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"Une diminution liée à la perte de confiance des Français dans la politique familiale"
 
Le Recteur Gérard-François Dumont est géographe et démographe, professeur à l’université de Paris-IV Sorbonne.
 
LE FIGARO. - Les coups de rabot du gouvernement dans la politique familiale ont-ils joué un rôle dans cette nouvelle baisse des naissances et de la fécondité ?
Gérard-François DUMONT. - La baisse des naissances et de la fécondité est incontestable. C’est une nouvelle tendance, liée à la perte de confiance des Français dans la politique familiale, rabotée à plusieurs reprises ces dernières années. L’attitude de fécondité des populations est liée au degré de confiance dans la politique familiale et dans sa pérennité. Cette politique a été structurellement remise en cause ces dernières années par la mise sous conditions de ressources des allocations familiales. Elle s’est détériorée à deux niveaux. Le premier, c’est la baisse du pouvoir d’achat des couples qui veulent un premier enfant ou un enfant de plus. Le second, c’est la diminution des aides permettant de concilier vie professionnelle et vie familiale comme la baisse du complément de mode de garde (un ­financement de la CAF pour aider à payer une nounou à domicile, NDLR).

Le nombre de places de crèche a cependant augmenté depuis quatre ans…
Certes, le gouvernement a annoncé une hausse du nombre de places en crèches, mais cela ne suffit pas à répondre aux besoins. Par ailleurs, le métier d’assistante maternelle est moins encouragé et leur nombre a chuté. Il ne faut pas oublier que l’État a ponctionné plus de 11 milliards sur les dotations globales de financement des collectivités locales sur trois ans. Un certain nombre de ­communes ont annulé ou retardé des projets de création de crèches collectives ou de réseaux d’assistantes maternelles.
Tous les démographes ne partagent pas votre analyse sur l’influence à court terme de la politique familiale sur la natalité…
Si l’on regarde l’évolution de l’indice de fécondité depuis les années 1980, on se rend compte qu’il est toujours corrélé aux décisions de politiques familiales. Ce n’est pas un phénomène uniquement français. Les indices de fécondité de nos voisins européens sont également liés à ces décisions. Le seul contre-exemple, c’est l’Allemagne. Sa politique familiale généreuse n’est pas suivie d’effets, car le versement d’allocations dès le premier enfant a une faible efficacité. C’est également un pays où, contrairement à la France, l’enfant est moins bien accepté s’il naît hors mariage et où la conciliation de la vie familiale et professionnelle des femmes est mal acceptée.

Le contexte économique morose et le taux de chômage ont-ils contribué à faire chuter la natalité ?
La crise a commencé en 2008, et elle n’a pas eu d’effet en France sur les naissances dans les premières années, car la politique familiale a joué son rôle protecteur. À l’inverse de l’Espagne, par exemple, où les jeunes couples ne menaient pas à bien un projet d’enfant, car ils ne parvenaient pas à s’installer dans leur propre logement.

La baisse du nombre de femmes en âge de procréer est un autre facteur d’explication…
C’est un élément, mais non la raison principale de cette baisse de la fécondité. On peut noter une légère diminution du nombre de femmes en âge de procréer en 2016. Cet héritage démographique existe, mais il faut aussi prendre en compte la dynamique migratoire. Dans le cadre du regroupement familial, un certain nombre de femmes relativement jeunes et en âge de procréer arrivent aussi en France. Globalement, la baisse du nombre de femmes en âge d’avoir des enfants est donc homéopathique.

La baisse de la fécondité est-elle une tendance réversible ?
Si l’on redonne confiance aux familles en rebâtissant la politique familiale, il me semble que l’indice de fécondité pourra remonter.

Paru dans Le Figaro, 18 janvier 2017
DUMONT  Gerard-Francois

Né le 20 mai 1948
Marié – 4 enfants
 

Géographe,
Professeur d'université à la Sorbonne


Docteur d’Etat ès sciences économiques
Institut d’études politiques de Paris
Institut d’administration des entreprises

Directeur de banque (1973-1987)
Professeur à l'Université de Paris IV - Sorbonne (1988-1996)
Recteur d’Académie, Chancelier des Universités (1996-1998)
Professeur à l'Université de Paris IV – Sorbonne - Institut de Géographie (depuis 1999)
 
Président de l’Institut de démographie politique (depuis 1980)
Directeur du séminaire d’Alfred SAUVY au Collège de France (1980-1989)
Fondateur de l’Institut de recherches et d’études familiales (1983)
Administrateur de la Fédération des familles de France (1986-1996)
Président de l’Institut de recherche immigration et société (depuis 1987)
Administrateur de la Société de Géographie (depuis 2000)
Président de l’association reconnue d’utilité publique Population & Avenir (depuis 2000)
Membre du conseil national de l’information statistique (2002)
Directeur de séminaire au Collège interarmées de défense (CID) (2003)
Vice-président de l’Association pour la promotion de la langue française
Membre du Comité des experts de l’Observatoire des retraites
Expert après du Comité économique et social européen
 
Ouvrages
La Franceridée (1979) – Prix Renaissance
L’Enjeu démographique (1981)
Démographie politique (1982)
La Tragédiede la France (1983)
La Montéedes déséquilibres démographiques (1984)
Malthus, hier et aujourd’hui (1984)
Pour la liberté familiale (1986) – Prix de l’Académie d’éducation et d’études sociales
Le Festin de Kronos (1991)
Démographie. analyse des populations et démographie économique (1992)
Economie urbaine (1993) – Prix de la Société de géographie
La Retraitedes cadres et l’avenir du système par répartition (1994)
L’aménagement du territoire (1994)
Le monde et les hommes (1995)
Les migrations internationales (1995)
Les spécificités démographiques des régions et l’aménagement du territoire (1996)
L’identité de l’Europe (1997)
L’Arc alpin, Histoire et géopolitique d’un espace européen (1999)
Les racines de l’identité européenne (Préface de José Maria Gil-Robles, Président du Parlement européen) (1999)
Francia y los franceses, Madrid, Acento Editorial (2000)
La population de la France, des régions et des DOM-TOM, (2000)
Géographie de la France (2002)
Les régions et la régionalisation en France (2004)
Les populations du monde (2004)
Les territoires face au vieillissement en France et en Europe (2006)
Démographie politique. Les lois de la géopolitique des populations (2007)

Nombreuses collaborations
     plus de 420 publications dans une quinzaine de langues

Principales responsabilités éditoriales
Directeur de la revue Population et Avenir
Membre du Conseil scientifique de la revue Géostratégique.
Membre du conseil scientifique de la Revue française de géopolitique.
Président du Conseil scientifique de la revue Agir.
Membre de l’Advisory council de la revue Bulletin of geography de l’Université Nicolas Copernic de Torun (Pologne)
Membre du Comité académico de la RevueEstudiossociales contemporáneos (Université Nacional de Cuyo, Argentine)
Membre du Comité de Rédaction de Geopolitical Affairs (Londres)

Distinctions
Chevalier de la Légion d’honneur
Officier dans l'Ordre national du Mérite
Médaille du Mérite Européen.
Grande médaille de vermeil de la ville de Paris.

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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