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Nouvelle cordée : chômage, mode d'emploi
 
Le documentaire de Marie-Monique Robin conte une expérience inédite visant à redonner du travail à des malmenés. Captivant.
 
Jusqu'au 3 janvier 2017, Sébastien, Pierrick, Anne et les autres, tous habitants de Mauléon (Deux-Sèvres), étaient au chômage, et sérieusement malmenés par la vie. Mais ce jour-là, la création de l'Esiam (Entreprise solidaire d'initiatives et d'actions mauléonaise) a tout changé. Ils sont devenus les premiers salariés de cette entreprise à but d'emploi, et les pionniers d'une aventure économique et humaine passionnante. "Un moment de grâce absolument inoubliable", dit Marie-Monique ROBIN, réalisatrice de Nouvelle cordée. Ils sont à la fois les acteurs et les narrateurs de ce documentaire qui vaut beaucoup de "feel good movies", avec son dynamisme et sa générosité communicatifs. Mais en plus, c'est vrai !
 
L'exposition mêle habilement la présentation des personnages et l'explication du projet. Empathie immédiate. Au début, ils se retournent sur leur passé proche. En 2015, chacun est isolé, prisonnier d'une histoire personnelle douloureuse. Sébastien, ancien agent hospitalier seul en charge des malades la nuit, a contracté une hernie discale paralysante qui a entraîné son licenciement. Anne, secrétaire médicale surchargée, a fait un burn-out. Pierrick, qui a perdu sa femme dans un accident de voiture, a dû abandonner son métier de chauffeur routier pour s'occuper de leurs deux petites filles et n'a pu trouver de travail à temps partiel. On regarde avec émotion ce jeune père de famille accompagner les enfants à l'école avant d'affronter une journée solitaire à la maison. Sylvie, Magali, Claire, Philippe, tous ont été jetés par la vie hors du circuit professionnel. Quand le maire leur parle de faire de Mauléon un "territoire zéro chômeur", certains restent sceptiques, ça paraît un peu utopique, mais c'est quand même un rayon de soleil tombant sur leurs galères.
Ils ont vite fait d'adopter les trois principes de Patrick VALENTIN, d'ATD Quart Monde, à l'origine du projet : 1. Personne n'est inemployable. 2. Il y a du travail. 3. Il y a de l'argent. L'idée est de monter une "entreprise à l'envers" : d'abord on embauche les chômeurs en CDI au smic. Ensuite on invente le travail adapté à leurs compétences, qui ne doit pas concurrencer les entreprises locales. Le financement ? Une redistribution des aides de l'État (chaque chômeur coûte annuellement 18.000 euros à la société). Pour cela, il faut une loi qui sera adoptée en 2016, à force de mobilisation des élus et des chômeurs. Pendant ce temps, à Mauléon, on se prépare, on répertorie les activités possibles. Les idées fusent : de la création de randonnées au tri des déchets d'une usine de confection, avec récupération des chutes de tissu et atelier de couture pour les transformer en sacs.
 
Le scénario est passionnant et construit de main de maître par Marie-Monique ROBIN, qui n'en est pas à son coup d'essai. On doit à cette enquêtrice hors pair des documentaires offensifs qui ont fait date, sur Monsanto aussi bien que sur les escadrons de la mort en Argentine.
Pour conter l'expérience inédite de Mauléon, qu'elle a suivie depuis le début, en évitant tout didactisme, elle adopte une écriture organique, incarnée, qui laisse croître le film naturellement au fil des saisons. Une belle photographie rend éloge aux paysages et aux personnages. Il y a des moments d'action entraînants, des phases de suspens, d'attente. Il y a surtout les liens qui se nouent entre ces isolés, l'ordre fécond et joyeux qui se crée au fur et à mesure que chacun trouve sa place : ensemble, c'est tout. On voit s'éclairer les visages. Nouvelle cordée montre la solidarité en acte, et c'est captivant.

Paru dans Le Figaro, 20 novembre 2019
Publié dans A tout un chacun
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Les forces de la réaction mondialiste défaites en rase campagne, ou l’Austerlitz de Boris Johnson
 
Je dois l’avouer, j’ai un faible pour Boris JOHNSON (BOJO) et pour une raison très simple : il est tout ce que j’aime chez les Anglais. Le personnage est foutraque, désorganisé, extrêmement cultivé, intimement convaincu d’être absolument unique et totalement imprévisible, ce qui fait que tous ceux qui, eux, sont complètement prévisibles le méprise autant que ROMMEL méprisait MONTGOMERY ou NAPOLEON les "boutiquiers Anglais". Et chacun doit se souvenir ici de qui a gagné en fin de parcours…
Car, comme d’habitude, le désorganisé vient d‘infliger aux forces prévisibles de la réaction une défaite en rase campagne, tant celles-ci-ci ne s’attendaient pas à le voir apparaitre là où il est, un peu comme les troupes autrichiennes au matin de la bataille d’Austerlitz quand elles ont vu les troupes de NAPOLEON se pointer là où elles ne les attendaient pas.
Bien sûr, je peux me tromper tant cette histoire est compliquée et après tout je ne suis pas un juriste spécialiste du droit Anglais, et cela ne serait pas la première fois que cela m’arriverait, mais je veux expliquer quand même comment Boris a peut-être roulé dans la farine tous ses opposants, tant je trouverais l’histoire amusante si par hasard j’avais raison.
 
