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L'égalitarisme, ce mal français

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Fiscalité : l'égalitarisme, ce mal français
 
Le mal français demeure l’égalitarisme, ce plombant héritage de la Révolution française. C’est au nom de ce communisme non avoué que l’Ecole s’est effondrée en supprimant la sélection des élèves. C’est en son nom que la nation n’ose plus hiérarchiser le citoyen et l’étranger, la majorité et la minorité. C’est en son nom que se créée une société ouverte, indifférenciée et remplaçable qui pousse à s’emparer de ce qui appartient aux riches pour rapprocher ceux-là des pauvres : une absurdité qui pousse évidemment les plus aisés à quitter le pays. De ce point de vue, l’Impôt sur la fortune a été comparable à la révocation de l’Edit de Nantes en favorisant l’exil des entrepreneurs et des talents. Ces quinze dernières années, l’ISF a fait fuir 15 000 contribuables, qui représentent 35 milliards d’euros de capital, selon les chiffres rappelés ce mercredi dans Libération par le premier ministre, Edouard Philippe. Il est loisible d’applaudir à la décision du gouvernement de supprimer partiellement cet impôt rageur et ravageur, en faisant sortir les biens mobiliers de la sur-imposition. On peut néanmoins regretter la décision de maintenir l’imposition sur les biens immobiliers : ce choix confirme la méfiance que porte le macronisme aux enracinements et aux héritages, au profit d’un court-termisme fluide et bougiste.
Reste que la passion égalitaire, travers français, est en train de rendre inefficace la timide percée du pouvoir contre l’ISF. Devant les protestations de la gauche pavlovienne, qui dénonce un cadeau fait aux riches, le gouvernement a donné son accord de principe à une taxation supplémentaire des "signes extérieurs de richesse" des biens meubles comme les bateaux et les voitures de luxe ou les chevaux de course. Outre qu’il est difficile de déterminer ce qu’est le début d’un signe ostentatoire, l’imposer encore plus ne réglera évidemment rien de la condition de ceux qui sont dans le besoin. Pire : une telle décision sera comprise comme un message négatif pour ceux qui envisageraient un rapatriement de leur fortune. Il n’y a plus que 79 yachts de plus de 24 mètres à être immatriculés en France. Il y en aura encore moins demain si une telle mesure imbécile devait être votée par les parlementaires pour tenter de calmer les jalousies sociales. Car c’est bien ce sentiment peu glorieux, la jalousie, qui est le ressort de l’égalitarisme français. Alors que l’Anglais, l’Italien, l’Allemand respectent et applaudissent la réussite économique et son émulation, le Français se laisse caricaturer dans l’envie et le ressentiment. La "révolution" macronienne est en marche... arrière.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 4 octobre 2017
RIOUFOL Ivan

Né le 12 septembre 1952
Marié – 2 enfants
 

Journaliste


Université de Nantes
Diplôme d"études approfondies (DEA) de droit maritime et aérien
 
Au Figaro:
            Grand chroniqueur et Membre du comité éditorial (depuis 2000)
            Rédacteur en chef - informations générales (1995-2000)
Rédacteur en chef adjoint (1992-1994)
Chef de service (1990-1992)
Responsable de la rubrique Confidentiel (1988-1990)
Grand reporter (1985-1987)
Correspondant du Quotidien de Paris (1976-1984)
                        Du Journal du Dimanche
                        De Forum international
Journaliste à Presse-Océan
 
Ouvrages
La Tyrannie de l'impudeur (2000) - La République des faux gentils (2004) - Chroniques d'une résistance (2005) - La fracture identitaire (2007) - Où va la France ? (2008) - Chronique d’une année de crise (2009) - La démocratie d’apparence (ouvrage collectif) (2009) - Allez-y sans nous (ouvrage collectif) (2009) - De l'urgence d'être réactionnaire (2012) - A la recherche du peuple perdu (2011) -  Touche pas à ma France (2014) - Poings sur les i (2015) - La Guerre civile qui vient (2016) - La nouvelle révolution française (2016) -

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