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PMA, retraites, voile... Stop aux débats permanents, place enfin aux actes
 
On agite des hochets que sont le référendum d'initiative populaire, le mythe de la démocratie directe ou participative et bien sûr le "débat" lancé à tout propos, en réponse à l'indécision du pouvoir ou face à la peur des décisions à prendre. Mais il serait plus que temps de passer aux actes. 
 
Le titre du livre de François Mitterrand Le coup d'Etat permanent était prémonitoire mais, aujourd'hui, il faudrait plutôt parler du "coup du débat" permanent et de son coût. A priori, on devrait se réjouir des débats et de cette possibilité d'exprimer son avis car ce pourrait être un progrès sociétal. Point du tout : le débat supposé calmer les esprits est en réalité donné en pâture à l'opinion publique pour éviter de décider et donner la preuve que l'on consulte dans un bel esprit démocratique. Cela rejoint un peu la pratique du "ballon d'essai" consistant à lancer une idée et à attendre de voir la réaction qu'elle suscite. Le débat est, hélas, actuellement la meilleure façon de réduire les réformes à une peau de chagrin. Nous nageons en plein contresens, les Français ne veulent plus être représentés par leurs représentants car ceux-ci sont tous, semble-t-il, discrédités à leurs yeux : politiques, élus (sauf peut-être les maires), syndicats, gouvernants et représentants de l'État sous toutes ses formes (certains révoltés de banlieues en veulent même à ceux qui les secourent). L'exemple des 
Gilets jaunes qui ne voulaient être représentés par aucun des leurs, en est la parfaite illustration.
 
“En même temps " (le mal démocratique ?), les citoyens exigent d'être toujours plus écoutés. S'agit-il d'un narcissisme républicain ? D'une haute idée de soi-même ? D'un égoïsme de classe ? D'ignorance de la complexité des sujets et du monde ? Ou encore de la responsabilité des réseaux sociaux qui sont un outil d'appropriation du débat extrêmement puissant où chacun peut y exprimer ce qu'il veut, quand il veut, comme il le veut ! Plus aucun filtre. Le terreau de la bataille des opinions : le média c'est moi, la liberté c'est la mienne, c'est mon opinion et je la partage ! La norme, c'est mon bon vouloir. Toute une éducation à revoir. Et des mentalités à faire évoluer.
Face à cela, que faire lorsqu'on est Premier ministre ou président de la République sinon nous demander notre avis ? Ainsi on agite des hochets que sont le référendum d'initiative populaire, le mythe de la démocratie directe ou participative (participation à tout et à rien) et bien sur le fameux "débat" lancé à tout propos, tous les jours, en réponse à l'actualité, aux révoltes, à l'indécision du pouvoir ou encore face à la peur des décisions à prendre.
Nos compatriotes ne sont pas à une contradiction près qui veulent, en même temps, de l'autorité tout en fustigeant la police dès qu'il y a une pseudo "bavure", de la liberté tout en exigeant des lois sur n'importe quoi, des règles mais en refusant de les respecter (le cinéma autour des 80km/heure est un roman en soi).
 
Le bon sens n'est pas le sujet
Ainsi fructifie le règne du débat, et nous en arrivons même à débattre de l'opportunité de débattre. Car les Français ne sont pas tous d'accord sur le principe, dans la mesure où la conclusion risque d'être contraire à leur propre opinion : on souhaite un débat mais entre gens à peu près du même avis.
C'est en tous les cas la nouvelle poule aux œufs d'or des médias dont les émissions de "débats contradictoires" se multiplient : il faut clasher et mettre les débatteurs les uns face aux autres. Ils ne s'écoutent pas, et c'est le principe car ils ne doivent en aucun cas être d'accord pour que chaque auditeur y retrouve ses petits. Simultanément et en contradiction avec ce modèle audiovisuel soi-disant impartial, la liberté d'expression est de plus en plus restreinte : il faut rester dans les clous du politiquement correct, il est mal vu de réfléchir par soi-même en s'éloignant des autoroutes de la pensée. Le bon sens n'est pas le sujet...
Nous avons ainsi un débat sur le voile qui sévit avec virulence depuis des mois, renforcé et ravivé régulièrement par des faits divers, le débat est sans fin et ne devrait pas trouver de solution, on brandit la perspective d'une loi sur laquelle personne n'est d'accord et qui sera de toute façon qualifiée d' "islamophobe" et "discriminatoire".
Le débat sur la laïcité a des variantes surtout dans l'Education Nationale. Le débat sur la fiscalité, lui, est permanent, entre autres sur le regretté ISF : il faut punir les riches et on mélange tout : les exilés fiscaux, l'abus de droit, les dividendes etc.
Débat sur les retraites : on en a pour 30 ans et on nous prévient d'ailleurs. Mais nous sommes prêts à débattre 30 années entrecoupées de grèves. Cela ne nous fait pas peur.
 
