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Trois objectifs à proposer à l’Union européenne
 
Le nouveau président de la République s’affirme européen convaincu. Or il y a beaucoup de travail à réaliser pour que la construction européenne réponde aux besoins des populations et des entreprises de notre vieille Europe. Voici déjà trois harmonisations nécessaires, dont l’importance est grande pour l’économie et pour les citoyens.
 
La fiscalité des entreprises
L’Union européenne a vocation à mettre en place et à faire fonctionner un marché commun, à l’intérieur duquel les entreprises des pays membres devraient pouvoir se faire concurrence dans des conditions équitables. Il n’est donc pas admissible que des législations ou réglementations, communautaires ou nationales, avantagent nettement les entreprises de certains pays et désavantagent leurs homologues d’autres pays.
Les règles de l’impôt sur les sociétés sont un exemple important de ce qui dysfonctionne dans la construction européenne. Le taux de l’impôt sur les sociétés varie de 9 % en Hongrie à 34,4 % en France, en passant par 12,5 % pour l’Irlande, 19 % pour la Tchéquie et la Pologne, 25 % pour les Pays-Bas et l’Espagne, 27,8 % pour l’Italie, et 30,2 % pour l’Allemagne. De plus, les règles de calcul du bénéfice imposable diffèrent beaucoup d’un pays à l’autre. Unifier les règles applicables au calcul de l’impôt sur les bénéfices est un impératif absolu – et un travail sans lequel l’expression "marché commun" s’apparente à la langue de bois.
 
La rémunération du travail
Il ne s’agit pas ici de plaider en faveur de dispositions visant à imposer l’égalité du coût du travail dans les divers pays de l’Union : les salaires reflètent pour une part importante la productivité, si bien que les pays où celle-ci est faible ont inévitablement des niveaux moyens de rémunération inférieurs à ceux où le travail est plus efficace. Mais, dans une Union, il convient que la notion de prix du travail (coût pour l’employeur, rémunération pour le salarié) soit la même dans tous les pays membres. Or nous en sommes loin.
La principale difficulté à surmonter – ce n’est pas la seule, mais nous nous limiterons à celle-là dans ce court article – provient du financement de la sécurité sociale. Celui-ci repose dans des proportions variables selon les pays sur trois prélèvements principaux : cotisations salariales, cotisations patronales, impôts. Un consensus fait porter les comparaisons de rémunération sur le salaire brut, parce que les cotisations patronales sont réputées être supportées par les employeurs, et non par les salariés. Aucun économiste digne de ce nom ne saurait cautionner cette stupidité : en fait, la rémunération du travail est le salaire super-brut, somme du salaire brut et des cotisations dites patronales. Mais la fiction juridique, administrative et journalistique camoufle la réalité économique. L’Union européenne ne peut pas se construire sérieusement sur cette mesure inadéquate de la rémunération du travail.
 
La solution à ce problème comporte plusieurs composantes ; limitons-nous ici à la principale : la suppression des cotisations prétendument patronales, qui devraient être absorbées par les cotisations salariales. Comme nous l’avons maintes fois expliqué, cette réforme peut être réalisée sans modifier ni le coût du travail pour les employeurs, ni le salaire net, ni les ressources des systèmes de sécurité sociale. Elle permettrait enfin d’y voir clair, et de faire des comparaisons significatives entre pays membres de l’Union.
 
Le calcul des droits à pension
La libre circulation des travailleurs dans l’Union européenne est un véritable casse-tête pour ceux qui, après l’avoir pratiquée – ou avant, à titre prévisionnel – veulent faire une estimation de la pension à laquelle ils ont ou auront droit dans les systèmes par répartition. En effet, beaucoup de ces régimes tiennent compte des durées d’assurance, à l’instar des régimes de base français. Il faut dès lors faire des calculs incroyables pour calculer ce à quoi l’assuré social a droit dans chaque pays où il a travaillé. Cette situation est ridicule dans une Union ; comment y remédier ?
 
La solution est simple ; elle s’appelle "additivité". Si, dans chaque régime, les droits acquis sont indépendants de ce qui se passe dans les autres régimes, alors il suffit à Mr X, qui a travaillé dans différents pays, d’additionner les pensions acquises dans chacun d’entre eux. C’est déjà ce qui se passe dans certains cas : si Mr X a par exemple obtenu 30 points dans le Rentenversicherung allemand (où les points sont énormes : un salarié moyen en acquiert environ un par an) et 2 millions de couronnes de compte dans le système suédois (la couronne est une unité minuscule), ce qui lui est dû dans chacun de ces deux pays est calculé de façon indépendante, et tout est simple. Tandis que si Mme Y a travaillé en France et en Allemagne, le calcul de ses droits en France, qui dépendent des durées d’assurance en Allemagne comme en France, est d’une complication déroutante.
 
Concrètement, l’additivité peut s’obtenir en remplaçant tous les régimes par annuités par des régimes en points. C’est ce que le président Macron veut faire en France, en y copiant le modèle suédois. Mieux vaudrait certes miser sur un système du type Arrco, plus familier aux Français, mais le principe d’un passage aux points est excellent. Reste à convaincre nos partenaires européens d’en faire autant : la Commission européenne, qui a nettement appuyé la candidature Macron, devrait être assez réceptive si le nouveau président français lui proposait de lancer un tel projet. 
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Macron, un nouveau Giscard ?
 
Il y a beaucoup de similitude entre Emmanuel Macron et Valery Giscard d’Estaing. L’un et l’autre sont issus de la même école, l’ENA ; l’un et l’autre ont fait l’apprentissage des affaires publiques dans le corps de l’inspection des finances ; l’un et l’autre ont accédé à la magistrature suprême en bousculant les appareils partisans de la droite et de la gauche ; l’un et l’autre ont commencé leur mandat avec l’auréole de la jeunesse et du changement ; l’un et l’autre, enfin, se sont proclamé centristes, libéraux et européens et ont annoncé que leur action obéirait à ces trois principes. Il n’en faut pas plus pour soulever une question simple : Macron est-il voué à échouer comme Giscard ou réussira-t-il  la "révolution" que son prédécesseur n’a pu mener à bien ?
Ayant été mêlé de près aux projets et aux décisions qui ont marqué le septennat giscardien, je crois pouvoir apporter quelques éléments de réponse. Avant de les présenter, il me semble indispensable de faire une réserve importante : il est hasardeux de juger un Chef d’Etat sur ses intentions ; ses actes peuvent s’en écarter. Le programme que, par exemple, Hollande avait présenté aux Français en 2012, a peu de points communs avec les décisions de son quinquennat. Nous ignorons tous, y compris l’intéressé, ce que Macron fera quand il se heurtera aux réalités des années à venir.
Si donc nous nous limitons au projet présenté par notre nouveau Président, nous arrivons à une constatation étonnante : Macron semble n’avoir tiré aucune leçon du destin de son prédécesseur. Rien ne montre qu’il ait réfléchi aux causes de son échec. Pour cette raison, il risque de connaitre un sort comparable. 
Entrons dans une description plus précise.
 