Commençons par un rappel.
En trois mois, BoJo (Boris JOHNSON) a obtenu plus de résultats que Madame MAY en trois ans.
D’abord, il a obtenu la réouverture de vraies négociations. Jusqu’à son arrivée, la thèse de JUNCKER et autres BARNIER était simple : les accords signés par Madame MAY étaient les meilleurs possibles et rien ne devait changer. En un rien de temps, il a fait sauter ce verrou.
Ensuite, il a fait disparaitre le cadre des négociations acceptée par Mrs. MAY, le fameux back stop. Grosso modo, la Grande-Bretagne avait accepté de rester dans l’union douanière, de continuer à payer sa quote-part au budget européen tout en n’ayant plus aucune participation à la prise de décisions par les autorités de Bruxelles et en restant sous le joug des cours européennes de justice. Il s’agissait d’une capitulation en bonne et due forme et en aucun cas d’un Brexit. Tout cela a été abandonné.
Dans le nouvel accord accepté par les Européens, l’île comprenant l’Angleterre, le pays de Galles et l’Ecosse sort définitivement de l’Union Européenne et retrouve sa totale souveraineté juridique, ce qui est essentiel. En plus de retrouver sa souveraineté juridique, la Grande-Bretagne sort complètement aussi de la zone douanière européenne et retrouve sa liberté de signer des accords commerciaux avec qui elle veut et quand elle veut. Nous avons donc affaire à un vrai  Brexit.
Pour L’Irlande du Nord, elle doit se conformer aux accords du vendredi Saint ayant mis fin à la guerre civile en Ulster or cet accord prévoit qu’il ne peut pas y avoir de contrôle des marchandises ou des personnes entre les deux Irlande… Une solution compliquée a été trouvée qui sauvegarde les intérêts de l’Ulster puisque le Parlement de l’Ireland du Nord pourra remettre en cause ces accords une fois tous les quatre ans si ce Parlement le souhaite.
En contrepartie, la Grande-Bretagne s’engage à payer les 39 milliards de sterling réclamés (sans aucune justification) par les européens, à ne pas se livrer à un dumping social, monétaire, écologique ou fiscal contre les autres pays européens et à organiser la sortie de la Grande-Bretagne de l’Europe au travers d‘un processus un peu plus lent que ce qui était prévu au départ.
- La conclusion est simple : l’accord de madame MAY n’avait rien à voir avec un Brexit.
- L’accord négocié par BOJO et accepté par les Européens est un Brexit en bonne et due forme et n’a strictement rien à voir avec ce qui avait été signé auparavant.
Reste à le faire passer devant le Parlement Britannique, où 75 % des parlementaires avaient voté contre le Brexit, ce qui n’est pas une mince affaire.
Et c’est là où cela devient amusant.
 
Les "remainers", c’est-à-dire ceux qui étaient contre le Brexit, pour empêcher BOJO de "jouer la montre" avait fait passer une loi qui précisait que si le Parlement refusait de voter en faveur du projet de BOJO, alors le premier ministre en place devait demander une prolongation d’au moins trois mois pour que les négociations puissent continuer et pour se faire devait envoyer une lettre à la Commission demandant une prolongation jusqu’au 31 Janvier 2020.
L’idée des partisans du maintien en Europe étant bien sûr que, de refus en refus, les électeurs se lasseraient peut-être et que le Brexit finirait par ne pas avoir lieu.
Le parlement ayant collé un amendement qui valait refus au projet de Brexit qui vient d’être présenté aux députés à Londres, BOJO a donc rédigé la lettre comme il s’y était engagé, mais a refusé de la signer et y a joint une autre lettre, signée celle-ci, demandant à ses partenaires du continent d’expliquer aux parlementaires britanniques qu’il n’y a plus rien à négocier et que c’était à prendre ou à laisser.
- Ce qui met les européens dans une situation difficile puisque dans la déclaration européenne des Droits de l’Homme, dont la Grande-Bretagne est signataire, il y a un article qui prévoit que si un chef de gouvernement est forcé de signer contre ses convictions un traité, alors ce traité est nul et non avenu. Ce qui est exactement le cas de la loi forçant BOJO à écrire sa lettre.
- Et ce qui met surtout les "remainers" dans une situation impossible. En effet, le seul choix qui leur reste est soit de voter pour le plan de BOJO, soit de refuser de voter pour ce plan et dans ce cas de figure, comme il est déjà trop tard pour changer de Premier Ministre ou pour dissoudre le Parlement, nous aurions une sortie de la Grande-Bretagne sans aucun accord  le 31 Octobre au soir.
Et donc le choix est simple : ou tous les traitres à la nation qui s’opposaient à la volonté populaire en utilisant artifice de procédure après artifice de procédure votent pour le Brexit de BOJO, ou bien alors, la Grande-Bretagne sort sans aucun accord.
Pour être clair, BOJO leur dit : "La maison est en feu, vous préférez sauter du dixième ou du vingtième étage ?"  En connaissant un certain nombre, je n’ai aucun mal à imaginer leur rage à l’idée de s’être fait piéger comme des rats par quelqu’un qu’ils méprisent, car ces gens-là méprisent tous ceux qui aiment leur pays qui par définition, ne peuvent être “que des imbéciles faciles à tromper”.
Tout cela est tellement bien ficelé que j’en suis à me demander si BOJO dont la majorité ne tenait que grâce aux dix députés "DUP" de l’Irlande du Nord n’aurait pas demandé par hasard à ces braves gens de voter contre son gouvernement lors du dernier vote pour que les termes du choix soient aussi clairs que possibles : ou mon accord, ou pas d’accord du tout, ce qui serait encore préférable. Car après tout, je suis bien persuadé que BOJO en son for intérieur ne verrait aucun mal à une sortie sans accord qui lui permettrait d’économiser 39 milliards de sterling, ce qui n’est pas rien. Et si une sortie brutale devait se produire, ce ne serait pas, hélas, de son fait mais bien à cause des "remainers" qui ont amené à la catastrophe d’une sortie sans accord en tombant dans les pièges qu’ils avaient creusé pour ce pauvre Boris…

Ce qui m’amène à mon souci principal souci habituel : Comment gagner de l’argent sans travailler ?
La réponse est simple.
Le temps est venu de surreprésenter la Grande-Bretagne dans les portefeuilles en vendant par exemple l’Allemagne, quoique je doute que beaucoup de lecteurs de l’IDL aient la moindre action allemande…Pour être bref, cela fait deux ans que la bourse dit de vendre l’Allemagne et d’acheter la Grande-Bretagne, le plus bas relatif ayant été atteint en Novembre 2017, mais il n’est pas trop tard puisque nous sommes encore à plus d’un écart type de la moyenne historique de la relation, la bourse britannique étant de 20 % sous-évaluée par rapport à la bourse allemande…
Et ce qui est vrai de l’Allemagne est vrai des autres pays de la zone Euro. Ayez votre cash en sterling et vos actions en sociétés domestiques Anglaises, mais continuez a éviter les banques et si vous le pouvez, le moment est venu d’acheter de l’immobilier à Londres.

