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... incapables de réagir vite ?

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Pourquoi sommes-nous incapables de réagir vite ?
 
Les problèmes se bousculent, les dettes s'accumulent et pourtant nous sommes plutôt sur la bonne voie. Les ennemis de Macron ne pourront pas nier que les efforts faits n'avaient même pas été envisagés depuis 15 ans. On a tant bien que mal réformé la SNCF (d'accord on aurait peut-être pu faire mieux). On a touché au Code du Travail : la Loi Pacte, bien qu'imparfaite est une avancée. On fait sauter le numerus clausus (c'est déjà ça même si on ne peut accepter de n'en voir le résultat que dans plusieurs années) L'Education Nationale repart du B.A.BA et il le fallait bien. On a symboliquement supprimé l'ISF au grand dam des gilets de toutes les couleurs, mais c'est nécessaire, même si on se serait bien passé de 
l'IFI (impôt sur la fortune immobilière)qui va ralentir le secteur.
 
Ceux qui pleurent le deuil de François Fillon ont beau jeu de brandir son programme de rêve libéral dont il n'aurait probablement pas dépassé la 4e page. Actons quand même que ce sont les Français qui sont ingérables et il ne s'agit pas de montrer le voisin du doigt : la paille et la poutre... Donc, reconnaissons-le, 
Emmanuel Macron fait à peu près le boulot et ce qu'il peut, certes avec des gaffes, des erreurs, des fautes de communication et avec le personnel politique qu'il a (vous avez tellement mieux ?) et puis des contraintes immenses.
Tout manager dans l'âme comprend et a de la compassion pour le chef de l'Etat : la solitude du chef d'entreprise, ils connaissent. En l'occurrence, nous sommes tous des Jupiter en puissance ! Quel patron ne connaît pas la colère qui monte lorsque les instructions ne sont pas respectées, lorsqu'on nous répond que " ça ne va pas être possible " avant d'avoir essayé, lorsqu'il faut réduire le budget d'un service et vaincre la résistance au changement ; lorsque le refus d'une augmentation provoque un arrêt maladie (qui n'encombrera pas les urgences). Lorsqu'en réunion on demande les chiffres et qu'on vous donne des explications vaseuses parce que les objectifs ne sont pas atteints, etc. Ajoutez à cela, pour le président de la République, la multiplication des aléas en tous genres, les entraves, les grèves et à l'échelle d'un pays. Cela vaut bien un peu de bienveillance sans doute ?
 
 
La fin de la première partie libérale ?
Oui, mais ... le patronat est las de réclamer en gémissant dans le vide, la baisse des dépenses publiques qui reste le vieux démon intouchable de l'anti libéralisme. L'inquiétude monte dans le monde économique car le président apparaît comme de moins en moins libéral, depuis peu il s'est auto-proclamé en charge du placement des chômeurs alors que la fonction assurantielle du dispositif relevait jusqu'ici de la seule négociation paritaire entre salariés et employeurs. 
Emmanuel Macron et Edouard Philippe changent-ils de cap pour un virement politique vers une gauche étatiste, en imposant par exemple aux partenaires sociaux une révision brutale des critères d'indemnisation (la durée de cotisation minimale pour être indemnisée serait allongée de deux mois) ? On peut comprendre les soucis d'économie qui inspirent ce choix. Et qu'a voulu dire le Président en évoquant " l'ordre public social " ? Protection sociale pour tous d'ici à 2030, salaire minimum défendu au niveau européen, création au G7 d'un fonds à impact social et environnemental…. Pas besoin d'aller à Genève pour constater les dérives du capitalisme contre lesquelles Emmanuel Macron met en garde en faisant l'apologie des droits sociaux, alors que le paysage politique français peine à s'éclaircir… La fin de la première partie libérale ?
Nous sommes d'accord : il faut remettre l'humain au cœur du système et charité bien ordonnée commence par soi-même : les 
hôpitaux
 français sont un bon exemple d'incapacité dans l'action depuis des années, alors il faut agir ! Or, la gestion du pays en la matière est une parfaite illustration de cette gestion étatique, avec les mêmes méthodes, la même lenteur, les mêmes annonces et la même absence de résultats ! Nous restons englués par les forces d'inertie qui pèsent de toutes parts ; ce sont ces digues qu'il faut d'abord faire sauter. Il faut innover, passer par-dessus les faux interdits, bousculer, virer ceux qui s'opposent par paresse ou nonchalance, remplacer l'esprit de corps par l'esprit d'entreprise. Et puis ne plus accepter la relation politique au temps qui ralentit tout et désespère les Français.
 
