doit-elle pas être véritablement organisée pour décloisonner les régimes et permettre à la fois plus de justice et une meilleure connaissance mutuelle ?
La qualité et le mérite de nos fonctionnaires ne seraient en aucun cas mis en cause par ce débat public, pas plus que le principe d’une spécificité de la Fonction Publique, même si bon nombre de pays européens ont fait un autre choix. Et il n’est pas possible de continuer à gesticuler en annonçant des réformes pour assouplir le marché du travail, pour permettre plus facilement les licenciements et pour responsabiliser un peu plus les travailleurs au chômage, tout en ignorant la situation de millions d’agents publics bénéficiant de la sécurité de l’emploi à vie tout en jouissant de conditions de départ à la retraite plus favorables que celles des salariés du secteur privé exposés à tout moment au chômage.

Outre les expériences de réforme malheureuses évoquées ci-dessus, la porosité de la frontière entre fonction publique et mandat public est sans doute une des raisons qui incitent les élus à ménager un régime dont ils sont nombreux à tirer profit. Mais il est vrai que le poids électoral des agents publics et de leur famille, structurés et défendus par le pouvoir syndical qui y puise sa légitimité, et soutenus par tous ceux qui espèrent entrer un jour dans cette catégorie privilégiée ou y voir entrer leurs enfants,  exerce à lui seul un effet dissuasif si fort que l’on est en droit d’y voir un Etat dans l’Etat. Le silence et l’inaction n’ont jamais résolu les problèmes !
DONNADIEU Francois-Xavier

Né le 9 septembre 1942
Marié – 3 enfants


Conseiller maître honoraire à la Cour des Comptes


Institut d'études politiques (IEP, Paris)
Doctorat de droit
Diplôme de criminologie
Ecole supérieure de guerre
 
Ecole spéciale militaire (ESM) de Saint-Cyr-Coëtquidan (1962-1964)
Ecole d'application d'artillerie de Châlons-sur-Marne (1965)
Ecole des officiers de la gendarmerie nationale (1973)
Commandant la compagnie de gendarmerie de Salon-de-Provence (1979-1981)
Chargé des affaires juridiques
     à la Direction générale de la gendarmerie (1982)
Conseiller référendaire à la Cour des Comptes (1985)
Maître de conférence en droit public à l'IEP de Paris (1985-1991)
Maître de conférence en finances publiques à l'ESM de Saint-Cyr (1989-1996)
Directeur de cabinet
     de M. Jacques Godfrain, Ministre délégué à la Coopération (1996-1997)
Secrétaire général
     du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables (depuis 1998)
Conseiller maître à la Cour des comptes (depuis 1998)
 
Distinctions
Officier de la Légion d'honneur
Commandeur de l'ordre national du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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