Paru sur institutdeslibertes.org, 21 octobre 2019
Publié dans Avec l'Europe
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Idéologie et énergie
 
Avant il y avait un ministère de l’Energie, maintenant il y a un ministère de la Transition Ecologique et Solidaire, on est passé de la gestion rationnelle à l’idéologie.
Le nucléaire produisait dans d’excellentes conditions de l’électricité bon marché et abondante mais les écolos n’en veulent pas et sont bien décidés à en avoir la peau.
La loi no 2015-992 du 17 août 2015 "relative à la transition énergétique pour la croissance verte", son intitulé suffit à en comprendre l’esprit, prévoit de réduire la part du nucléaire de 75 % à 50% sans aucune justification d’autant que l’énergie nucléaire ne produit pas de CO2. Cela entraine l’arrêt de réacteurs pouvant encore produire de nombreuses années et le retard de nouvelles constructions.
On s’en prend à deux symboles : la centrale de Fessenheim et le réacteur de Flamanville.
La centrale de Fessenheim a le seul tort d’être la plus ancienne des centrales en service et d’être dans le collimateur des Allemands et des Suisses, elle peut encore fonctionner de nombreuses années moyennement refonte.
Le réacteur en construction à Flamanville est un EPR dit de 3ème génération dont la construction se heurte à des surcoûts, d’importants retards et des malfaçons. Des EPR ont été construits en Chine et sont maintenant en exploitation, leur principe n’est donc pas en cause. Les problèmes viennent d’un arrêt de construction de réacteurs depuis plus de 15 ans, entrainant une perte de savoir-faire, du renforcement des normes de sécurité à la suite des catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima et d’un chantier mal conduit. Pour les écolos c’est le cheval de Troie de la lutte contre le nucléaire : il ne faut pas construire de nouveaux réacteurs avant la mise en service de Flamanville. Cela se comprendrait si l’énergie nucléaire n’avait pas fait ses preuves, mais des centaines de réacteurs de la même filière sont en service ou en construction à travers le monde dont 58 en France. Flamanville est un problème ponctuel non significatif, ne remettant pas en cause la production d’électricité nucléaire. Néanmoins deux décisions sont prises à la grande satisfaction des écolos : on ferme Fessenheim sans attendre et on attend la mise en service de Flamanville pour décider de la construction de nouveaux réacteurs. Les écolos pensent avoir gagné et voir à terme l’abandon du nucléaire et son remplacement pas de myriades d’éoliennes qui ne produisent que quand elles veulent et défigurent les paysages. Ajoutons que le plus gros des éoliennes est importé. A ce sujet on peut remarquer que Flamanville ne met nullement en cause la production d’énergie nucléaire, et que si on ne sait plus construire des réacteurs on peut en acheter aux Russes voire aux Chinois, ils se feront un plaisir de nous en vendre. Ce sera un abandon industriel de plus dans un domaine où la France était un leader.
Et puis soudain EDF annonce que le gouvernement lui a demandé d’étudier la construction de six nouveaux EPR sur une durée de 20 ans. Fureur des écolos entrainant le rétropédalage du gouvernement, la ministre déclare que ce n’est pas EDF ni son PDG qui fixe la politique énergétique du Pays. Voilà comment on est gouverné dans le flou et l’indécision, pourtant une énergie fiable et économique est la clé de la relance industrielle. Il n’est que temps de remettre sur pied l’énergie nucléaire.

Envoyé par l'auteur, 22 novembre 2019
Publié dans En France
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Effondrements en série
L’effondrement de la France est partout palpable : effondrement de l’autorité publique, de l’école publique, de l’hôpital public, de la gestion publique. Même les ponts ne sont plus convenablement entretenus ! Lundi, celui qui enjambait le Tarn à Mirepoix-sur-Tarn s’est écroulé sous le poids excessif d’un chargement routier (deux morts). On a appris que les autorités ignoraient le nombre exact de ponts (entre 200.000 et 250.000). Leur maintenance, naguère sous l’ingénierie des Ponts et Chaussées, s’est diluée depuis que le ministère de l’Équipement a laissé place en 2007 à celui de la Transition écologique et à ses dérivés. Un récent rapport du Sénat sur les ponts français a fait ressortir que 25.000 d’entre eux, confiés à des gestions décentralisées, étaient en mauvais état. Mais il n’y a pas de budget disponible pour remettre tous ces ouvrages potentiellement dangereux à leur niveau de sécurité. Pendant ce temps, le gouvernement réfléchit à l’idée d’imposer un taux d’alcool zéro pour le conducteur…
Le nouveau projet pour la France est à penser dans toutes ses dimensions, civilisationnelles, sociales, économiques. L’observateur voit aisément les défauts d’une technocratie jacobine qui ne produit que des normes sans rapport, le plus souvent, avec les réalités humaines. Qui se met à l’écoute de la société civile, adepte du système D, comprend vite l’incongruité de maintenir un pouvoir vertical et hautain coupé de la vie des gens. Le général d’armée Pierre de VILLIERS porte un bon diagnostic quand il remarque, dans la postface de son dernier livre (2) : "L’individu se sent ignoré, laissé-pour-compte, sans pour autant savoir qui décide vraiment de son sort." Son éloge des chefs et de l’autorité est une critique indirecte du chef de l’État dont il fut un collaborateur démissionnaire. Reste à donner du contenu à ce nouveau monde. Pour l’instant, il ne suscite guère de réflexions poussées chez les intellectuels en pantoufles.