Tous deux se proclament d’abord des libéraux. Qu’entendent-ils par ce terme ? Principalement une politique qui ouvre notre société à la concurrence mondialisée. Elle met sa confiance dans l’énergie et l’imagination de nos chefs d’entreprise. Giscard avait commencé de démanteler l’appareil de contraintes et de procédures qui les plaçait sous la tutelle de l’Etat. Il leur avait rendu la liberté des prix. Il avait mis fin aux autorisations administratives de licenciement. Macron entend aller plus loin. Il a annoncé son intention de "simplifier" le code du travail (entendez : en assouplir les obligations contractuelles) et de diminuer les prélèvements qui pèsent sur les employeurs. Il en attend, comme son prédécesseur, des entreprises plus compétitives, des salariés plus productifs et des embauches plus nombreuses.
Les espoirs de Giscard ont été déçus. Son septennat a été marqué par les débuts du chômage de masse, de la précarité des emplois et de l’exclusion des plus pauvres. Il a bien essayé d’éviter ces trois fléaux en augmentant fortement les indemnités de licenciement, les allocations de chômage et les budgets de formation permanente. Mais sa parade s’est avérée à la fois très coûteuse et peu efficace. Les finances publiques en ont été fortement déséquilibrées sans que le nombre des marginalisés fut réduit. Macron n’a pas imaginé d’autre remède. Il propose de pallier les effets mauvais de la mondialisation en accroissant encore l’assistance à ses victimes : il veut faire de l’assurance-chômage un droit universel, augmenter les indemnités de licenciement et lancer un plan "inédit" de formation et qualification. Il parie qu’en allant plus loin que Giscard sur la même voie, il va déboucher sur une issue.  L’expérience montre qu’il risque fort d’entrainer notre pays dans un système encore plus coûteux sans être plus efficace.
 
Façonné par l’ENA, Giscard était persuadé que l’Etat et lui seul avait la capacité de courir au secours des individus broyés par le marché libre. En plus des prestations versées sous la surveillance vigilante des administrations, il a tout naturellement confié le monopole des offres d’emploi à une agence publique. Macron, qui a reçu la même formation que son prédécesseur, accentue son choix. Il a annoncé son intention de nationaliser les organismes qui gèrent l’assurance–chômage et ceux qui s’occupent de formation professionnelle.  Il n’a tiré aucune leçon de l’expérience des quarante dernières années. Il ne voit pas que la centralisation administrative des affaires sociales déshumanise l’aide aux démunis, accroît démesurément son coût et la rend plus lourde et plus opaque.
 
On sait aujourd’hui que l’adaptation d’une nation au défi de la mondialisation dépend beaucoup plus de l’agilité de ses territoires que des règlements imaginés par ses bureaucraties centrales. Giscard l’ignorait ; il a négligé d’étendre la décentralisation initiée par Charles de Gaulle. Son erreur était celle de sa génération. Mais il est étrange qu’aujourd’hui Macron soit encore plus indifférent à cette grande tâche nationale que son prédécesseur d’il y a un demi-siècle. Son programme n’en dit à peu près rien. Il va même au rebours des nécessités de notre époque : en nationalisant la taxe d’habitation, il réduit la liberté communale au lieu de l’élargir.
 
Libéralisme veut dire aussi, selon nos deux Présidents, extension des droits individuels, notamment sur le plan des mœurs. Giscard a créé le droit à l’avortement. Macron se dit prêt à donner aux couples de lesbiennes le droit à la PMA. Il n’a manifestement pas médité les leçons du passé. Heurter les consciences d’innombrables citoyens pour une cause discutable, c’est prendre la responsabilité de graves divisions dans l’opinion publique et ébranler l’autorité du Chef de l’Etat.
 
Après le libéralisme, l’Europe. Elle est le second pilier de la politique commune à nos deux Présidents. Giscard a fait naître le Parlement européen et préparé la venue de la monnaie unique. Macron ambitionne de créer un Parlement de la zone euro et veut lui donner un budget commun. Ils poursuivent le même but : une "union toujours plus étroite" entre les vingt-sept Etats-membres.
Mais la situation n’est plus la même. En 1974, "l’espérance européenne" semblait avoir l’avenir pour elle. Aujourd’hui elle est chargée de déceptions et de difficultés pratiques. L’euro, notamment, fait peser de lourdes contraintes sur la France. Il freine la compétitivité de nos entreprises. Il ralentit la croissance de notre production. Et, plus que tout, il nous oblige à équilibrer nos comptes publics. Or le déficit de nos recettes par rapport à nos dépenses est, en 2017, à la limite de ce que les autorités de Bruxelles peuvent tolérer, c'est-à-dire 3 % de notre produit national. Comment notre nouveau Président pourra-t-il à la fois être un Européen modèle, qui réduira l’excès des dépenses publiques, et financer ses multiples promesses de largesses nouvelles ? Ne s’est-il pas engagé à supprimer une part importante des cotisations sociales, accorder un droit universel aux allocations-chômage, recruter des dizaines de milliers de policiers et d’enseignants, investir "massivement" dans les hôpitaux, lancer un plan non moins massif de formation continue et d’autres débours encore ? La contradiction de ses intentions est trop flagrante pour ne pas l’obliger à un reniement. Je suis prêt à parier que la pression de Bruxelles sera la plus forte.  Macron lui cèdera. Mais il rendra son ambition européenne encore moins populaire. Il se souviendra peut-être à ce moment que la politique du "franc fort" a jadis mené Giscard à sa perte. Ce sera trop tard.
 
Il reste à examiner le troisième principe qui a guidé les deux hommes : le centrisme. C’est une doctrine qui rejette le "vieux clivage" entre droite et gauche, "système qui a été incapable" affirme Macron, "de répondre aux problèmes de notre pays depuis trente ans". Comme on le voit,  notre nouveau Président exonère Giscard de toute participation au "système".  Il pense, comme son lointain prédécesseur, que l’avenir appartient à des gouvernements capables de réunir les modérés des deux camps autour d’un programme équilibré qui prend à son compte les idées les plus raisonnables de droite et de gauche.    
En pratique, Giscard a gagné l’élection présidentielle en associant la droite modérée aux partis du centre. Il a ensuite essayé d’élargir sa majorité en attirant à lui les modérés de gauche. Aujourd’hui, Macron est arrivé au sommet en formant une alliance entre le centre et la gauche modérée. Il rêve de s’assurer une assise moins étroite en annexant les modérés de droite. Les deux Présidents ont pris des chemins différents mais vers le même but.
"L’ouverture" de Giscard vers le centre-gauche n’a guère eu de succès. Sa "société libérale avancée" est restée penchée sur son côté droit. La gauche a retrouvé sa cohésion et sa pugnacité en quelques mois. La droite, sonnée par sa défaite inattendue, a mis deux ans pour se ressaisir. Ensuite le centre, pris entre deux feux, s’est lentement effrité.
Est-ce le sort qui attend Macron et sa "République en marche" ? Nous le saurons dans peu de mois. Les contradictions dans lesquelles le candidat s’est enfermé, les difficultés qui vont l’assaillir, seront autant d’aubaines pour les familles traditionnelles de la droite et de la gauche. Alors elles reprendront des forces. Ceux qui proclament  l’avènement d’une ère nouvelle, une transformation radicale et définitive de notre paysage politique, s’extasient un peu vite.  