Les Français réclament plus d'autorité
Débat sur la "théorie du genre" accaparé par les féministes et la gauche, il s'est transformé en débat sur la PMA. Le plus hallucinant des débats sur le sujet a été mené à l'Assemblée Nationale par la ministre de la Santé et la Garde des Sceaux, elles-mêmes s'emmêlant les pédales au sujet de la PMA pour les transgenres : qui dans ce cas a droit à la PMA ? Le père qui est en fait une femme ?  Ou la mère qui a été transformée physiologiquement en père (sic) Une chatte n'y retrouverait pas ses petits... Pas de bon sens on vous dit, c'est une perversion des idéologies.
Je vous passe les débats sur l'écologie, le climat, les gaz à effet de serre, l'agriculture bio, l'immigration et les fameux quotas dont on débat depuis des lustres et dont le sujet est reparti cette semaine comme en 40.
Le débat a un corollaire : la manif. En effet, lorsqu'on lance un débat il est bon de manifester de façon préventive, et d'anticiper le fait que le résultat du débat pourrait ne pas vous satisfaire personnellement et collectivement.
Tout cela devient insupportable et générateur de clivages, de caprices et de mauvaise volonté nationale. Le faux débat permanent rend notre pays chaotique, l'attente de décisions qui n'arrivent pas à émerger fait monter les tensions. Comment en vouloir à quelque gouvernement que ce soit qui, bien sûr, finit par reculer à l'idée de mettre le feu aux poudres sur n'importe quel sujet. Nous en sommes donc arrivés à vouloir nous mettre un frein à nous-mêmes, en appelant de nos vœux un régime autoritaire. Entre autorité et liberté, encore un débat de fond qui agite les esprits des citoyens, des décideurs publics, des patrons face à leurs salariés, des parents face à leurs enfants, des professeurs face à leurs élèves... etc.
 
Selon un sondage, les Français veulent plus d'autorité : à 60 % les valeurs militaires sont perçues comme efficaces, on réclame également plus d'autorité pour les enfants en classe : 56 % des Français se disent satisfaits de l'école mais attendent plus de discipline (sondage de L'Obs.). Cela n'empêche pas d'insulter les profs quand le petit est puni.
Tout ça pour dire que nous rêvons qu'un beau matin quelqu'un enfin nous dise enfin... “Y'a pas débat !" 

Envoyé par l'auteur, paru dans Challenges, 7 novembre 2019
Publié dans En France
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Communautarisme : vers un point de non-retour ?
 
Le propos du Président MACRON est sans ambiguïté : "Quand on éduque nos enfants, on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire." Le problème est simple : soit les sorties scolaires font partie de la scolarité et sont un temps où "on éduque nos enfants", auquel cas "on demande qu’il n’y ait pas de signe religieux ostentatoire". Soit elles n’en font pas partie, alors elles n’ont strictement rien à faire dans ce temps-là.
Depuis 30 ans, les pressions ne cessent de s'intensifier

Mais s‘agit-il seulement d’une question de laïcité ? Comme l’a précisé Tahar BEN JELLOUN sur France Culture : "Le corps de la femme est le principal objet de fixation chez certains musulmans, qu’ils soient chiites ou sunnites. C’est pour cela qu’on cherche à ce que le corps des femmes ne s’exprime pas, qu’il ne se dévoile pas, qu’il ne soit pas libre. Alors, on le cache." En 1954, la première demande formulée à Gamal ABDEL NASSER par les Frères musulmans fut de voiler les femmes. Inimaginable pour le progressiste NASSER ! Emmanuel MACRON s’interroge : "Mais pourquoi cela nous insécurise, ce voile ? C’est que ça n’est pas conforme à la civilité qu’il y a dans notre pays. C’est-à-dire aux rapports qu’il y a entre les hommes et les femmes dans notre pays. Nous sommes attachés, et ça c’est très républicain, c’est même révolutionnaire, à cette égalité entre l’homme et la femme." Le problème que soulève le couvrement des femmes est loin d’être anecdotique, en ce qu’il dessine le projet de société et l’éthique qui le sous-tend.