Paru dans Le Figaro, 22 novembre 2019
Publié dans En France
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L’urgence est de réparer la France abîmée
 
Il ne s’agit pas de "transformer" la France, comme l’a répété dimanche le premier ministre, en écho à Emmanuel MACRON. Cette ambition est du registre de la prestidigitation. En revanche, oui, il faut réparer la France. Cela fait trente ans et plus que la nation est maltraitée par ses dirigeants, de droite comme de gauche. Tous se sont convertis, pour faire modernes, à la nouvelle religion des droits de l’homme. Au nom de la non-discrimination et de l’amour de l’Autre, le dogme invite les Occidentaux à s’effacer au profit de remplaçants n’ayant pas l’intention d’imiter des hôtes si benêts. Comme le remarque le professeur Jean-Louis HAROUEL, qui alerte depuis longtemps sur cette nouvelle idéologie humanitariste (1) : "La très vertueuse religion séculière des droits de l’homme trace aux Européens le devoir de disparaître en souriant pour faire place à d’autres peuples et d’autres civilisations". C’est à ce suicide collectif que les dirigeants doivent renoncer. C’est ce qu’exigent ces Français qui n’entendent plus se taire.
Des esprits paresseux ont réduit à une pittoresque jacquerie fiscale la révolte des "gilets jaunes". De fait, le mouvement est parti d’une augmentation des taxes sur les carburants. Ces analystes s’estiment confortés par l’essoufflement des révoltés : l’anniversaire de samedi a attiré dix fois moins de monde (24.000 personnes, dont 4700 à Paris). Pourtant, l’erreur est de croire la parenthèse refermée. C’est ce que laisse comprendre Édouard PHILIPPE, quand il assure que la "volonté de transformer la France est intacte". L’apparente démobilisation vient de l’incapacité des protestataires à formuler une doctrine. Leur recul signe aussi un refus de cautionner l’emprise finale de l’extrême gauche et de ses casseurs. La lutte des classes, que refourguent les orphelins du communisme, n’est pas ce qui structure les Oubliés. À l’origine, les petits patrons, entrepreneurs et employés du privé constituaient le gros des troupes. Ils ont fait comprendre que le désespoir était aussi identitaire.
 
Avis aux bonnes volontés : le nouveau monde est à construire autour de ce qu’il reste de la France abîmée par le progressisme. Constater l’immobilisme qui gagne le gouvernement suffit à se convaincre de l’urgence à changer de système. Le préalable est de protéger le peuple français d’autres blessures. Il a déjà été meurtri par une mondialisation brutale et une idéologie démente qui l’incite à s’auto-détester. La mobilisation du 10 novembre, qui a rassemblé gauchistes et islamistes dans la même haine de la France "raciste" et "islamophobe", a eu le mérite de faire voir les dangers du communautarisme. Il est le cheval de Troie de l’islam guerrier. Or, face à lui, tout espoir de réveil est loin d’être perdu. Même le PS sort de son somnambulisme. Sa rupture avec la stratégie Terra Nova amorce une révolution idéologique. Depuis 2012, le parti suivait les recommandations de ce laboratoire d’idées de la gauche, en flattant l’électorat des cités au détriment de la défense de la laïcité.
Olivier FAURE, le patron du PS, osera-t-il aller au bout de son engagement à défendre "la République laïque" ? Ses prises de position concrètes le diront. Reste que la France a un rôle historique à reprendre, au nom de la liberté, dans la résistance au totalitarisme islamique importé. La soumission de la gauche radicale à des maîtres qui hurlent "Allah Akbar !" est l’aboutissement de décennies de compromissions françaises, justifiées par la dévotion aux droits de l’homme et au politiquement correct. Ce désastre intellectuel et moral, dans lequel Jean-Luc MELENCHON s’est laissé aller, déshonore la nation. Se ranger derrière la lutte contre "l’islamophobie" revient à combattre la laïcité et à justifier le délit de blasphème. Or l’opinion est plus lucide. 71 % des Français pensent que "la religion musulmane cherche à imposer son mode de fonctionnement aux autres" (Le Figaro, 13 novembre). C’est le peuple qui doit choisir le modèle de société pour la France, assimilateur ou multiculturel. Pourquoi pas un référendum ?

Paru dans Le Figaro, 22 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
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La France, plus que jamais déchirée dans son identité et sa géographie
 
L’anniversaire fut malheureusement à la hauteur de ce qu’on craignait. Destructions, saccages, affrontements avec la police. Un an après, le mouvement des "gilets jaunes", même ramené à de modestes effectifs, ne parvient plus à s’arracher à la gangue de violence qui l’entoure depuis le début. Il n’empêche. Ce mouvement a coupé le mandat de MACRON en deux, ainsi que ses ambitions réformatrices ; il a révélé la fureur d’une France périphérique, jusque-là laissée à l’écart des grands circuits de richesse, et méprisée par le monde médiatique et intellectuel du pays. Dans la lignée des travaux du géographe Christophe GUILLUY, le sondeur Jérôme SAINTE-MARIE analyse ce retour de la lutte des classes qu’on voulait croire disparue. Il décrit la coagulation des petits indépendants et des salariés, qui étaient jadis séparés par le marxisme, et se retrouvent ensemble dans le même camp des vaincus de la mondialisation ; et de l’autre côté, des cadres, des habitants de métropoles, des retraités, même de condition modeste, ayant vu dans la violence des "gilets jaunes" le retour d’une terreur révolutionnaire qui les a jetés dans les bras d’un parti de l’ordre incarné par MACRON. SAINTE-MARIE se projette avec raison en 1848 lorsque les troupes de la République tirèrent sur les ouvriers révoltés. Il pense que ces deux camps sociologiques s’incarneront politiquement dans les candidatures d’Emmanuel MACRON et de Marine LE PEN.
 
