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Au défi de la question musulmane

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La France au défi de la question musulmane
 
Oui, l’islam agresse la France. Et il revient d’abord aux musulmans - les démocrates, lucides et effarés - de faire entrer dans le lit de la laïcité une doctrine qui lui est étrangère. La raison critique ne peut soutenir plus longtemps, en effet, que le Coran est un texte tombé du Ciel, sacralisé par une signature divine. Après les tueries de Nice, qui ont ensanglanté, au nom d’Allah, la promenade des Anglais (86 morts, 400 blessés) le soir du 14 juillet, après l’égorgement dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, le 26 juillet, du père Jacques Hamel, tentant de repousser ses deux bourreaux aux cris de "va-t’en Satan !", après les carnages précédents à Charlie Hebdo, à l’Hyper Cacher, au Bataclan, dans les cafés parisiens, après toutes les autres terreurs islamistes et avant les prochains massacres, il n’est plus possible de taire la question musulmane. Entendre les capitulards et les sophistes éluder cette confrontation nécessaire en associant les musulmans aux juifs persécutés par Vichy et les nazis témoigne de la confusion des esprits qui s’organise, au seul bénéfice d’une idéologie totalitaire et conquérante.
 
La valse des ego, qui agite la politique avant la présidentielle, rend un peu plus illisible la menace que beaucoup d’"élites" occultent. La tarte à la crème du rétablissement d’un service civique, voire militaire, est servie par ceux qui n’ont rien à dire sur le sujet. L’échappatoire a été empruntée à son tour, dimanche, par Arnaud Montebourg, en quête d’un retour à la "camaraderie". Ce boy-scoutisme est le degré zéro de l’analyse qu’impose l’installation massive en Europe, depuis les années 1970, d’une culture archaïque opposée à l’Occident. La fable de "l’identité heureuse", que conte Alain Juppé, procède d’un mensonge entretenu sur une naturelle compatibilité entre l’islam et la démocratie. Même la Turquie, un temps exemplaire, rejoint le camp des théocraties paranoïaques sous la férule du sultan Erdogan. Quand Nathalie Kosciusko-Morizet, après s’être éventée devant la "régression identitaire", déclare mardi (RTL) vouloir interdire le salafisme "qui n’est pas l’islam mais une dérive", elle ne veut pas voir que cette pratique, souvent violente, applique le Coran à la lettre. Voudrait-elle interdire l’islam ?
 
Ce n’est plus tant l’identité qui doit être mise au centre des débats pour 2017, comme le souhaite à nouveau Nicolas Sarkozy qui a confirmé lundi sa candidature, que l’obligation pour l’islam récalcitrant de faire allégeance aux règles de la nation millénaire. Il n’y a aucune raison de dispenser la minorité musulmane des contraintes qu’ont eu à subir par le passé les chrétiens et les juifs. Ceux-là ont dû se plier, dans la douleur pour les catholiques, aux exigences de la République laïque. Inviter les musulmans à la "discrétion" (Jean-Pierre Chevènement) est la moindre des choses. Elle est pourtant contestée par les islamistes qui réclament toujours plus de visibilité et d’accommodements. Même l’iman de Bordeaux, Tareq Oubrou, présenté comme réformiste, conteste à l’État son droit de demander aux musulmans de se réformer, faisant valoir une laïcité flexible. Dans ce rapport de force, la solidité de la République est à l’épreuve. Sa pente serait de reculer encore. Aux Français réveillés de s’y opposer.
 
Face aux tensions qui se profilent, les musulmans acquis à l’Occident et à ses valeurs doivent se mobiliser et être soutenus. Tout doit être fait pour briser "l’entrisme islamo-trotskiste sournois" que dénonce le philosophe Mezri Hadad (Le Figaro, lundi). Le "fascisme islamiste", ainsi nommé par le germano-égyptien Hamed Abdel-Samad, ancien Frère musulman, est la Bête immonde que bien des "humanistes" et autres "antiracistes" ont renoncé à combattre, par souci d’apaisement et par fascination pour les minorités. Ces néocollaborateurs ne voient pas qu’ils se font à leur tour les soutiens d’une idéologie qui partage avec le nazisme, outre l’antisémitisme, le même culte du peuple supérieur, du chef, de la force, de la terreur. C’est pourquoi les hommes et les femmes acquis au libre arbitre ont à convaincre que le Coran, comme la Bible, est un texte écrit par l’homme et non par Dieu, et qu’il est donc réformable. L’écrivain Tahar Ben Jelloun demande aux siens (Le Monde, 30 juillet) "de renoncer à tous les signes provoquants d’appartenance à la religion de Mahomet", à moins de "faire nos valises". C’est en ces termes que le débat se pose.

Paru dans Le Figaro, 26 août 2016
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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