Depuis trente ans, les pressions pour le port du voile ne cessent de s’intensifier. Dans son rapport pour l’Institut Montaigne, Un islam français est possible, l’auteur Hakim EL KAROUI qui a conduit une enquête avec l’Ifop indique que 65 % des musulmans en France y sont favorables et que pour 29 % des sondés, la loi islamique (charia) est plus importante que la loi de la République. Nonobstant ce constat, le rapport propose un plan que l’écrivain Boualem SANSAL jugeait, dans un discours prononcé en décembre 2016 à la Fondation Varenne, dangereux : "Quand j’ai lu ça, je suis tombé à la renverse, j’ai compris que le plan était un programme d’arabisation et d’islamisation des plus sévères, il ne laissait aucune possibilité de faire machine arrière en cas de regret. Il ressemblait comme deux gouttes d’eau au plan d’arabisation et d’islamisation que le pouvoir algérien a mis en œuvre en Algérie au début des années 80 sous la pression de l’Arabie saoudite et qui allait en peu de temps faire de nous des perroquets wahhabites salafistes."

Le monde musulman vit dans la nostalgie de l’apogée de sa puissance. Cet âge d’or, c’est sa fierté, et la fierté y est un élément structurant. Indignes de respect sont ceux qui paraissent dépouillés de toute fierté, qui posent genou à terre tels les Occidentaux entraînés dans la repentance et la culpabilisation par leurs propres élites, et qui à présent se déchirent pour savoir s’il convient de ramener parmi eux les djihadistes. Nous n’avons pas fini de payer le prix de ce choc de perceptions.

Au moment où s’ouvrait le débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale, Christophe CASTANER reconnaissait que "nous avons loupé ces dernières années l’intégration telle que nous aurions dû la réussir". Au long des dernières décennies, l’État – et non la France ni la République – n’a cessé d’entraver, voire de dissuader le processus d’intégration : importance des flux migratoires qui ont entraîné l’accroissement de la pression sur les personnes et un réenracinement dans les mœurs du groupe culturel d'origine ; déresponsabilisation des familles ; accommodements déraisonnables ; discrimination positive qui institue une inégalité en raison des origines, dans un pays où le principe d’égalité a été arraché par une révolution. L’État est allé jusqu’à introduire la finance islamique, comme le rappelle le portail de l’Économie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics du gouvernement : "La finance islamique, conforme aux principes de la Charia, bénéficie d’aménagements fiscaux en France depuis 2008." Aujourd’hui, en raison même de nombreuses fautes commises par nos élites de commandement, une part des descendants de l’immigration ne comprend pas ce qui lui est reproché et en souffre sincèrement. Dans les enquêtes de terrain menées par la sociologue Évelyne RIBERT, il apparaissait de façon assez claire que dans l’esprit des jeunes de l’immigration, les papiers d’identité français n’engagent pas nécessairement leur propre identité. À qui la faute, si un certain nombre de vérités n’ont pas été dites ?

Depuis Pierre JOXE ministre de l’intérieur, Les autorités se sont obstinées à vouloir organiser, financer, structurer l’islam en France. Leur projet ? Faire émerger un nouveau pouvoir tutélaire, une sorte d'imam suprême qui parle au nom d’une communauté qu’on voudrait voir unifiée, quand il faudrait s’atteler à créer les conditions de l’émergence d’une liberté individuelle. Et tout en œuvrant ainsi à communautariser encore davantage la société, pas un jour sans que ces mêmes autorités ne déplorent cette communautarisation. Que faire devant un tel degré d’incohérence ?

Envoyé par l'auteur, 8 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
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Les quotas ne sont qu’un outil, pas une politique
 
FIGAROVOX.- Le gouvernement doit dévoiler ce mercredi vingt nouvelles mesures sur l’immigration, une semaine après que le Président a tenu des propos fermes sur cette question dans un entretien à Valeurs Actuelles. L’objectif assumé est-il bel et bien de faire baisser l’immigration en France ?
 