Avec cette analyse, il répond aussi à celle de son collègue, Jérôme FOURQUET qui, quelques mois plus tôt, avait développé ces thèmes autour de "l’archipel français". Aux forces centrifuges de SAINTE-MARIE, FOURQUET préfère les forces centripètes, celles d’un éclatement français vidé de sa matrice catholique unitaire, et qui s’éparpille au gré des volontés, des individus, et surtout des communautés. L’identité est le fil conducteur du travail de FOURQUET ; le social, celui de SAINTE-MARIE. FOURQUET montre l’importance de ces enclaves banlieusardes en voie de réislamisation massive ; SAINTE-MARIE ne le nie pas, mais rappelle que ces Français de fraîche date votent peu. Ce qui est vrai pour les élections intermédiaires, mais faux pour la présidentielle.
 
En fait, au-delà des nécessités dialectiques entre nos deux brillants sondeurs, leurs analyses sont complémentaires. La France n’est pas coupée en deux, mais en trois. Un bloc des métropoles, scindé entre une mondialisation par le haut, des centres-villes, et une mondialisation par le bas, des banlieues. En dépit des efforts de l’extrême gauche et des comités Adama et autres, et de la discrétion, voire la pusillanimité, des "gilets jaunes" sur l’immigration et l’islam, il n’y a pas eu de jonction avec les "jeunes" des banlieues. Ceux-ci ne voteront pas pour Marine LE PEN en dépit de son discours social ; et les électeurs de MELENCHON, en dépit des prédictions de SAINTE-MARIE, n’ont quasiment pas voté au second tour de 2017 pour une candidate qu’on leur a présentée comme fasciste depuis des décennies. "L’archipel" cher à FOURQUET continuera à disloquer "le cher et vieux pays" et l’électorat des métropoles reconstituera son unité lors des seconds tours de la présidentielle.
La guerre des deux Jérôme n’aura pas lieu.

Paru dans Le Figaro Magazine, 22 novembre 2019
Publié dans En France
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Carlos GHOSN "prisonnier de guerre" économique
 
Le Mouvement patronal ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) salue la tribune des députés à l’initiative de Christian JACOB et de Bruno RETAILLEAU qui demandent à l’exécutif de faire rapatrier Carlos GHOSN afin qu’il soit jugé en France.
Les entrepreneurs d’ETHIC estiment en effet que Carlos GHOSN, présumé innocent avant d’être (ou non) jugé coupable, reçoit au Japon un traitement inadmissible au regard de la justice française, pour ne pas dire européenne.
Une forme déguisée d’incarcération peu soucieuse de ce que nous considérons en France comme relevant des Droits de l’Homme.
En effet tout citoyen français est en droit d’attendre de l’État qu’il agisse pour que les pays censés être nos plus grands partenaires économiques garantissent un niveau de respect des droits humains équivalent au nôtre. A quoi servent les conventions internationales ?
Est-ce parce que c’est un "grand patron" que le gouvernement français s’est montré bien peu empressé jusqu’alors de réagir ? Rappelons quand même qu’il a été un capitaine d’industrie exceptionnel qui a redressé Renault et a su en faire un emblème de l’industrie automobile française.
Les chefs d’entreprise eux-mêmes, en dehors d’une réaction de Geoffroy ROUX de BEZIEUX au départ, sont silencieux craignant probablement d’être accusés de cautionner des abus éventuels de biens sociaux s’ils venaient au secours de ce "prisonnier de guerre économique" !
Un citoyen lambda traité de cette façon aurait suscité bien plus de compassion… En dehors du Président Nicolas SARKOZY qui lui a rendu visite à l’ambassade de France.
ETHIC lance donc un appel à l’ancien Président de la République, pour qu’il intercède afin que Carlos GHOSN soit jugé sur notre territoire.

Communiqué de presse envoyé par ETHIC, 19 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
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L'honneur pour guide
 
Je condamne, nous condamnons fermement, le saccage du monument dédié au Maréchal JUIN, place d’Italie à Paris. Au-delà de sa personne, compte tenu de son parcours, ce saccage est aussi l’expression d’une haine envers bon nombre de symboles. En particulier, envers l’Armée d’Afrique qui, après la campagne d’Italie, a débarqué en Provence pour libérer la France. 
Je fustige aussi tous ceux que l’on voit ou entend sur les antennes s’exprimer avec des "larmes de crocodile" pour masquer leur part de responsabilité plus ou moins importante ou lointaine dans ces faits.
 
Notre condamnation est d’autant plus affirmée que le Maréchal JUIN a eu une proximité avec le Maréchal LYAUTEY. Il a travaillé à son cabinet militaire à Rabat. Il est rentré avec lui du Maroc en octobre 1925 et l’a servi ensuite, comme capitaine, au Conseil supérieur de la guerre. En 1946, il a longuement préfacé une réédition de "Le rôle social de l’officier dans le service universel" écrit par LYAUTEY, en 1891, alors capitaine au 4ème Chasseurs qui fut traité de révolutionnaire.
 
Sur une photo, mise en ligne sur @presencedelyautey les quatre généraux : JUIN, de LATTRE, de MONSABERT, LECLERC, dont trois futurs maréchaux, étaient des disciples de LYAUTEY. Le Maréchal JUIN s’est toutefois écarté de la ligne tracée par LYAUTEY à partir du moment où il s’est opposé politiquement à l’indépendance du Maroc préparée en douceur par LYAUTEY. 
 