Michel Pinton, ancien secrétaire général de l’UDF
Publié dans Du côté des élites
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La démocratie française immature
 
Pour la philosophe*, la démocratie suppose l’affrontement entre adversaires. Or le FN est considéré comme un ennemi intérieur.
 
Le vrai perdant de cette élection, c’est la démocratie.
Un candidat est élu ici non pas parce que ses convictions et son projet agréent à une majorité de Français, mais parce qu’il faut absolument éviter l’autre courant, considéré comme un grand danger pour le pays. Comme il est normal quand il y a péril, tout le monde se porte sur lui, même sans enthousiasme. Ce n’est pas la première fois. Il y a quinze ans, beaucoup d’électeurs de gauche disaient avoir voté Chirac "en se bouchant le nez".
 
La démocratie est un régime politique qui repose sur le débat/combat à la loyale entre courants de pensée en désaccord sur la question du bien commun.
Ce que nous avons sous les yeux en revanche, c’est une prétendue démocratie qui consiste en la mise à l’écart d’un ennemi intérieur par les armes de la démocratie - autrement dit, par des armes inappropriées.
Que le FN soit considéré comme un ennemi et non comme un adversaire, cela est patent dans les discours des politiques et des médias. Il est décrit comme antirépublicain, antidémocratique et fasciste. Le devoir de se débarrasser de lui est une tâche morale et politique à la fois. On le considère davantage comme un insecte nuisible que comme un concurrent respectable dans un jeu. Et même si la démocratie est un jeu sérieux (puisqu’il s’agit de l’avenir d’une société), elle ne peut fonctionner valablement que si l’on considère les autres partis comme des concurrents aussi respectables que nous, nantis de programme aussi viables que les nôtres, même si nous les combattons.
 
Un certain nombre de faits ont émaillé cette campagne, qui démontrent que la démocratie ne s’est pas comportée comme telle.
Par exemple, plusieurs présidents d’organismes de recherche publics, et l’Académie des sciences en son entier, ont appelé à voter Macron, injuriant ainsi la neutralité de leurs institutions qui seule en garantit la liberté. Des institutionnels responsables de la jeunesse (des présidents d’université) ont rompu leur devoir de réserve en prenant parti et en sommant les jeunes placés sous leur responsabilité à aller dans leur sens. Ce qui constitue un véritable délit en termes de démocratie (on imagine d’ailleurs quel tollé aurait provoqué la même faute en faveur d’un autre parti). C’est que, comme il en a été en 2002 où des enseignants emmenaient leurs élèves défiler contre Le Pen, les Français se considèrent en situation de guerre civile, puisqu’ils luttent contre un ennemi intérieur. L’existence d’une situation exceptionnelle (au sens de Weber et de Carl Schmitt) justifie de briser toutes les convenances.

Mais le score démesuré du vainqueur signe en lui-même une situation anormale, j’entends d’un point de vue démocratique - et c’était encore plus net en 2002, quand Jacques Chirac avait été élu avec 80 % des voix. Il y a dans cette prouesse quelque chose de faux, et la victoire elle-même en retire un goût inquiet et amer. Pendant la campagne, dans les médias bien sûr mais aussi dans les lieux de vie de toutes sortes, jusque dans les familles, tous les moyens de pression ont été utilisés pour que chacun "fasse barrage" à l’ennemi intérieur (allant ainsi à l’encontre de toute la pensée démocratique qui chérit la liberté intime de l’électeur et sanctuarise sa conscience personnelle). Ceux qui dans l’entre-deux-tours refusaient de se prononcer nommément pour Macron, ont été tenus pour des traîtres à la république. Ainsi les traîtres à la république nourrissaient la presse de droite même la plus modérée, se répandaient dans les partis de gauche même les plus extrêmes, envahissaient les bancs de l’université et chantaient dans les chœurs des églises. On les a pourchassés avec un courage de croisés et on en a eu raison encore pour cette fois. On espère que Macron nous débarrassera de l’extrême droite, comme on espère se débarrasser grâce à lui d’une colonie de poux. On peut raisonner ainsi quand on est en guerre, mais ce n’est pas du tout ainsi que fonctionne une démocratie. Et ce que nous avons envie de transmettre aux enfants, ce n’est sûrement pas cette image ahurissante de la démocratie : le devoir ardent et sacré d’anéantir par le vote l’ennemi intérieur.
 
Peut-être est-ce là une image française, au sens où la France, pays d’idéologues et pays violent, n’a jamais vraiment su ce qu’était un débat courtois entre adversaires tout à fait opposés mais respectueux. Peut-être est-ce malheureusement une manière de voir de plus en plus fréquente au moment de l’émergence des populismes. On a pu voir, après la victoire de Trump et après celle du Brexit, des masses d’électeurs battus qui tentaient de contredire par la rue ou par la pétition une élection perdue dans les urnes : manière bien antidémocratique. Où l’on peut croire que l’émergence de ce qu’on appelle le populisme serait en train de mettre à mal les institutions démocratiques, non par ses agissements mais par la détestation qu’il déclenche.
 
La démocratie n’est pourtant pas complètement impuissante devant des groupes qu’elle considère comme des ennemis de l’intérieur. L’Allemagne avait su interdire les partis postnazis après la Seconde Guerre, et les États-Unis avaient pratiquement interdit le développement d’un parti communiste. Une démocratie a le droit de se défendre contre ses ennemis. Mais quand elle fonctionne, elle n’a que des adversaires ou alors elle s’enrhume et se noie. La France aurait bien dû interdire le Parti communiste au moment où celui-ci faisait la promotion des goulags et elle aurait pu interdire le FN pour des raisons proches. Mais voilà : il est tellement plus commode d’instrumentaliser un ennemi de l’intérieur qui permette, en face de lui, des élections de maréchal. Et il est tellement plus facile, plus amusant, d’invectiver que de raisonner.
* Dernier ouvrage paru : Un personnage d’aventure. Petite philosophie de l’enfance, Éditions du Cerf.

Paru dans Le Figaro, 11 mai 2017
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Que faire des traitres ?
 
Dès le début de notre roman national, le traître est présent avec Ganelon dans la Chanson de Roland. Depuis, il figure dans toutes les pages de notre Histoire. Jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie, la trahison menait au poteau d’exécution. Rappelons qu’à partir du 6 juin 1944 et jusqu’à la fin de la guerre, la Gendarmerie estima à 10 000 le nombre des exécutions sommaires. Des tribunaux régulièrement constitués prononcèrent alors plus de 900 condamnations à mort suivies d’exécutions capitales. La 2° Division blindée fusillait sans jugement les Français qui avaient rejoint l’armée allemande. Que faire aujourd’hui des traîtres qui ont rejoint les forces qui nous combattent de la Mauritanie au Moyen-Orient ?
 
Par sensiblerie, la peine de mort a été supprimée. Les tribunaux militaires, trop légèrement supprimés par les Présidents Mitterrand et Sarkozy, ont été remplacés par des juridictions civiles aux procédures interminables, alors que de jeunes Français se précipitaient en Afghanistan, en Syrie ou au Mali, croyant voler au secours de la victoire des islamistes. Peut-on rêver d’un rétablissement des tribunaux militaires pour les affaires de trahison ?
 
