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Et pendant ce temps, la France continue d'aider les djihadistes au Proche-Orient    
 
Les gesticulations de toutes sortes de nos officiels "atterrés", "horrifiés", "pleinement solidaires des victimes" (au point que le mécréant Hollande se soit rendu à Notre-Dame à la suite du meurtre du père Hamel), leurs mouvements de menton pour durcir l'arsenal antiterroriste ou, s'ils sont opposants, appeler le gouvernement à le faire, la rhétorique de la guerre totale que l'on assène à longueur de journée sur les petits écrans, tout cela prend un tour singulièrement amer quand on sait que les gouvernements occidentaux en général, et le français en particulier (ce dernier avec un rare acharnement), apportent depuis cinq ans un soutien constant en armes, en entrainement et en logistique aux djihadistes qui combattent en Syrie .
On ne le répétera jamais assez : le terrorisme, nous sommes allés le chercher nous-mêmes au Proche-Orient par une politique absurde, fruit d'une idéologie droit-de l'hommiste devenue folle et de la corruption qui entoure les commandes d'armement réglées par les monarchies du golfe, soutiens constants du djihadisme. Il faut ajouter notre lamentable suivisme vis à vis de la politique néoconservatrice ("néo-cons, faucons et vrai cons", dit -on !) qui a inspiré au cours des dernières années les présidents américains successifs, dans la continuité d'une politique américaine, jamais démentie, de soutien à l'islamisme le plus radical. 
 
Les attentats n'ont pas fait cesser le soutien français aux djihadistes
On aurait pu penser que cette politique aurait cessé après les attentats du Bataclan et de Nice. Il n'en a rien été : un général français déclarait le 12 juillet (1) (selon Georges Malbrunot, un de nos meilleurs spécialistes) qu'il fallait à tout prix éviter une défaite trop rapide de Daesh. Pourquoi ? Il ne le dit pas mais on le devine : parce que cela profiterait au  gouvernement Assad, toujours tenu pour l'ennemi numéro alors qu'il ne nous a jamais menacé sur notre sol (2). Il faut donc laisser Daesh en vie en attendant une relève hypothétique qui ne soit pas dans la mouvance gouvernementale. Laquelle ? De mythiques rebelles modérés se situant entre Daesh et le gouvernement Assad que les Occidentaux n'ont cessé depuis cinq ans de tenter de susciter en entrainant des mercenaires dans les camps de Turquie et de Jordanie. En vain : ou les intéressés rejoignent les islamistes avec armes et bagages ou ils disparaissent dans la nature après avoir empoché la solde. 
Il faut se rendre à l'évidence : il n'y a rien entre Assad et les différentes formations islamistes. Le tenir le premier pour l'ennemi numéro un, c'est soutenir des islamistes. Daesh est certes aujourd'hui mis au ban (du moins on l'espère), et les Occidentaux ont enfin entériné la mise au ban d'Al Nosra (alias Al Qida), dont  Fabius disait, au moment où il martyrisait la ville chrétienne de Malula, qu'il "faisait du bon boulot". Mais il y a tous les autres, répondant aux doux noms de Ahrar al-Cham, Jaïch al-Islam, Jaïch Mouhammad, Liwa’ al-Tawhid, Al-jabhat al-Islamiya, Jaïch al-Fath, autant de viviers de fondamentalistes prêts à poser des bombes chez nous. Un de ces mouvements tenu pour modéré, Harakat Nour al-Din al-Zenki, a récemment égorgé près d'Alep un enfant palestinien de douze ans. Le 25 juillet, l'ambassadeur de France aux Nations -Unies, ne trouvait à critiquer que l'armée syrienne et la Russie pour le bombardement d'Alep, prenant de fait le parti des islamistes qui l'avaient si longtemps assiégé. Comme le demandait avec humour son homologue syrien : "Pourquoi ne qualifie-t-on pas d’opposition armée modérée ceux qui ont attaqué le Bataclan, Nice ou Charlie Hebdo ?" 
Il y a deux jours, commençait un stage d'entrainement des forces spéciales du Qatar organisé par l'armée française. Si celles-ci ont la même origine que l'équipe de football, nul doute qu'il s'agit de mercenaires tout prêts pour le djihad que ce pays "ami" soutient autant qu'il le peut.

Et rappelons que pendant que le terrorisme frappe à Bruxelles, l'Union européenne maintient des sanctions très dures (allant jusqu'à interdire la vente de médicaments) à l'égard des territoires syriens de la zone gouvernementale alors que ces mêmes sanctions sont levées dès que les djihadistes s'en emparent !   
Un pareil aveuglement est peut-être sans précédent dans l'histoire. Errare humanum estperseverare diabolicum. Il y a bien quelque chose de diabolique dans ce refus de reconnaitre qu'on s'est gravement fourvoyé en soutenant des djihadistes avec le but affiché de faire régner en Syrie un régime supposé plus respectueux des droits que celui d'Assad, cela au prix d'immenses souffrances du peuple syrien, particulièrement des chrétiens qui comptaient au contraire sur notre protection .
On dira que nos djihadistes ont poussé sur le sol français. Voire. Daesh revendique la plupart des attentats, Al Nosra les approuve. Si les auteurs sont des allumés sans doute aux ordres, c'est l'émergence de l'Etat  islamique et sa terreur médiatisée qui ont échauffé l'esprit de nos terroristes nationaux, ayant fait ou pas un séjour là-bas.
Il est important de chercher des solutions nationales mais on n'en trouvera pas de sérieuse tant que n'aura pas cessé cet encouragement au terrorisme que constitue la politique absurde et criminelle que nous menons au Proche-Orient.
(1) Le Figaro, 12 juillet 2016
(2) Il nous a même propos une collaboration contre le  terrorisme que nous avons refusée.
HUREAUX  Roland

Né le 14 juin 1948
Marié  - 7 enfants
 

Essayiste

Ecole normale supérieure (Saint-Cloud)
Institut d'études politiques (IEP)
Ecole nationale d'administration (ENA)
Agrégé d’histoire
 
Sous-préfet
Diplomate
Conseiller technique
à la Délégation à l'aménagement du territoire et à l'action régionale (DATAR)
Conseiller
     Cabinet du président de l’assemblée nationale (Philippe Séguin)
     Cabinet du Premier ministre (Edouard Balladur)
Professeur associé à l’Institut d’études politiques de Toulouse
Rapporteur à la Cour des Comptes. 
 
Ouvrages
Un avenir pour le monde rural (1993) - Pour en finir avec la droite (1998) - Les hauteurs béantes de l’Europe (1999) - Le temps des derniers hommes (2000) - Les nouveaux féodaux (2004) - Jésus et Marie-Madeleine (2005) - L’actualité du gaullisme (2007) - L’Antipolitique (2007) - La grande démolition (2012) - Gnose et gnostiques des origines à nos jours (2015)

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