En tant que pied-noir, JUIN se serait exprimé - on n’en doute pas - haut et fort quand la colonisation a été traitée, sans nuance de contexte entre le bien et le mal, de "crime contre l’humanité". Cette apostrophe qui condamnait aussi les ministres des colonies, dont Jules FERRY, oubliait que les pieds-noirs sont venus, en nombre, nous libérer au sein de l’Armée d’Afrique. Cette armée, où la bravoure s’est nourrie de la fraternité, de la sueur et du sang de ses soldats d’origines variées - ce qui dérange certains - reflétait la qualité de ses chefs.
Elle a été, dans sa majorité, sous les ordres du valeureux Général, futur Maréchal Alphonse JUIN (1888-1967), notamment pendant la campagne d’Italie (Rome, Monte Cassino, …etc.). Son nom a d’ailleurs été choisi par une promotion (1966-68) de Saint-Cyr.
Envoyé par l'auteur,19 novembre 2019
Publié dans Devant l'histoire
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Les bases de l’économie sont bafouées dans un silence général
 
L’économie n’est que l’étude des rapports entre la production, la richesse et la monnaie. Elle ne peut être crédible qu’en étudiant globalement les trois y compris leur interaction. Et pour ce faire il faut d’abord comprendre précisément ce qu’est chacun des trois pieds de l’économie avant d’étudier leurs relations. Il ne faut pas se contenter de définitions vagues, de fausses évidences et de soumissions sécurisantes à de prétendus sachants. Si les détails peuvent être délicats, l’épine dorsale de l’économie est à la portée de tous et d’une simplicité biblique. Seuls les montages que l’on fait partout pour faire tenir un système impossible sont évidemment complexes.

Une production est une fabrication de produit, que ce soit un pain, un fruit, un dessin d’enfant, une bouse de vache, un soin, une voiture, un résidu nucléaire ou une machine. C’est quelque chose de totalement objectif, une réalité incontournable. Une production peut être une richesse, un déchet ou un problème. Elle peut même changer de catégorie avec le temps comme le dessin d’enfant ou l’automobile, tellement richesse, déchet et problème sont des notions totalement subjectives qui évoluent avec le temps, ou avec l’espace, voire même avec les gens avec lesquels on se trouve.
Une richesse est en effet le regard totalement subjectif qu’une collectivité porte sur une chose ou sur une idée qu’elle trouve belle ou bonne. Toute civilisation tend à rendre ce regard objectif car elle considère sa vision du beau, du bien et du vrai comme la seule vision sérieuse. Elle croit sa justice juste puisqu’elle y voit l’addition de ce qui est bien et de ce qui est vrai pour elle. Elle croit que sa clarté est limpide puisqu’elle y rassemble ce qu’elle croit beau et ce qu’elle croit vrai. Et elle croit aussi que sa richesse est objective puisque tout le monde la trouve belle et bonne ; tout le monde… de cette civilisation. Une bière est richesse à Munich, pas du tout sur une autoroute suédoise. De même que la justice de Daesh n’a rien à voir avec la justice occidentale, la richesse d’un Malien qui est riche de la famille, n’a rien à voir avec la richesse d’un Américain.
 
La monnaie a une histoire et c’est toujours la même sur toute la Terre et elle est en général assez mal racontée. La monnaie n’arrive pas toute seule et au début il n’y a jamais eu le troc. Au début tout groupe humain se constitue autour du donner-recevoir-rendre que l’on constate dans les familles, dans les tribus et dans les groupes d’amis. C’est une sorte d’échange des êtres, de ce qu’ils font de mieux ou de moins mal. Ce donner-recevoir-rendre a été admirablement étudié par l’ethnologue et professeur au Collège de France Marcel MAUSS (1872-1950). Il y a vu un "fait social total" au service du lien social et le nourrissant. Ce fait social est total parce qu’il est à dimensions culturelle, économique, sociale, religieuse, symbolique et même juridique. Cette réalité dans la constitution des groupes humains est fondamentale et renvoie aux oubliettes la notion ridicule de troc au départ des groupes humains. Qui, à part les idéologues de l’économie, voit du troc dans la vie familiale ?
La monnaie n’est pas venue remplacer le donner-recevoir-rendre ni bien évidemment le troc qui n’a jamais existé que très exceptionnellement entre particuliers, elle est venue résoudre le problème créé par certains qui partout oubliaient de donner et de rendre et se contentaient de recevoir. Cela posait un problème que les familles connaissent et règlent en interne. Mais quand le groupe devient important, il ne peut plus être résolu par le simple regard ou la remarque d’une autorité reconnue. C’est alors l’introduction de la monnaie qui partout résout le problème. Le groupe prend d’abord acte du fait qu’un individu a donné, qu’il a contribué à la richesse collective. Il lui donne en reconnaissance un titre de créance sur n’importe quel autre membre du groupe. Ce titre de créance transmissible et facilement transportable, s’appelle la monnaie en souvenir du travail qu’il a effectué et qui a été reconnu utile. Le mot monnaie comme le mot monument vient en effet de moneo, forme latine causative de la racine grecque men de la mémoire. La cause de la monnaie comme celle du monument est de se souvenir. La monnaie circule, transportant l’énergie qui a permis sa création, mais par définition le pouvoir ne peut la créer que si une nouvelle richesse a été constatée. Sans cela c’est de la fausse monnaie qui ne fait que dévaloriser la monnaie existante en augmentant sa quantité sans augmenter la richesse. C’est l’énergie humaine qui a créé une nouvelle richesse, qui se retrouve dans la monnaie. Il n’y a de vraie monnaie qu’en constat d’une richesse existante. C’est un titre de créance sur n’importe quel membre du groupe qui l’utilise.
 