En attendant, il faudrait rétablir et prononcer pour les faits de trahison des peines d’indignité nationale pour ceux qui ont choisi de lutter contre nous. Ceux qui, en prenant les armes contre nos soldats et contre la France, ont trahi la patrie, il faut au moins les priver de droits civiques et sociaux : faut–il conserver les droits aux aides sociales (RMI, RMA, … etc.) à ceux qui ont renié la France ?

10 mai 2017
Publié dans A tout un chacun
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Ce que devra dire Macron à Merkel
 
Selon une coutume initiée par Nicolas Sarkozy, la première rencontre internationale du nouveau président de la République française sera pour la chancelière d’Allemagne. Emmanuel Macron trouvera une Angela Merkel de bonne humeur, en raison de la belle victoire, dimanche 7 mai, de la CDU dans l’élection régionale du Land de Schleswig-Holstein, qui augure bien du scrutin national du 24 septembre 2017, propre à donner un quatrième mandat à la chancelière. Suggérons que ce premier sommet franco-allemand du nouveau quinquennat se fasse à Strasbourg, afin de souligner la volonté des deux pays de redonner un second souffle à la construction européenne, après la catastrophe du Brexit.
 
La première tâche d’Emmanuel Macron sera de convaincre l’Allemagne que la France est enfin prête à assumer ses responsabilités. Après tout, c’est Paris qui, à l’époque de la réunification allemande, a tant milité pour la mise en place d’une monnaie commune. Après tout, c’est Paris qui a fixé le critère d’un déficit budgétaire maximum de 3 % du PIB. Les Allemands restaient attachés au principe de l’équilibre budgétaire, mais ils ont accepté, comme une concession, que les pays de l’eurozone puissent financer leurs investissements d’infrastructure par de l’endettement. Les gouvernements des pays latins ont souhaité l’euro en croyant que cela leur donnerait ipso facto la rigueur financière allemande. C’est le contraire qui s’est passé. La possibilité d’emprunter à taux très bas - une première dans l’histoire économique de ces pays - les a amenés à se goinfrer d’endettement.
 
Avec désinvolture, le président Jacques Chirac a foulé aux pieds toutes les promesses françaises, dépassant allègrement ce taux de 3 % imposé par la France à toute l’Europe, et utilisant l’endettement pour financer ses dépenses sociales courantes. Alors que l’Allemagne réformait son marché du travail et son État-providence par l’adoption des lois Hartz (2003-2005), la France refusait de bouger. Le président Macron s’est engagé à réformer le marché du travail français par ordonnances. Il faudra qu’il convainque la chancelière Merkel qu’il aura le courage de faire ces réformes jusqu’au bout, même si Mélenchon et la CGT tentent de l’en empêcher par un "troisième tour" dans la rue.
 
Un président français redevenu crédible, c’est une France capable d’être entendue dans ses propositions de relance de l’Union européenne (UE). Macron devra d’abord rappeler à Merkel que l’euro est un projet politique avant d’être financier, et qu’il n’existe pas de zone monétaire où les riches s’abstiennent d’aider les pauvres. Aux États-Unis, les États pauvres sont aidés par les États riches.
Oublions les politiques de relance par la consommation des ménages : elles ont toutes échoué. Le sursaut économique de l’Europe dépend de la relance des investissements productifs, en priorité dans les pays pauvres et endettés. C’est là que l’Allemagne doit jouer un rôle positif en apportant, d’une manière ou d’une autre, sa garantie aux emprunts devant financer la relance des investissements (dans les infrastructures, la formation professionnelle, la recherche appliquée, l’économie numérique, la défense), et en soutenant l’émergence de champions européens capables de résister à la concurrence des grandes entreprises américaines ou chinoises. La zone euro a besoin non seulement d’un secrétariat, mais aussi d’un budget propre, dévoué à ces investissements d’avenir.
 
En matière commerciale, la rencontre des 6 et 7 avril 2017 en Floride entre Trump et Xi a montré des Américains et des Chinois prêts à s’entendre sur le dos des Européens. Macron doit convaincre Merkel de l’urgence de mettre un terme à l’ouverture quasi absolue - et sans réciprocité ! - des marchés européens aux produits chinois et américains. L’instauration d’une TVA sociale à l’entrée du marché unique et l’adoption par directive d’un Buy European Act (à l’image du Buy American Act) sont des nécessités.
 
En échange, l’Allemagne demandera sans doute à la France de partager davantage son fardeau de l’accueil des réfugiés. C’est donc l’occasion de proposer une politique commune de l’asile et une force européenne de garde-côtes musclée, capable de faire la guerre aux trafiquants d’êtres humains, jusque dans leurs territoires de départ (comme en Libye). Parallèlement doit être montée une politique africaine où les aides européennes soient exclusivement dirigées vers des projets économiques viables, capables de maintenir chez elles les jeunes populations mâles.
 
Dans la nécessaire rénovation du partenariat franco-allemand, c’est la France qui a le plus à faire. Mais elle aura besoin du soutien affiché de l’Allemagne. Car en économie, la psychologie compte : c’est avant tout dans la tête des gens que naissent les décisions d’investissement.
Paru dans Le Figaro, 9 mai 2017
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L’essentiel du vivre ensemble
 
Les Français ont choisi le cadre dans lequel il fallait résoudre les problèmes mais n’ont été ni interrogés ni informés sur la complexité des problèmes à résoudre. 41 % des Français majeurs ont choisi le cadre de l’Union Européenne avec Macron, 21 % des Français majeurs ont choisi le cadre de la nation française avec Le Pen, 38 % des Français majeurs n’ont pas souhaité répondre à la question soit en ne s’inscrivant pas (6 %), soit en ne se déplaçant pas (24 %), soit en votant blanc ou nul (8 %).
Mais si le cadre est intéressant puisqu’on ne peut passer à l’action que dans un cadre donné, l’important est d’abord le but que l’on se donne et les moyens mis en place pour y parvenir. Or sur ces points c’est le grand flou partout car dans les trois groupes, il n’y a aucune cohérence sur ce qu’il faut faire et l’on se contente par électoralisme de vouloir réformer le cadre que l’on a soi-même choisi. Macron nous a dit que le salut était en Europe mais qu’il fallait la refonder, Le Pen qu’il était en France mais qu’il fallait la réformer. Le troisième groupe ne choisit pas en reconnaissant qu’il est perdu ou en croyant à l’un des deux cadres mais pas à son candidat.
 
