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La France entre la Russie de Poutine et l'Amérique de Trump
                  
Il fut un temps où la France impériale osait les alliances fortes et ouvertes avec les Tsars de Russie et ne craignait ni les jugements des nations européennes ni les cris des grandes puissances, car elle était la grande puissance que personne ne pouvait contester sauf quand cela dérangeait les intérêts de l'empire britannique.
C'est ainsi que lors de la guerre de Crimée en 1854 la France de Napoléon III a préféré se rapprocher du Royaume-Uni après des siècles de conflits, au lieu de s'allier avec l'armée du Tsar pour en finir avec "la Turquie, l'homme malade de l'Europe", selon la juste expression de Nicolas Ier adressée à l'ambassadeur d'Angleterre. Certes l'empereur des Français après le traité de Paris du 30 mars 1856 marque une victoire personnelle quatre ans après son accession au pouvoir.
La France impériale renforce son influence en orient sans pour autant résoudre l'épineuse "Question d'Orient" que le Tsar dans sa sagacité voulait conclure en obligeant les turcs à respecter les minorités chrétiennes sur son territoire et à leur donner la liberté et la sécurité nécessaire qui leur permettent d’échapper définitivement à la soumission lourde et humiliante de l'empire agonisant mais toujours aussi cruel.
Il a fallu attendre que les chrétiens d'Orient fussent massacrés en Syrie et au Liban pour que l'alliance entre la France de Napoléon III et la Sainte Russie soit ravivée avec "l'Expédition française" pour sauver ceux qui sont les gardiens naturels et victimaires de ce qui reste de libre de la Terres Sainte elle-même. Le tsar et l'empereur ont su alors imposer au Sultan des gouverneurs chrétiens pour un Liban chrétien et un Mont-Liban qui a commencé ainsi à réaliser un début d'autonomie et une sagesse de coexistence avec la communauté islamique qui l'entourait et cherchait à acquérir plus de puissance sous la longue occupation ottomane.
 
Aujourd'hui la France, en condamnant sévèrement l'engagement total et militaire de la Russie dans la guerre syrienne, passe à côté d'une alliance qui pourrait redorer sa présence dans cette région dont elle a tracé les frontières au début du XXème siècle avec les signatures des accords de Sykes-Picot. Car cette alliance lui permettra avant tout de ne pas être dupe d'un appui inutile qu'elle cherche à donner à son allié américain; car la grande puissance des États-Unis cherche toujours à sauvegarder une alliance objective avec les russes tout en condamnant les dommages collatéraux de la guerre syrienne ; Elle le cherchera encore plus et d'une façon plus directe et ouverte avec l'arrivée de Donald Trump au pouvoir.
Une alliance qui la ramènera à l'axe stratégique le plus profond et qui a été à la racine de la vieille "question d'orient", et qui se résume tout simplement dans la protection qu'il faut assurer aux minorités opprimées et aux chrétiens d'orient qui représente, dans cette région du monde plongée dans d'atroces épreuves, le savoir la culture et une possibilité d'une société où la foi et la raison peuvent cohabiter pour rendre la pratique de la religion humble, humaine et pacifique à la fois entre tous ceux qui croient en un Dieu unique. 
 
La France de nos jours n'est plus un empire et n'a plus d'empereur non plus , mais elle aurait pu au moins sauver la face par l'intelligence diplomatique et ne pas s'aventurer à mettre des conditions outrageantes à celui qui se présente comme le président de la Russie et qui au fond en est son tsar caché et non déclaré. Il l'est par la manière dont il impose le rôle presque éternel de la Russie sur la scène mondiale ; il l'est par la manière dont il félicite le président élu des Etats-Unis en l'appelant à aller jusqu'au bout du dialogue ouvert et sincère avec la Russie qu'il a annoncé lors de sa campagne électorale pour trouver une solution claire à un conflit qui a généré tant de faux printemps et de faux espoirs dans le monde.
Enfin il a osé trouver le temps libre -bien qu'ajourné- et nécessaire, il a l'audace aussi d'annoncer une visite dans la capitale de la "mode", du luxe, et de l'élégance, pour inaugurer une cathédrale flamboyante sous le soleil de la France !
Peu de présidents trouvent du temps libre pour de telles manifestations, archaïques pour tant d'autres, mais que voulez-vous, il y a un temps pour tout comme le dit si bien la vieille sagesse !    
ASSAF Antoine

Né le



Ecrivain philosophe franco-libanais
     

Docteur ès Lettres de la Sorbonne

Professeur invité aux États-Unis, Pologne, Ukraine, Russie, Hongrie, Liban, Amérique Latine.    
Conférencier à l'Ecole Navale et l'Ecole de Guerre et à l'Université de Paris-Est
Conseiller Politique en France et au Liban

Ancien auditeur de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN)
Musicien organiste (à Notre Dame d'Auteuil 1980-1995) ancien membre tenor de l'Ensemble Bach de Paris.Dir. J.W.Websky.
Capitaine de Frégate de Réserve.

Collabore à plusieurs journaux français (le Figaro, La Revue des Deux Mondes) et internationaux ( Al Nahar)

Ouvrages
L’Etre et la Totalité (P.U.L.1986) - Terre Blanche,ou journal d’un otage du Liban (Fayard 2000) - Vie et Œuvre de Pierre Boutang .(Dossier H ed. Age d’Homme 2002) - L’Islam et le XXIe Siècle (ed. Renaissance Catholique 2004) - Le Mythe d’Europe entre Orient et Occident.(ed. Age d’Homme 2006) - Lettres à L’Amiral ou le Martyre des justes (ed. Age d’Homme 2008) - Le Roman du Guerrier (éd. Du Rocher) - Habemus Papas ( le Centurion) - L'Islam Radical (Editions Eyrolles) -

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Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.