Très curieusement depuis des siècles personne ne semble avoir pris la peine de définir la monnaie d’une façon simple et claire et on entend le désaccord des économistes. Certains disent que c’est une marchandise, d’autres un signe, Adam SMITH la voyait comme un voile et tous ceux qui n’ont surtout pas envie de savoir ce qu’elle est, vont dire que ce n’est qu’une convention. Ce qui est sûr, c’est que la monnaie, n’ayant jamais été définie sérieusement, est devenue comme la langue d’Esope la meilleure et la pire des choses.
La meilleure car elle permet de faire le lien à l’intérieur d’une civilisation entre les productions objectives et les richesses subjectives. Ce lien très naturel et pourtant très complexe s’appelle la valeur ou le prix. Le prix immobilise pour un groupe sur une production donnée, à un moment donné et en un lieu donné, la notion très variable de richesse. Grâce à ce lien ARISTOTE a pu écrire, sans malheureusement jamais définir la monnaie, qu’elle pouvait avoir trois utilités : faciliter les échanges, être une réserve et chiffrer la valeur.
Mais la monnaie est aussi devenue la pire des choses car les hommes ont pris conscience de la force énergétique de la monnaie qui transporte de l’énergie humaine et ils ont joué sur la force énergétique de la monnaie pour fabriquer de la fausse monnaie en feignant d’oublier que cette fausse monnaie ne faisait que dévaloriser la vraie, lui diluer son énergie. Tant que les faux monnayeurs étaient des délinquants, le problème n’a pas été trop grave car ils étaient pourchassés et donc peu nombreux. En France ils ont été d’abord condamnés à mort par ébouillantage au marché aux pourceaux puis simplement guillotinés jusqu’en 1832 date à partir de laquelle les peines ont diminué du bagne à la réclusion et de la perpétuité à 30 ans. Mais le scandale, dénoncé par le prix Nobel Maurice ALLAIS et qui a généré un embrouillamini indescriptible, c’est quand l’État a reconnu que le faux-monnayage pouvait être acceptable intellectuellement et qu’il est devenu légal pour les banques par l’acceptation de la monnaie scripturale, celle que l’on crée par un jeu d’écritures. Ce sont les banques elles-mêmes réunies dans Bâle 3 qui limitent leur création de fausse monnaie par des normes autoproclamées et très aisément contournables. Essayons tout de même de décrire l’indescriptible folie actuelle qui fait croire aux braves gens que l’économie est compliquée et qui n’est là que pour ne plus voir l’essentiel.
 
D’abord l’historique. Les accords de Bretton Woods de 1944 avaient lié les monnaies au dollar en liant le dollar à l’or et donc à une richesse préexistante. Mais NIXON ayant en 1971 déconnecté le dollar de l’or, il a ipso facto déconnecté les autres monnaies de toute richesse précédemment créée. L’euro a donc été créé en équivalence à des monnaies qui n’avaient plus aucune équivalence avec une richesse reconnue, et ce depuis le 15 août 1971. Aujourd’hui la monnaie n’est plus créée par l’État en constat d’une richesse précédemment créée mais par les banques qui équilibrent cette création par une créance sur le futur, c’est-à-dire par un espoir de création de richesse future. D’une création de tous temps de la monnaie sur le constat d’une richesse existante et reconnue, on est passé, pour la première fois dans toute l’histoire de l’humanité avec l’euro, à une monnaie créée sans vraies limites sur l’espoir d’une richesse future, ce qui autorise tous les fantasmes.
C’est pour faire passer cette ignominie intellectuelle que l’université, les experts, l’INSEE et les médias sont tous mis à contribution pour faire croire à la création de richesse pendant que les politiques font rentrer par l’impôt les créances des banques. Au XXIe siècle la manipulation se met en marche et les impôts se mettent à monter.
Pour faire croire à la création de richesse, on crée le PIB, fabuleux outil inverseur, qui appelle produit la somme de toutes les dépenses. Plus on dépense plus on est riche. On a même appelé sans rire "croissance économique" l’augmentation des dépenses. Les experts ne travaillent plus que sur des pourcentages de PIB. Les critères de Maastricht sombrent dans un ridicule qui ne dérange même plus. Le déficit budgétaire ne peut être supérieur à 3 % de ce que l’on a dépensé l’année d’avant. Dépensez plus et il deviendra intelligent d’augmenter le déficit ! L’emprunt ne doit pas dépasser 60 % de ce que l’on a dépensé l’année précédente. Dépensez plus et vous pourrez emprunter encore davantage ! Ubu est roi dans l’Union européenne.
Dans le même temps les banques fabriquent la monnaie qu’il faut pour que toutes les productions soient achetées et deviennent des richesses justifiant a posteriori la fabrication de monnaie. Et on en arrive à la stupidité absolue que toute production est réputée richesse. Cette erreur entraîne toutes les autres car tout se met au service de la production qui s’emballe grâce aux machines que les banques financent, qui doit être vue comme une richesse grâce à la publicité que les banques financent, qui doit être achetée par des consommateurs que les banques financent. La spirale infernale est lancée. On fabrique de plus en plus de monnaie pour justifier la création aberrante précédente.
 
Les conséquences sont multiples comme celles d’une bombe à fragmentation. Les contradictions s’enchaînent et s’entraînent :
Il faut dépenser pour faire du PIB mais ne pas dépenser pour respecter les critères de Maastricht.
Le peuple ne doit pas être trop payé pour que les productions restent à un niveau de prix raisonnable en dépit des montagnes d’argent dépensé en machines et en publicité, mais il doit tout de même avoir l’argent pour acheter les productions et en faire des richesses. La solution ? L’emprunt. Demain paiera.
Le peuple qui se croit en démocratie doit laisser en place la pseudo élite qui depuis 50 ans détruit la civilisation pour rester en place sous différentes couleurs évolutives, mais en même temps on augmente perpétuellement ses impôts. Les campagnes électorales sont de plus en plus compliquées pour embobiner le peuple et cela coûte de plus en plus cher. La solution ? L’emprunt. Demain paiera.
Malgré cela le peuple met des gilets jaunes pour dire que cela ne va pas. Il faut bien alors trouver des électeurs pour rester en place. On en arrive au racolage de toutes les minorités que l’on flatte, à une dictature des minorités que l’on finance. Comment faire ? L’emprunt. Demain paiera.
Dieu ! Qu’il est devenu compliqué et dispendieux de faire croire que la bêtise est intelligente ! Et si on en revenait à ce qui a été vrai de l’aube de l’humanité à 1971, à une monnaie constatant une richesse existante et reconnue, monnaie dont seule la rareté évite toutes les dérives ?