Dans la campagne des législatives qui s’annonce il sera intéressant d’observer si les candidats vont aborder les vrais problèmes et leurs façons de les résoudre autrement que par l’arrivée de la manne divine qu’ils appellent tous croissance et qui, d’après eux, est la seule à pouvoir ramener l’emploi.  Il sera intéressant de voir ceux qui se contenteront d’éluder les problèmes en sous-traitant leurs solutions au retour de la croissance et à l’investissement.
Listons une douzaine de ces problèmes dont la solution est fondamentale à la réussite du vivre ensemble :
 
En économie
1 – Toute l’économie est fondée sur le fait enseigné dans toutes les universités qu’au début était le troc et qu’un jour c’est devenu trop compliqué et qu’on a inventé la monnaie. Comment faire passer l’évidence que toutes les familles et toutes les associations connaissent bien, à savoir qu’au début n’est pas du tout l’échange des avoirs mais l’échange des êtres à l’intérieur d’un but commun, d’une loi sociale qui les réunit ?
2 – Le PIB étant la somme de toutes les dépenses et la croissance la simple augmentation de ces dépenses, qu’elles soient intelligentes ou stupides, financées ou non, comment faire passer l’évidence, rejetée par tous les candidats, que le PIB n’est en aucun cas une création annuelle de richesse et qu’il est malhonnête ou électoral de laisser les citoyens en attendre leur part ? Quel candidat arrêtera de dire "Sans croissance nous ne pouvons rien faire" tout en essaimant partout des pourcentages de PIB ?
3 – Les entreprises distribuant l’argent de leurs clients à leurs salariés, à leurs fournisseurs, à la collectivité et à leurs actionnaires, comment peut-on formater les gens à croire que les entreprises créent de la richesse ? Elles ne font qu’appauvrir intelligemment leurs clients pour le bien de tous les autres. Les Allemands l’ayant parfaitement compris et appauvrissant tous les autres peuples par leur balance commerciale excédentaire, comment construire une Europe avec des intérêts aussi contradictoires ? L’esprit de compétitivité de l’OMC n’est-il pas incompatible avec l’ouverture nécessaire à la construction européenne et ne faut-il pas d’abord retrouver l’esprit de coopération de l’OIC et avoir donc travailler sa propre harmonie pour pouvoir vraiment coopérer ?
 
En éducation
4 – N’y a-t-il pas une véritable escroquerie à faire croire à la jeunesse que l’accumulation de ses connaissances la rendra utile à la société ? Ne fabrique-t-on pas ainsi, soit des révoltés, soit de simples agents économiques performants, nouveaux esclaves de nouveaux maîtres plus ou moins discrets ?
5 – Ne faudrait-il pas introduire l’expérience dans l’éducation comme l’ont toujours fait toutes les civilisations et demander à la Défense Nationale qui a des bâtiments, des espaces et du personnel aussi importants que l’Education Nationale, de prendre en charge l’éducation par l’expérience pendant que l’Education Nationale continuerait bien sûr à l’assumer par le savoir ? Des passerelles entre les deux modes éducatifs ne seraient-elles pas les bienvenues pour que le désir d’apprendre  et celui  d’agir restent les deux premiers moteurs éducatifs ?
6 – Ne faut-il pas enfin sortir du faux choix entre homosexualité et hétérosexualité pour reconnaître que l’homosexualité est un passage habituel adolescent entre l’auto-sexualité et l’hétérosexualité et que quand un passage se fait mal ou se bloque, ce n’est en aucun cas un choix mais un malheur qui ne mérite ni excès d’honneur ni indignité ?
7 – Si dans toute société le premier rôle d’une femme est de renouveler la population en faisant en moyenne 2,11 enfants et le premier rôle d’un homme, de lui en faciliter la tâche, la parité n’est-elle pas l’encouragement discret d’un nouvel esclavage sous-traitant le renouvellement de la population à une immigration de mères porteuses ?
 
En politique
8 – L’avis majoritaire de la foule a toujours fabriqué les lynchages et les pogroms de sinistre mémoire. Pourquoi appelle-t-on cela aujourd’hui sans rire "la démocratie" en faisant croire que cela définit le bien alors que le seul avis intéressant est l’avis majoritaire, très difficile à déceler, des gens libres, compétents et engagés sur un sujet donné ?
9 –  Ce que les Politiques appellent la démocratie n’est-ce pas simplement leur achat de l’affect du peuple avec de l’argent qui n’est pas le leur ?
10 – Jean Bodin écrivait au XVIe siècle "Les six livres de la République" dans lesquels il décrivait les différentes formes de républiques, de gestions de la chose publique, dont la monarchie, la démocratie et l’aristocratie. Qui a décidé que le mot république avait changé de sens et qui définit aujourd’hui ce mot ? Comment peut-on parler sans rire des valeurs de la République alors que liberté, égalité et fraternité ont tant de sens différents allant de l’effort sur soi à l’effort des autres ?

En spiritualité
11 – S’il est bien normal que les Catholiques irakiens ou syriens prient Allah dans toutes leurs messes puisqu’ils sont Arabes et que Dieu en arabe se dit Allah, ne devrait-on pas conseiller aux Français musulmans d’utiliser le français pour invoquer Dieu ? La langue vernaculaire de la France est le français. Parler d’Allah en France n’est-ce pas tenter d’insérer l’arabe comme langue vernaculaire française ?
12 – Pendant que certains voudraient rajouter par facilité, la laïcité à la devise de la France, ne faut-il pas aller lire le chapitre "La Stratégie de l’Action islamique culturelle à l’extérieur du Monde  islamique" adoptée par "le neuvième Sommet islamique tenu à Doha en 2000″ sur le site de l’ISESCO, basé au Maroc, et pendant islamique de l’UNESCO, regroupant officiellement tous les états islamiques sunnites et chiites. N’est-il pas écrit entre autres page 28 "Contribuer à garantir aux enfants des musulmans vivant en dehors du Monde islamique, une éducation équilibrée à la fois spirituelle et cognitive afin de les protéger de l’invasion culturelle et de l’aliénation intellectuelle exercée par l’hégémonie de certains systèmes éducatifs" ? Cette perte en Occident d’une éducation équilibrée à la fois spirituelle et cognitive, n’est-elle pas la raison première de notre effondrement que nous ne voulons pas reconnaître mais qui est la source de multiples conversions de jeunes à l’islam ?
La campagne législative a-t-elle une chance d’aborder ces sujets ou devons-nous nous attendre à une nouvelle campagne anesthésiante pour que nous restions insensibles à la dégradation générale ?

Paru sur www.surlasociete.com, le 9 mai 2017
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Emmanuel Macron, plébiscité mais fragile
 
L’élection d’Emmanuel Macron (66,10% des voix) a été saluée, dimanche à 20H, par "une salve d’applaudissements" venant de l’Elysée. La précision a été donnée par France 2, lors de sa soirée électorale. Sur le plateau, Ségolène Royal ouvrait le bal, dans un troublant retour en arrière mettant en scène également François Bayrou et quelques autres acteurs du monde ancien. Deux éditorialistes du Monde et de France Inter avaient été chargés par la chaîne publique de commenter d’emblée l’événement et la plate défaite de Marine Le Pen (33,90 %).
Ce lundi, François Hollande a reconnu ressentir "beaucoup d’émotion" à la perspective de donner "la marche à suivre" à son successeur. Il aurait sans doute aimé dire : son hériter.
Bref, le renouvellement, unanimement salué ce lundi, ressemble fort, dans ses premiers pas en tout cas, à une authentique duperie. Voici en effet le retour flamboyant des figures socialistes, des commentateurs de la victorieuse presse de gauche, des journalistes cireurs de pompes, des hagiographes du "nouveau Bonaparte", des gendarmes de la pensée lisse. Voici le retour en force de la bien-pensance, confortée par les soutiens de Barack Obama (Etats-Unis) et Justin Trudeau (Canada), qui ont porté le conformisme intellectuel à son apex.
 