Jean-Thomas LESUEUR.- Non. À aucun moment, le président de la République ni le Premier ministre n’ont publiquement assumé un objectif de baisse de l’immigration légale en France qui était, pour mémoire, de 256 000 personnes en 2018 (+3,4% par rapport à 2017, chiffres ministère de l’Intérieur). La question migratoire constitue un sommet du "en même temps" macronien, une tactique faite pour étourdir l’adversaire sans portée stratégique. L’exécutif n’a pas de vision sur ce dossier. Il se contente de faire des "coups" et d’envoyer de temps à autre des signaux à l’électorat de droite. Avec Emmanuel Macron, la politique migratoire, qui est un sujet grave et lourd compte tenu des tensions identitaires actuelles, est l’otage de calculs politiciens.
 
Parmi les mesures attendues, figure celle d’imposer des "objectifs chiffrés ou des quotas" pour l’immigration économique légale (Muriel Pénicaud sur BFMTV mardi matin). Quelle sera l’efficacité de cette mesure ?
Si elle vise bel et bien à réduire l’immigration économique, pourquoi pas ? Cela permettrait d’adapter le flux au besoin et, logiquement, de stopper le flux une fois le besoin satisfait. Mais le problème est qu’au-delà de l’effet d’annonce, on ignore le but recherché par l’exécutif. Les quotas ne sont qu’un outil, ils ne font pas une politique.
J’ajoute que si l’immigration économique a connu une forte progression en 2018 (+22% par rapport à 2017), elle ne représente que 13% des entrées légales sur le territoire (33 500 sur les 256 000 évoquées plus haut). Cela veut dire que, si on veut baisser significativement l’immigration légale dans notre pays, il faut actionner d’autres leviers.
 
Si l’immigration économique ne représente qu’une petite partie du nombre total d’immigrés, quelles autres mesures faudrait-il prendre ? Faut-il s’attaquer à la politique française de regroupement familial ?
Si l’objectif recherché est la baisse de l’immigration, oui, il faut regarder du côté des entrées légales pour motif familial qui ont représenté 90 000 titres délivrés (35% du total) en 2018. Il est parfaitement possible de restreindre l’accès au regroupement familial, les mesures existent : en renforçant les exigences de maîtrise de la langue, en accroissant le coût du visa, en conditionnant le regroupement familial à la capacité de l’étranger à subvenir aux besoins de sa famille, en imposant un délai de cinq ans par exemple avant qu’il puisse bénéficier des allocations familiales ou d’un logement social.
Mais s’attaquer au regroupement familial, c’est forcément poser la question de l’accès à la nationalité. Pourquoi ? Car dans cette catégorie qu’on appelle le "regroupement familial", la sous-catégorie des "familles de Français" représente 53 % du total (47 950 en 2018). Elle concerne des citoyens français qui font venir de l’étranger leur conjoint, leurs ascendants ou leurs enfants. C’est elle qui alimente le phénomène d’"autoengendrement des flux familiaux" qu’a mis en lumière Michèle TRIBALAT et dont la dimension exponentielle est évidente. Dans son livre Les yeux grands fermés paru en 2010, la démographe signale que le nombre de personnes entrées comme "familles de Français" a été multiplié par quatre entre 1996 et 2003. La part des naissances d’origine étrangère dans l’ensemble des naissances en France a presque doublé en quarante ans, passant de 11,6 % en 1968 à 18,1% en 2005. De fait, près de trois enfants sur dix nés en France en 2015 ont au moins un parent étranger (chiffre INED).
 
Le gouvernement, sans s’attaquer réellement à l’AME, envisage également d’instaurer un délai de carence avant d’accéder à la Sécurité sociale…
Pour être précis, il s’agit d’un délai de carence de trois mois avant d’accéder à la Protection universelle maladie (PUMa), la Sécurité sociale de base. Concernant l’Aide médicale d’État (AME) qui bénéficie à 318 000 personnes, il serait question de soumettre certains actes non-urgents à l’accord préalable de la Sécurité sociale. On est assez loin d’un durcissement réel des conditions d’accès… La suppression pure et simple de l’AME serait pourtant aisément envisageable (seuls trois autres pays, la Belgique, les Pays-Bas et le Portugal, offrent un dispositif similaire), ce qui ne signifie évidemment que les situations d’urgence ne seraient pas prises en charge.
 