Envoyé par l'auteur, paru sur www.surlasociete.com, 15 novembre 2019
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Retour sur la question du voile
 
Des mères voilées accompagnant des enfants lors de sorties scolaires, un gouvernement divisé sur la manière de réagir, un élu RN demandant la sortie d’une femme voilée présente au conseil régional de Bourgogne, et voici la question du voile à nouveau sur le devant de la scène. Et à nouveau, notre impuissance à endiguer la visibilité de plus en plus étendue et revendicative de l’islam en France est patente.
C’est une vieille affaire puisqu’elle remonte à trente ans, à l’automne 1989 précisément, avec l’exclusion du collège de Creil de deux élèves musulmanes qui avaient refusé d’enlever leur voile. Il faudra attendre 2004 pour que l’État légifère et interdise à l’école publique tout signe manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, visant donc aussi bien le christianisme et le judaïsme (pourtant l’un et l’autre étrangers à tout problème) que l’islam. Il y a eu ensuite la loi anti-burqa de 2010… mais tout cet arsenal semble finalement peu efficace (1).
Certes, il faut reconnaître que le juste traitement de l’islam dans un pays de tradition chrétienne et démocratique, dès lors où il atteint certaines proportions, est tout sauf simple. Mais peut-être éviterait-on au moins les échecs les plus cuisants si nous commencions par prendre la mesure de ce qu’est réellement l’islam, sans nullement chercher à le diaboliser, mais sans l’irénisme non plus qui caractérise la vision de ceux qui légifèrent à côté de la plaque depuis trente ans et plus.
 
Connaître l’islam
Fondamentalement, l’islam n’est pas une "religion" au sens où nous l’entendons pour le christianisme (2) : il est plus que cela, ne connaît pas la distinction du temporel et du spirituel ("Rendez à César… ") et, par la charia, englobe tous les aspects de la vie des musulmans (culturels, sociaux, moraux…). Minoritaires dans une société aux valeurs affirmées, ils se plient aux lois, respectent la fermeté appuyée sur une force juste. Mais lorsque leur nombre augmente, au point de devenir majoritaires dans certains quartiers, et que le tissu d’accueil est lui-même en déliquescence, incapable de proposer une alternative à leur communautarisme, alors ils revendiquent toujours plus ce que commande la charia. L’islam s’étend d’abord par la pratique des mœurs qu’il impose.
C’est dans ce contexte qu’il faut appréhender la question du voile. Évidemment, pour beaucoup de celles qui le portent, il est plus qu’un vêtement, le signe bien visible et revendiqué de l’appartenance à l’Oumma. Et pour nombre d’entre elles, sans doute l’ont-elles choisi ou accepté librement. Mais, dans ce milieu communautariste fermé, quelle liberté pour celles qui ne veulent pas le porter ? De même, plus généralement et plus gravement encore, quelle liberté pour les musulmans qui veulent s’émanciper de l’islam, le quitter, se convertir au christianisme ?
 
L’interprétation du Coran
Là est le vrai problème qui a sa source dans le Coran lui-même : c’est le Coran qui contient des versets appelant à la violence contre les juifs et les chrétiens, qui leur impose le statut de dhimmi, qui relègue la femme à un statut inférieur… Le voile est ici certes très symbolique mais somme toute secondaire, il agit comme un effet d’une situation non maîtrisée, mais il n’en est pas la cause. Il est au demeurant paradoxal que l’État veuille, d’un côté, empêcher les femmes de se voiler et, d’un autre, permette qu’elles se dénudent sous nos yeux dans des campagnes publicitaires qui la ramènent au rang de vulgaire objet de plaisir.
Il est enfin absurde, en raison du problème spécifique que pose l’islam, de mettre toutes les religions sur le même plan, d’ignorer le rôle historique du christianisme en Europe et d’avoir une vision quelque peu sectaire de la laïcité en interdisant tout signe religieux dans l’espace public, comme si les religions, a priori suspectes, n’avaient aucune dimension sociale. Faudra-t-il interdire demain aux religieuses de sortir dans la rue en habit ?
L’islam est confronté à un problème qui exige des musulmans le courage de voir la réalité en face, sans esquive, et d’affronter la question fondamentale de l’interprétation du Coran, seule façon de réformer leur religion et de lui permettre d’être "intégrable" dans nos sociétés occidentales. Nier les difficultés intrinsèques à l’islam empêche cette réforme nécessaire et n’aide pas les musulmans courageux qui y travaillent.
Mais cela n’est pas suffisant si nous-mêmes ne nous réformons pas aussi : si nous n’avons à offrir aux musulmans qu’une société matérialiste, consumériste et sans Dieu, reniant ses propres racines, sa culture et déconstruisant un à un tous les repères anthropologiques les plus attestés, alors pourquoi feraient-ils l’effort de se réformer eux-mêmes ?

(1) En France, la loi réglait le cas de la burqa ou du voile intégral avant même la loi de 2010, puisqu’il est interdit d’avoir le visage masqué dans l’espace public, il suffisait de faire respecter cette loi.
(2) Cf. Annie Laurent, L’islam pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore), Artège, 2017.

Paru dans La Nef, éditorial, novembre 2019
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