L’élection de Macron, ce casse du siècle dont il faudra un jour connaître les coulisses, est la victoire du progressisme et de ses leçons de morale. Les médias unanimes auront largement contribué à soutenir ce candidat du Bien, en désignant son adversaire comme le Mal incarné. Si la presse veut être à la hauteur de son rôle de contre-pouvoir, elle va devoir cesser de se pelotonner contre lui.
 
Clint Eastwood avait expliqué son soutien à Donald Trump en pestant contre "une génération de mauviettes". "Tout le monde est fatigué par le politiquement correct. On est en plein dans une génération lèches-cul", s’était agacé l’acteur américain avant la victoire de Trump. Il faut croire qu’une partie des citoyens français ne ressent pas cette exaspération devant l’angélisme et le béni-oui-ouisme que supporte le pays depuis des décennies. Apparemment, cette France-là en redemanderait même. Mais l’écueil pour Macron serait de poursuivre dans ce faux confort qui, au prétexte légitime de "renouer avec l’optimisme", en viendrait à fermer encore plus les œillères sur les réalités en se chatouillant sous les bras.
La France en colère n’est pas prête à chantonner : "Tout va très bien, Madame la marquise … " derrière la macromania qui se profile, avec sa cour, son show-biz, ses flatteurs. Seuls 40% des 20,4 millions d’électeurs de Macron ont voté pour son projet libéral, multiculturel, européen, mondialiste. 60 % ont voté Macron pour faire obstacle à Le Pen, qui a néanmoins encore accru ses soutiens (10,5 millions).
17 millions de Français ont choisi de voter blanc ou nul (4 millions) ou de s’abstenir (13 millions) en dépit des mises en garde des faux résistants à un "fascisme" inexistant. La France en colère pèse plus lourd que le noyau de l’électorat Macron, qui représente en fait un quart des votants. Si Macron se montre incapable d’entendre très vite ces Oubliés, il est à craindre qu’ils ne respectent longtemps ce tour de passe-passe démocratique, qui a fait se réjouir l’Elysée, hier soir à 20h.

Paru sur blog.lefigaro.fr/rioufol, 8 mai 2017
Publié dans Du côté des élites
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En marche… mais vers quoi ?
 
L’élection d’Emmanuel Macron a l’apparence d’un "miracle républicain". Le système politique français est depuis longtemps accusé de sclérose et d’incapacité à se renouveler. En 2016-2017, l’électorat a donné un fulgurant coup de balai dans la fourmilière et l’homme qui entre à l’Élysée est à 39 ans le plus jeune président de l’histoire. La vie politique française se trouvait empêtrée dans le vieux clivage droite/gauche. Soudain, cet archaïsme semble voler en éclats. Sa victoire ébranle un système de partis discrédité, annonçant peut-être une recomposition du jeu politique. Elle écarte les solutions démagogiques. Son exploit apporte un air de fraîcheur à la vie publique. L’histoire n’offre aucun exemple équivalent de l’ascension fulgurante d’un inconnu qui bouscule les chasses gardées et les rentes de situation, à l’exception de Louis-Napoléon Bonaparte, élu président de la République le 10 décembre 1848 à 40 ans.
 
Miracle français ou étrange illusion ? Aujourd’hui, les interrogations l’emportent sur les certitudes. Que sait-on de M. Macron ? Sa percée médiatique fut le résultat de déclarations tonitruantes qui rompaient avec les dogmes de son camp (35 heures). Inclassable, il donne des gages à la droite comme à la gauche. Mais comment sortira-t-il du flou sans provoquer de vifs mécontentements ? Adulé des médias, merveilleux communicant, sans aucun doute, mais cette qualité ne préjuge en rien, chez un homme peu expérimenté, de sa capacité à s’élever au rang d’homme d’État, de décideur et de visionnaire. De quel renouveau parle-t-on ? Au-delà du visage neuf qu’il apporte, son accession au pouvoir est-elle réellement synonyme de renouvellement de la classe politique, de son état d’esprit ? Ses soutiens affichés n’incarnent pas un franc rajeunissement… Comment échappera-t-il au soupçon d’un recyclage des notables du parti socialiste ?
 
Macron affiche ses convictions libérales sur le plan économique. Mais en revanche, ses intentions sur les sujets de société qui préoccupent les Français – éducation, sécurité, autorité de l’État, maîtrise des frontières – demeurent mystérieuses. Dans son positionnement atypique, ni droite/ni gauche, quelle est la part de l’authenticité et celle de la posture ? Et que dire de son mouvement, "En marche" cette étrange coalition centrale aux contours et ligne indéfinis qui renvoie au souvenir des Radicaux sous la IIIe République ? "En marche", oui, mais vers quoi ?
L’autre inconnue majeure tient aux sentiments profonds des Français envers leur nouveau président. La jubilation médiatique qui accompagne cette élection est-elle le reflet d’un phénomène d’adhésion dans les profondeurs du pays? Rien de moins sûr. La participation médiocre, les conditions de cette victoire dans le contexte du "Fillongate", puis face à un adversaire "repoussoir", dans sa fonction d’épouvantail traditionnel de la politique française, donnent à cette élection un goût d’inachevé. Les Français ont-ils jamais été en situation de "choisir" ? Tandis que la France "d’en haut" célèbre son sauveur providentiel sur les plateaux de télévision, une vague de perplexité déferle sur la majorité silencieuse. Que va-t-il en sortir ?
 
Par-delà l’euphorie médiatique d’un jour, le personnage de M. Macron porte en lui un potentiel de rejet, de moquerie et de haine insoupçonnable. Son style "jeunesse dorée", son passé d’énarque, d’inspecteur des finances, de banquier, d’ancien conseiller de François Hollande, occultés le temps d’une élection, en font la cible potentielle d’un hallucinant lynchage collectif, une victime expiatoire en puissance des frustrations, souffrances et déceptions du pays. Quant à la "France d’en haut", médiatique, journalistique, chacun sait à quelle vitesse le vent tourne et sa propension à brûler ce qu’elle a adoré. Jamais une présidence n’a vu le jour sous des auspices aussi incertains.
 
Cette élection, produit du chaos, de l’effondrement des partis, d’une vertigineuse crise de confiance, signe-t-elle le début d’une renaissance ou une étape supplémentaire dans la décomposition et la poussée de violence ? En vérité, M. Macron n’a aucun intérêt à obtenir, avec "En marche", une majorité absolue à l’Assemblée qui ferait de lui un nouvel « hyperprésident » censé détenir la quintessence du pouvoir. Sa meilleure chance de réussir son mandat est de se garder des sirènes de "l’hyperprésidence" qui mène tout droit au statut de « coupable idéal » des malheurs du pays, à l’image de tous ses prédécesseurs. De la part du président Macron, la vraie nouveauté serait dans la redécouverte d’une présidence modeste, axée sur l’international, centrée sur l’essentiel et le partage des responsabilités avec un puissant gouvernement réformiste et une Assemblée souveraine, conformément à la lettre – jamais respectée – de la Constitution de 1958.

maximetandonnet.wordpress.com, paru sur Figaro Vox le 7 mai 2017
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Aude de Kerros invitée à la Biennale de Venise 2017
 
Depuis 1893, Venise accueille, tous les deux ans, des délégations de tous les Etats du monde qui désirent exposer leurs artistes afin de les faire connaître au-delà de leurs frontières. La Biennale de Venise ouvre ses jardins et palais cette semaine pour la cinquante septième fois.
 