Comment parvenir à l’objectif fixé par le chef de l’Etat : 100 % de reconduites à la frontière effectives d’ici la fin du quinquennat ?
Cette annonce est stupéfiante. Comment le président de la République peut-il annoncer un objectif de 100% de reconduites effectives à la frontière alors qu’on sait qu’on est à 4% (selon les chiffres de la Cour des comptes)? On est en dehors de toute réalité…
Car la réalité est que la longueur des procédures d’examens des dossiers de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), prolongées de recours presque systématiques auprès de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), la non-exécution des obligations de quitter le territoire français (OQTF) amènent à une situation de maintien quasi général des déboutés de l’asile sur le territoire. Une fois que tous les recours sont épuisés, ce qui peut prendre plusieurs années, ces derniers viennent grossir les rangs de l’immigration illégale tolérée de fait. Chaque jour passé en France est alors un pas vers la régularisation, facilitée par la circulaire VALLS de 2012.
Face à cela, l’exécutif annonce vouloir réduire les délais d’instruction des dossiers pour les demandeurs d’asile, en accroissant les moyens de l’OFPRA et de la CNDA. Faut-il rappeler que c’était déjà l’une des ambitions de la loi COLLOMB de septembre 2018, il y a à peine plus d’un an ...?
 
Une telle politique a un coût important ! La France peut-elle le supporter ?
Il faut d’abord noter que c’est très difficile. Concrètement, cela veut dire que l’immigré débouté doit être accompagné par deux policiers, qu’il faut donc payer trois billets d’avion, qu’il faut affronter les esclandres qui éclatent souvent, les autres passagers qui "défendent" le débouté, etc. Et surtout, il faut que le pays de retour accepte de le recevoir. Il est donc sans doute nécessaire d’accroître les moyens sur la reconduite à la frontière (et en priorité sur les services de police) mais il est douteux que cela ait un effet très significatif.
Preuve de la difficulté, aucun pays européen n’a de bons résultats en la matière. L’Australie, qui est souvent citée en exemple d’une politique migratoire stricte, non plus. Mais je cite l’Australie car elle a compris une chose simple : en attendant de trouver le moyen de faire effectivement quitter le territoire aux immigrés illégaux, elle tâche de limiter drastiquement leur entrée.

Paru sur Figarovox, 6 novembre 2019
Publié dans Du côté des élites
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La France à la merci de l’ennemi intérieur
 
La République feint d’avoir à l’œil les émeutiers des cités. Pour la version officielle, ce ne sont que des petits voyous. Des sociologues aux yeux clos confirment la banalisation du phénomène : selon eux, ce profil de décervelés serait commun à tous les quartiers "sensibles". Lundi, le premier ministre a donc qualifié de "petite bande d’imbéciles et d’irresponsables" les incendiaires du centre culturel de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines). Tout juste si Édouard Philippe ne les a pas menacés d’une fessée. Les faits : samedi soir, une centaine d’encagoulés, armés de barres et de bâtons, ont affronté la police, piégée dans un guet-apens. La canaille a fait usage de tirs de mortiers artisanaux, avant de mettre le feu à L’Arche : un lieu inauguré en juin 2018 et destiné à faire découvrir aux enfants les arts de la scène et du cirque. À aucun moment, des familles de la cité de La Noé n’ont cherché à s’interposer. Le gouvernement invoque une énième guerre de bandes et de dealers de drogue. Ces causes existent. Mais l’occultation de l’aspect politique de ces sortes d’intifadas signe le désarroi du pouvoir. Il est à la merci de l’ennemi intérieur.
 
En fait, cela fait des décennies qu’est resservie la même fable des enfants sauvages dans la jungle des villes. Ils seraient l’unique origine des violences urbaines. Ce baratin est celui des naïfs et des désinformateurs. Les enragés, prêts à tuer du flic, sont plus gravement les bras armés d’une contre-société vindicative. En son sein s’élaborent les discours de haine contre la nation. Elle est présentée comme une puissance coloniale, symbole de l’Occident décadent. La propagande, qui sublime la résistance palestinienne, entretient également la confusion entre Israël et la France. Les cibles des "jeunes" ne doivent rien au hasard. Elles révèlent l’objectif qui sous-tend les affrontements. Les caisses d’allocations familiales (CAF) sont préservées des assauts. En revanche, les écoles et les établissements culturels (médiathèques, bibliothèques, maisons de quartier, etc.) sont détruits pour ce qu’ils représentent d’une civilisation étrangère. Le 1er novembre, c’est une école de Béziers qui a été incendiée. La faute à Halloween, paraît-il…
 
