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La nation, véritable enjeu

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La nation, véritable enjeu 
 
La société civile, avec laquelle Fillon dit vouloir travailler, pourrait devenir l’utile renfort à ses éventuelles faiblesses. Car la France tranquille qui se lève s’est émancipée des interdits de penser imposés depuis quarante ans. La maréchaussée médiatique avait cru voir dans la Manif pour tous le chant du cygne d’une nation ringarde et moribonde, en dépit de ses centaines de milliers de manifestants. Les propagandistes avaient préféré faire la promotion de Nuit debout, cette minirebellion d’une gauche zombie qui enfilait des perles, place de la République, devant des journalistes subjugués. En réalité, Fillon est en passe de transcender une mobilisation lancée contre le mariage homosexuel pour en faire, au nom du bon sens pour tous, une résistance aux idéologies. Même si le Sarthois, pudique, est à l’opposé du Donald Trump tonitruant, les deux personnalités se retrouvent dans le rôle de porte-voix d’un électorat abandonné par un Système dont ils font paradoxalement partie. Tous deux veulent soustraire leur nation des mains des démolisseurs.
Les attaques mesquines que Juppé porte à Fillon détournent du véritable enjeu. La fracture entre eux deux, qui débattaient jeudi soir, est dans leur conception de la nation et de ses rapports avec l’islam. Quand Juppé dit rejeter "l’assimilation qui veut nous rendre tous semblables", il tire un trait sur la France française que Fillon entend préserver. En fait, les électeurs vont avoir à trancher, dimanche, entre l’historique conception unitaire et identitaire de la nation et une conception multiculturaliste et éclatée. Le modèle que défend Juppé, favori en Seine-Saint-Denis, n’est pas un obstacle au développement de l’islam politique. Le promoteur de "l’identité heureuse" s’obstine pourtant à en minimiser les dangers, récusant un choc des civilisations. Or c’est cet affrontement, né d’une idéologie de conquête relancée au nom de la charia et du califat, qui martyrise les chrétiens d’Orient défendus par Fillon. L’engagement de ce dernier à résister au "totalitarisme islamique", ce nouveau nazisme, et à interdire en France les mouvements liés au salafisme et aux Frères musulmans, contribue à son envol.

Paru dans Le Figaro, 25 novembre 2016
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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