- Question de Jean Claude Santier à Aude de Kerros : Vous avez été invitée, le 10 Mai à 18h, jour de l'inauguration de la 57ème Biennale de Venise, par Chiara Donà dalle Rose, à évoquer vos analyses sur l'Art contemporain et son histoire dans son Palais, siège de sa fondation Bias & Wish. Peut-on exprimer publiquement un point de vue, à la fois cultivé et critique, sur l'Art contemporain à la Biennale de Venise ?
- Réponse d'Aude de Kerros : Cela semble étonnant, mais pas tant que cela... la Biennale de Venise n'est pas une place de marché, ce qui est exceptionnel aujourd'hui. Les enjeux sont très différents. Ce sont Etats et Fondations qui présentent les artistes et non pas les marchands. Il n'est pas nécessaire d'être un artiste "bancable" pour y figurer, c'est un autre choix, un autre point de vue sur l'art d'aujourd'hui. C'est tout l'intérêt. On vient à Venise pour prendre la température artistique du monde, pour avoir aussi une perspective historique.
 
De quoi allez-vous nous parler ?
Je suis invitée à parler de mon livre L'imposture de l'art contemporain - une utopie financière (Editions Eyrolles) dont les médias ont surtout retenu l'analyse du marché et des mécanismes actuels de la formation de la valeur. Les aspects géopolitiques ont été moins relevés, et c'est cela que j'aimerais mettre en valeur dans cette conférence. Ils sont déterminants. Venise est le bon lieu pour ce décryptage. Il peut donner au promeneur un sens à son parcours d'un pavillon à l'autre. Le monde change très vite en ce moment, de multiples événements sont révélateurs d'une grande métamorphose que j'observe avec attention et qui ne semble pas toujours évaluée et comprise.
 
Pourriez-vous nous donner quelques pistes ?
DansL'Art caché et L’imposture de l’Art contemporain je décris l’évolution, de décennie en décennie, de la pratique de "l’Art contemporain", exact inverse de la pratique de "l’Art". C'est grâce au hold-up sémantique pratiqué sur le contenu du mot "Art" que l'Amérique a pu organiser la construction artificielle de la valeur de l'art. En maîtrisant les mécanismes de la consécration par le marché, elle a pu aussi détourner l'aura et le pouvoir symbolique de l'Art.
Des années 60 à la chute de l'empire soviétique, "l'Art contemporain", d'essence strictement conceptuelle, est avant tout une machine de guerre culturelle ayant pour but de délégitimer l'Europe. Elle y réussit dès les années 70, moment où s'organisent les Foires internationales, où "l'Art contemporain conceptuel" est seul sélectionné, sorti de tout contexte territorial, consacré financièrement selon les critères exclusifs de New York. Il devient au cours des années 80 un produit hautement spéculatif. C'est au cours de ces années qu'a lieu une alliance historique entre les puissances d'argent, les intellectuels et les artistes.
Les années 90 ont vu l'effondrement du système soviétique, le premier krach boursier mondial et la fin d'un monde bipolaire, L'Amérique devient hégémonique, "l'Art contemporain" est reprogrammé et devient le support symbolique du multiculturalisme offensif, sous la forme d'un produit financier sécurisé, permettant de créer une plateforme de vie sociale trans frontières.
 
Les années 2000 verront un marché de "l'Art contemporain" réorganisé. Foires et salles des ventes deviennent les plateformes d'une vie sociale réunissant les très grandes fortunes du monde entier, lieux de rencontres et de sociabilité où s'échangent produits financiers et monétaires en cercle fermé, toutes pratiques adaptées à la globalisation sous hégémonie américaine. Cet "Art contemporain" règnera sans contradicteurs jusqu'au seuil des années dix.
 
Qu'en est-il aujourd'hui ?
A la suite du krach financier de 2008, le climat change : révolutions technologiques, tempêtes financières, religieuses et culturelles, évolution géopolitique vers la pluri-polarité rendent moins assurée la domination d’un demi-siècle de cet art officiel planétaire. C'est la fin d'un unique soft power. Un certain nombre d'Etats ont la volonté d'en avoir un, "non aligné", si l'on peut s'exprimer ainsi. L'on assiste a de multiples initiatives qui nous font quitter les rivages de l'art officiel "total-global", ses répétitions obsessionnelles et demi-séculaires. Cette nouvelle donne mérite examen, chaque jour apporte des éléments nouveaux.
La Biennale de Venise est une des scènes où se joue le softpower attaché à l’Art contemporain. On y voit en se promenant les grandes tendances de la géopolitique de l’art… quelques faits, quelques clefs permettent de mieux comprendre.
 
 "Scène Géopolitique de l’Art contemporain" par Aude de Kerros, Palazzio Donà dalle Rose, le 10 Mai, 18h 30, Cannaregio 50-38, Venise

Paru sur le Syndicat des Journalistes de la Presse Périodique, Envoyé par l'auteur, 9 mai 2017
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La punition de la France
 
Macron, instrument de la mise en tutelle de la France
"Il faut ignorer l'Allemagne, pardonner à la Russie et punir la France." La déclaration faite en mars 2003 par Condolezza Rice, la conseillère du président Bush pour la sécurité nationale, est la réaction au refus de notre pays de participer à la deuxième guerre du Golfe.
Thomas L. Friedman, le célèbre éditorialiste du New York Times, allait plus loin : pour lui, la France "n'est pas seulement une alliée irritante ou une rivale jalouse. Elle est devenue l'ennemie des Etats-Unis".
 
Delenda est Gallia
Qu’avait donc fait la France ? Avait-elle envoyé des commandos au secours de Saddam Hussein ? Lui aurait-elle livré des armes ? Avait-elle interdit le survol de son territoire aux avions de l’OTAN ? Pas le moins du monde : elle s’était contentée de ne pas participer à la coalition qui a détruit l’Irak en 2003 dans une guerre qui, selon Donald Trump lui-même, fut une erreur. Une erreur fondée sur l’idée que l’Irak avait un programme d’armes de destruction massive, ce qui s‘est avéré faux. Mais l’Empire à son apogée (ou à son déclin ?) est ombrageux : il veut désormais des alliés inconditionnellement alignés.
Qu’a donc été la punition promise par Madame Rice ?
Nous le savons aujourd’hui : empêcher que la France ait des présidents susceptibles de s’écarter de quelque manière que ce soit de l’hégémonie américaine, et qui donc aient quelque personnalité. Bref, priver la France de chefs susceptibles de s’opposer aux États-Unis ou même de faire le moindre écart par rapport à leurs diktats.
C’est ce qui est arrivé à partir du retrait de Chirac.
Sarkozy avait certes quelque caractère mais il était intellectuellement acquis à l’hégémonie américaine. Il a fait voter le traité de Lisbonne, réintégré la France dans le commandement intégré de l’OTAN, s’est engagé dans la guerre de Libye et a participé au déclenchement de la guerre de Syrie.
Hollande a été un allié encore plus docile, voire servile du grand frère américain et de l’ensemble des forces occidentales qui le soutiennent.
La faiblesse de ces personnalités, leur manque de classe, l’alignement veule de la diplomatie française sur celle de l’OTAN, y compris contre nos intérêts les plus évidents même quand cette diplomatie s’est avérée criminelle (soutien aux terroristes), tout cela a conduit à un mépris universel pour la France. Elle ne compte plus et personne ne s’intéresse à ce que disent ses représentants, spécialement le dernier président.
Le discours de Villepin à l’ONU sous Chirac en 2003, avait été le chant du cygne de la diplomatie française, précisément ce qu’il fallait punir (1).
 