C’est dans ce contexte explosif qu’une partie de la gauche, Jean-Luc Mélenchon en tête, a choisi de pactiser avec les promoteurs de l’islam politique, dans une manifestation commune dimanche à Paris. Le président de La France insoumise a répondu à l’appel "Stop à l’islamophobie !" lancé par des organisations proches des Frères musulmans. Yannick Jadot (EELV) (qui en définitive ne manifestera pas), Philippe Martinez (CGT), Benoît Hamon (Génération. s), Olivier Besancenot (NPA), la Ligue des droits de l’homme ont joint leur nom à ce front de la honte. Il confirme le naufrage des nouveaux collabos. En quête d’électeurs, ils flattent les discours victimaires des islamistes. Alors que les chiffres du gouvernement pour 2018 montrent que les actes antimusulmans (100) ont connu leur plus bas niveau depuis 2010, les pétitionnaires assurent que "depuis des années, les actes qui les visent s’intensifient". L’attentat contre une mosquée de Bayonne par un vieux cinglé et la remarque faite à une mère portant le hidjab dans un lieu public suffisent à leur démonstration.
 
La trahison de Mélenchon et de ses alliés est celle de leaders "antiracistes" qui ont renoncé à attirer l’électorat musulman vers la République, pour aller au contraire vers les plus radicaux. Les islamistes, qui injurient la nation, ne pourront que triompher des prises de guerre qu’ils exhiberont dimanche. Certes, ce rapprochement islamo-gauchiste n’est que l’aboutissement d’une convergence entre la gauche marxiste et l’islam révolutionnaire : ils voient tous deux le musulman comme le damné de la terre. Cependant, ce serait oublier que ce sont les actes antijuifs (541) qui ont bondi de 74 % en 2018, sous l’effet d’une judéophobie promue par la culture coranique. À quelques jours des massacres du 13 novembre 2015, notamment au Bataclan, il est scandaleux d’entendre les militants de l’islam totalitaire se lamenter sur leur sort, consolés par ceux qui, à gauche, ne voient des "fascistes" que dans le peuple français abandonné. Les citoyens n’oublieront probablement pas cette débandade.

Paru dans Le Figaro, 8 novembre 2019
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Le voile islamique

A notre époque, le fait pour beaucoup de musulmanes de sortir la tête couverte est souvent perçu comme une exclusivité de la religion islamique. Or, l’origine de cette tenue est très antérieure à l’apparition de l’islam. Toutes les civilisations, celles de l’Antiquité grecque et romaine comme celles des Perses, des Pharaons et de l’Ancien Testament, ont connu cette pratique qui n’avait rien de religieux et pouvait aussi concerner les hommes, en particulier chez les juifs.

La dimension religieuse du voile féminin est apparue avec le christianisme comme le montre l’universitaire Bruno-Nassim Aboudrar dans un livre récent, Comment le voile est devenu musulman (Flammarion, 2014), où il commente les recommandations de saint Paul dans sa première épître aux Corinthiens (11, 2-16) ainsi que l’interprétation qu’en ont faite deux Pères de l’Eglise, saint Clément d’Alexandrie et Tertullien.
Suivant l’exemple de la Vierge Marie, que l’on n’imagine pas non voilée, des générations de chrétiennes laïques ont porté mantille, foulard ou chapeau pour se rendre à l’église. Cette tradition perdure chez une partie des catholiques et chez les orthodoxes. Quant au voile des religieuses, il signifie leur consécration à Dieu, état de vie inconnu en islam. Le christianisme ne fait pas de la tête couverte une obligation civile ni même morale, mais en Europe le couvre-chef a longtemps fait partie de la tenue habituelle des femmes.


Chez les Arabes d’avant l’islam, seules les femmes des couches aisées et libres portaient un voile pour se distinguer des servantes et des esclaves. Mais, très vite, cette tenue a eu une double dimension, à la fois civile et religieuse, comme le rappelle l’imam Hassan Amdouni, établi en Belgique, dans un manuel récent sur la toilette féminine : "L’islam est une religion qui englobe la vie dans tous ses aspects […] parce qu’elle émane de Celui qui a créé l’être humain et qui sait, par conséquent, ce qui lui convient le mieux" (Le hidjâb, Maison d’Ennour, Paris, 2001, p. 14).
 
