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Les naufrageurs de l'Ecole pérorent encore
 
"Le niveau monte !" disaient-ils, parlant de l’Ecole. Ces idéologues à la vue basse contemplent les désastres. Non seulement la France a décroché en maths et en sciences, selon une enquête internationale publiée le 29 novembre, mais le pays est devenu champion des inégalités scolaires, selon l’enquête Pisa de l’OCDE dévoilée mardi. A l’origine de ce champ de ruine, une brassée de bons sentiments déversés depuis les années 60 au nom de l’égalitarisme et de la massification, de l’épanouissement de l’élève, du respect des cultures minoritaires, de l’ouverture à l’Autre, du progressisme libératoire.
Déjà, en 1967, Alain Peyrefitte, ministre de l’Education nationale sous Charles de Gaulle, proposait de supprimer le cours magistral, les leçons à apprendre par cœur, les devoirs à la maison, le latin en sixième et en cinquième. Du pouvoir des communistes, installés en influents tuteurs de l’Education nationale dès 1945 après le "pacte faustien" (1) passé par De Gaulle avec Maurice Thorez, en est resté, dans les couloirs de la rue de Grenelle, un mépris de la culture bourgeoise, des "héritiers", de la transmission des savoirs. Cela fait cinquante ans que l’enseignement public sombre doucement, saccagé par les Diafoirus qui ont oublié que la mission de l’Ecole était d’abord d’apprendre à lire, écrire et compter et non de former de bons petits citoyens du vivre ensemble. Aujourd’hui, nombreux sont les jeunes des cités qui se trouvent assignés à leur condition de Français de second rang par la sottise des belles âmes qui ont jugé utile de supprimer les notes et d’abaisser les niveaux d’exigence. Jamais les écoles élitistes ne se sont mieux portées.

Il serait trop simple d’accabler la seule Najat Vallaud-Belkacem, même si les réformes de la ministre de l’Education s’inscrivent dans la continuité d’une "école citoyenne" qui marche sur la tête. Gauche et droite sont responsables de la destruction de l’enseignement, que confirment toutes les enquêtes internationales depuis des années. Innombrables sont les livres de professeurs qui, depuis bientôt 20 ans, ont tenté de sonner l’alarme en vain. Relire ce qu’écrivait le mathématicien Laurent Lafforgue (médaille Fields 2002) en novembre 2005 fait mesurer l’incompréhensible indifférence de la classe politique confrontée au naufrage promis aux jeunes élèves défavorisés. Tout juste nommé, par Jacques Chirac, au Haut Conseil à l’Education, Lafforgue allait être prié d’en démissionner pour avoir dénoncé l’emprise des "experts de l’Education nationale", appelés à son chevet alors qu’il accusait cette "Nomenklarura" d’être la première responsable de son état. Lafforgue : 'Pour moi, c’est exactement comme si nous étions un "Haut Conseil des Droits de l’Homme" et si nous envisagions de faire appel aux Khmers rouges pour constituer un groupe d’experts pour la promotion des Droits Humains'. Ce qu’il disait à l’époque contre "ces politiques inspirées par une idéologie qui consiste à ne plus accorder de valeur au savoir" pourrait se réécrire dans des termes identiques. Cette folie collective n’a pas de sens. Seule une révolution des mentalités sauvera l’Ecole française, victime d’un monde ubuesque qui pérore encore. Mais qui saura mener à bien le grand chambardement ?


(1) Claude Bouchy, L’ombre portée du Général, effets secondaires du gaullisme aujourd’hui Les éditions Amalthée
blog.lefigaro.fr/rioufol, 7 décembre 2016
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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