Les mécanismes de l’asservissement
Comment en est-on arrivé à pareil résultat ?
Il fallait en tous les cas contourner l’obstacle de l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel voulue expressément par le général de Gaulle pour s’assurer que le président français aurait du caractère.
Quand quelqu’un comme Condolezza Rice parle comme elle l’a fait, c’est qu’elle avait quelques moyens d’agir sur notre pays, autres que le boycott du roquefort. Loin de nous de voir en tout l’effet d’un complot. Il reste que ces néoconservateurs américains dont elle était le porte-parole savaient ce qu’ils disaient en parlant de "punir la France". Par quelles manipulations comptaient-ils le faire ?  Nous n’en aurons pas de sitôt le dernier mot. Wall Street n’intervient pas forcément de manière directe : il subventionne des fondations qui n’ont rien d’autre à faire qu’à suivre la politique des Etats européens et à veiller à leur alignement.
Ils utilisent pour cela des moyens variés. Les demi-habiles, comme disait Pascal, croient que l’influence passe par des pressions économiques : une bonne politique du personnel, planifiée assez en amont, est bien plus efficace (2). Le recours au chantage n’est pas exclu. A tort ou à raison, certains voient dans la docilité d’Angela Merkel l’effet de telles méthodes. C’est pourquoi les plus vulnérables à ces pressions ont plus de chances qu’on les laisse émerger - comme autrefois les Soviétiques avaient favorisé l’élection au secrétariat général des Nations unies de Kurt Waldheim dont ils étaient les seuls à connaitre le passé nazi. Mais l’élection de candidats médiocres résulte aussi de l’élimination de tous ceux qui le sont moins, qui pourraient avoir l’audace de jouer les fortes têtes dans le concert européen ou atlantique.  Beaucoup ne se doutent même pas qu’ils ont été victimes de cette mécanique. 
Il ne faut pas pour autant imaginer une organisation internationale centralisée. C’est de soft power qu’il s’agit : les adhérents à la doxa internationale dans les pays concernés sont suffisamment nombreux et puissants (spécialement dans les médias et en France), pour agir par eux-mêmes.
 
Le cas Macron
La présente élection présidentielle met au jour de manière particulièrement visible, voire caricaturale, ces mécanismes par lesquels on veut "punir la France".
Nombre de Français se désolent de ne retrouver au second tour que Marine Le Pen installée par l’appareil médiatique dans la position du repoussoir et Emmanuel Macron lequel, comme par hasard, apparait comme la figure achevée du leader dont les réseaux transatlantiques rêvent. Il est peu compétent en politique internationale et donc prêt à s’aligner sur l’Allemagne, Bruxelles et surtout l’État profond américain qui a soutenu Hillary Clinton et qui, malgré Donald Trump, promeut un état de guerre larvée contre la Russie et poursuit politique de déstabilisation de la Syrie en s’appuyant sur les djihadistes. Un Macron partisan non seulement de maintenir mais de renforcer l’Europe et de l’euro, partisan de toutes les évolutions libertaires (mariage homosexuel en tête), du libre-échange et du mondialisme avec sa conséquence, l’écrasement des classes moyennes, partisan de l’immigration et donc de l’arasement des classes populaires et de la balkanisation du pays, du reniement de la France (coupable selon lui de crime contre l’humanité et qui n’a pas de culture !). On pourrait continuer : sur aucun sujet, nous disons bien aucun, Macron ne s’écarte du discours dominant dans les forces qui le soutiennent. Pourquoi le candidat préféré des médias colle-t-il d’aussi près à la doxa ? Adhésion spontanée, personnalité immature et flexible apte à prendre les postures que l’on attend de lui ou bien contrainte implacable de ses mentors ? Rappelons que le premier dîner de levée de fonds de Macron a été organisé à Londres par un cadre de Goldman Sachs, or ces gens ne plaisantent pas : ils exigent un alignement à 100 %.
 
C’est précisément ce qu’ils ne trouvaient pas chez Fillon. Malgré la discrétion du candidat  des Républicains et son adhésion à l’essentiel de la doxa : libre-échange, Europe de Bruxelles, euro, programme économique libéral, non remise en cause des "avancées" libertaires, François Fillon voulait, conformément à la tradition gaulliste, faire évoluer la position française l’égard de la Russie. De même que la France de Chirac avait été tenue pour une ennemie de l’Amérique par sa simple abstention dans la guerre d’Irak, la politique de Fillon était jugée inacceptable car non entièrement alignée.
 
La haute banque, avec tout ce qui tourne autour, ne se contente plus d’un pouvoir d’influence sur des hommes que le peuple élirait librement, elle veut désormais prendre le contrôle direct du pouvoir politique. A l’évidence Macron est l’instrument consentant et passif de cette prise de contrôle.
La victoire de Fillon à la primaire des Républicains, contre un Juppé préprogrammé lui aussi, témoignait d’une perte de contrôle momentanée du système. Eliminer par tous les moyens Fillon que cette victoire plaçait sur orbite pour la présidence, tel était le but de l’opération de déstabilisation fondée sur les salaires (parfaitement légaux) versés à son épouse, exécutée par une justice aux ordres et relayée en grand par une presse désormais monolithique. Que l’opération ait été concoctée par Macron, principal bénéficiaire, et ses proches, Hollande et Jouyet en tête, qui peut en douter ?
Cette opération viole, est-il nécessaire de le rappeler, tous les usages de la République par l’ingérence éhontée de la justice dans un processus électoral, sorte de « coup d’état » sans précédent dans l’histoire électorale de notre pays. 
Elle vise à porter à l’Elysée par tous les moyens Emmanuel Macron, punition suprême du peuple français. Le peuple français se laisser a-t-il encore manipuler ? On aurait tort de sous-estimer sa capacité de réagir. 
 
(1) Cela dit sans préjudice de l’évolution ultérieure de Villepin ;
(2) Le film de Polanski, The ghost writer, illustre à merveille cette planification très en amont du personnel politique européen. Les révélations qu’il contient ne sont évidemment pas étrangères aux problèmes judiciaires rencontrés par le réalisateur, à partir de faits vieux de 40 ans. 

roland.hureaux.over-blog.com, paru dans Liberté politique, 5 mai 2017
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