Le "voile"dans le coran
Trois versets coraniques abordent la tenue vestimentaire et le comportement des femmes hors de leurs foyers. Sur ce point, les traductions effectuées par certains spécialistes français utilisent indistinctement le mot "voile" alors que les textes arabes comportent trois vocables ayant un sens différent dans chacun des versets.

> Coran 24, 31 : "Dis aux croyantes de baisser leurs regards, d’être chastes, de ne montrer que l’extérieur de leurs atours, de rabattre leurs voiles sur leurs poitrines […]. Dis-leur encore de ne pas frapper le sol de leurs pieds pour montrer leurs atours cachés".
Le mot arabe est ici khimâr (khumur au pluriel). Il désigne "tout ce qui cache". La tête et les cheveux n’étant pas mentionnés, on peut comprendre qu’il s’agit d’un fichu-châle servant à couvrir le décolleté.

> Coran 33, 59 : "Prophète, dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de se couvrir de leurs voiles : c’est pour elles le meilleur moyen de se faire connaître et de ne pas être offensées".
Le mot arabe est ici jalâbîb (pluriel de jilbâb). Il désigne un ample vêtement (robe, cape ou manteau) couvrant les habits de dessous, donc plus enveloppant que le khimâr. Là non plus la tête et les cheveux ne sont pas mentionnés.

> Coran 33, 53 : "Ô vous qui croyez ! N’entrez pas dans les demeures du Prophète sans avoir obtenu la permission d’y prendre un repas, et attendu que le repas soit préparé. […] Quand vous demandez quelque chose aux épouses du Prophète, faites-le derrière un voile. Cela est plus pur pour vos cœurs et pour leurs cœurs"
Dans ce verset, qui ne concerne que les femmes de Mahomet, le mot arabe est hidjâb. Il signifie "tenture" ou "rideau", comme le montre son usage dans d’autres passages où il évoque le fait de dérober aux regards et de séparer certains lieux et certaines personnes entre eux (cf. 7, 46 ; 17, 45 ; 19, 17 ; 38, 32), mais aussi le fait de voiler le cœur et l’intelligence (cf. 41, 5), ou encore de maintenir la séparation entre Dieu et l’homme (42, 51).

Ainsi, le Coran pose des principes sans pour autant décrire un vêtement islamique-type pour les femmes.

 
Applications
Depuis l’origine, les juristes musulmans considèrent le port d’une tenue féminine enveloppante comme obligatoire. Pour pallier l’imprécision du Coran quant à la forme des vêtements que la musulmane doit porter, ils ont eu à définir les parties du corps féminin qui doivent être cachées à la vue des hommes, sauf ceux, parents ou autres de la femme concernée dont le Coran donne la liste : pères, beaux-pères, fils, frères, etc. (24, 31).

          Que faut-il voiler et à quel âge ?
Les juristes se sont basés sur le concept de
‘aoura (pudeur, intimité) ; celui-ci fait l’objet d’interprétations qui peuvent être divergentes selon les écoles juridiques et les idéologies.
Hassan Amdouni : "Pour la femme, la ‘aoura comprend tout le corps, y compris les cheveux, exception faite du visage (de la racine des cheveux jusqu’en dessous du menton et d’une tempe à l’autre), des mains et des pieds (en dessous du talon d’Achille)" (Le hidjab, op. cit., p. 33).
Cette définition se fonde sur un récit contenu dans la Sunna (Tradition mahométane), seconde source du droit en islam. Au cours d’une visite d’Asma, sœur aînée d’Aïcha, l’épouse préférée de Mahomet, ce dernier devant la tenue légère de sa belle-sœur, détourna la tête et dit : "Il ne convient pas à une femme, à partir du moment où elle a ses règles, de montrer autre chose que ceci et cela", désignant d’un geste son visage et ses mains (relaté par Abou Dawoud, cf. H. Amdouni,op. cit., p. 28).
Le port de la tenue islamique est requis à partir de la puberté, mais la femme ménopausée est autorisée par le Coran à s’en dispenser (24, 60).

 
           Un droit variable
 Il en résulte, pour Amdouni, que les quatre principales écoles juridiques du sunnisme (hanéfite, malékite, chaféite et hanbalite), ultra-majoritaire dans l’islam, autorisent le dévoilement du visage et des mains, à condition que cela ne provoque pas la tentation (Le hidjâb, op. cit., p. 35-36). Mais, selon Ghassan Ascha, islamologue libanais diplômé de la Sorbonne, seule l’école hanéfite permet le dévoilement du visage et des mains, les trois autres ne l’admettant qu’en cas de force majeure, les soins médicaux par exemple (Du statut inférieur de la femme en islam, L’Harmattan, 1987, p. 126).