C’est tout de suite qu'il faut des résultats
En matière de santé on ne peut pas jouer avec la vie des gens en rentrant dans des process infinis, des autorisations, des consultations, des objections administratives et pseudo juridiques. Pourquoi ce temps perdu ? Un train de sénateur de l'ancien monde alors que les entreprises sont de plus en plus réactives, rapides, et résolvent les problèmes les plus insolubles. Vite ! Il y a urgence et urgence vitale. Nous ne voulons plus entendre les descriptions de ces personnes âgées oubliées sur un brancard aux urgences, nous ne voulons plus ces heures d'attentes d'urgences encombrées...  Il faut s'y prendre autrement et immédiatement ! Faire sérieusement appel au privé, et à son efficacité, lancer des appels d'offre en nombre et sur tout le territoire pour des maisons de santé, des centres de soins, mettre d'urgence en place des plateformes téléphoniques médicales d'écoute et d'orientation (cela marche très bien ailleurs). Imposez des permanences 24h sur 24 à certains cabinets médicaux... Et puis pour une fois, une seule : desserrez les cordons de la bourse à Bercy ! C'est bien le seul secteur qui pourrait mériter que l'on creuse un peu la dette. Nous connaissons tous ces médecins hospitaliers qui prennent à peine un week-end sur deux, ces infirmières pour qui les RTT sont un fantasme, les internes en dépression parce qu'ils outrepassent leur niveau de compétence ... ce ne sont pas des fonctionnaires comme les autres, nous en sommes tous conscients.
C'est donc d'organisation et de management dont on a besoin et c'est maintenant et tout de suite qu'il faut des résultats. Il faut manager, challenger les directeurs d'hôpitaux, prendre des grands cabinets de consultants, donner des consignes immédiates et applicables dans le mois. Il faut que les Français voient et éprouvent la différence, qu'on les informe, qu'on leur donne des solutions alternatives, que l'on passe des accords avec des établissements privés pour renvoyer des urgences tous ceux qui n'ont rien à y faire. C'est un branle-bas de combat général qui est indispensable et que nous attendons, il faut tout se permettre, les syndicats râleront mais les Français suivront... Et ce sera le début du vrai changement.

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 13 juin 2019
MENTHON de Sophie


Chef d’entreprise
Présidente d'ETHIC  (depuis 1995)  (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance)
Membre du Conseil économique, social et environnemental (CESE)
 

   
Crée la "Fête des Entreprises", sur le thème : "J’aime ma boîte !"
     qui se renouvelle chaque année au mois d’octobre (depuis 2003).

A son initiative,
 1ère édition du congrès ETHIC FIRST au Palais des Nations Unies de Genève (2009)
     (512 participants issus de 23 pays,
     autour du thème : La Responsabilité Sociale des Entreprises en période de crise économique.
3ème édition du congrès ETHIC FIRST à Novancia (21 juin 2012)

S’est toujours investie dans la vie associative pour promouvoir l’entreprise privée.
A 21 ans, crée sa première entreprise de marketing téléphonique Multilignes Conseil (1969)
     Présidence jusqu’en 2004.
Lance le premier Syndicat du Marketing Téléphonique (SMT) (1979)
Rédige un code déontologique
     qui régit aujourd'hui la profession en France et dans plusieurs pays d’Europe.

Admise dans la réserve citoyenne avec le grade de Colonel
     Rattachée au corps des Officiers de la Gendarmerie Nationale (2007).

Nommée par le Président de la République au Conseil Economique, Social et Environnemental
     au titre de personnalité qualifiée (depuis 2010)
Membre de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (OFCE) (depuis 2010)
Mission sur la Responsabilité Sociétale et Environnementale des entreprises (RSE)
     à la demande de Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé
     qui a donné lieu à unguide pratique illustré à destination des PME (20 000 exemplaires)
A souhaité présenter
     20 mesures d’urgence à prendre par le nouveau Président de la République (2012).
 
Intervient dans l’émission
     "Les Grandes Gueules" sur RMC
     "Les Experts du 9h-10h" sur BFM.
 
Ouvrages
Dans la collection Le monde d'aujourd'hui expliqué aux enfants 
(Editions Gallimard Jeunesse, qu’elle fonde avec sa fille Alexia Delrieu et avec qui elle écrit en tandem)
Illustrations : Clotilde Perrin puis Alice Charbin puis Henri Fellner :
La Police(2006)
L'Argent(2006)
     Prix de la Presse des jeunes au Festival de Montreuil 2007.
La Politique(2006)
La Publicité(2006)
L'Europe(2007)
La Justice(2008)
L'Entreprise(2008)
Le Supermarché(2009)
La beauté(2010)
Dangers (2010)
L'Armée (2011)

Distinctions
Officier de l'Ordre de la Légion d'Honneur
Commandeur de l’Ordre National du Mérite

Adossée à des fondamentaux politiques avérés. Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique.

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