D’autres savants musulmans assurent que les malékites et les hanéfites n’autorisent le visage découvert qu’à condition que celui-ci ne soit pas fardé. Certains citent en outre un hadîth (propos de Mahomet) réputé authentique, selon lequel
"quand elle [la femme] sort de la maison, le diable lui souhaite la bienvenue". Donc, la femme tout entière est ‘aoura, ce qui rend le voile intégral obligatoire (P. Newton et M. Rafiqul Haqq, La place de la femme dans l’Islam, Dossiers Sénevé, Paris, 1995, p. 7).
 
           La conception islamiste
Par ailleurs, pour Salah-Eddine Boutarfa, juriste tunisien diplômé de l’Université de Paris, c’est à tort que le mot "atours" (qu’il faut cacher, selon le Coran en 24, 31, cf. supra), zînaen arabe, a été traduit par "visage" par certains jurisconsultes, alors que la traduction correcte est "ornements". "Il ressort de cette grossière méprise qu’elle a été faite volontairement, à seule fin d’atteindre le but fixé : créer de toutes pièces une interdiction formelle alors que rien ne la justifiait" ("Le voile et l’islam", revue de l’Institut des Belles Lettres arabes, Tunis, n° 104, 1963).
Cette traduction et ce récit permettent en effet aux idéologies islamistes d’exiger que l’intégralité du corps de la femme soit rendue invisible. Depuis la deuxième moitié du XXème siècle, les adeptes du salafisme et du wahabisme veulent appliquer les fatouas (avis religieux) très rigoristes d’Ibn Taymiyya. Pour ce juriste damascène du XIVème siècle, le visage doit être caché par le voile. C’est aussi ce que préconise l’islamiste pakistanais contemporain Mawdoudi (1903-1979), dans son ouvrage El hidjâb (cf. G. Ascha, op. cit., p. 128). Dans certains milieux, une musulmane dévoilée est considérée comme nue.
Certains estiment que même la voix féminine relève de la
‘aoura à cause du trouble qu’elle peut provoquer chez l’homme qui l’entend (Abdelwahab Bouhdiba, La sexualité en Islam, PUF, coll. Quadrige, 1975, p. 53). Le voile intégral (cf. infra) est alors une façon d’empêcher la femme de parler en public.
 
           Les modèles de voiles
La tenue islamique des femmes varie selon les cultures, les pays et les écoles juridiques. On peut distinguer deux catégories.
 
a) Le jilbâb (vêtement ample, épais et dissimulant les formes, cf. supra) revêt différentes formes :

- L’abaya maghrébine, de couleur foncée ou pastel, laisse le visage et les mains découverts.
- Le haïk algérien, taillé dans une cotonnade de couleur ivoire, comporte une robe souple, le tissu sur le visage, sauf les yeux, pouvant être orné de broderies. Disparu lors de l’indépendance de l’Algérie (1962), il est réapparu dans les années 1990 sous l’influence de l’islamisme.
- Le tchador, lourde pièce de tissu noir laissant le visage et les mains découverts est porté par les chiites (Iran, Irak, Liban, Bahreïn, Yémen). Interdit par Réza-Chah Pahlavi en 1936, il a été rendu obligatoire par Khomeyni en 1979.
- La burqa gris-bleu, assortie d’un grillage en tissu masquant le visage, a été imposée par les Talibans dès leur arrivée au pouvoir en Afghanistan, dans les années 1990. Elle est aussi portée au Pakistan et dans d’autres pays d’Asie centrale.
- Le niqab noir recouvrant tout le corps, y compris le visage (avec une fente pour les yeux ou un voile de visage plus fin pour permettre d’y voir) et les mains (gantées), est obligatoire en Arabie-Séoudite et dans divers pays de la péninsule Arabique. On le rencontre aussi beaucoup en Egypte. Il est également porté en Irak et en Syrie où on l’appelle izâr. L’Etat islamique (Daech) l’impose partout où il s’installe (Irak, Syrie, Libye, Nigéria, etc.), y compris aux chrétiennes et aux yézidies.
b) Le hidjâb ne concerne que la tête. Il consiste en un foulard serré autour des cheveux, des oreilles et du cou, dont la couleur, qui peut être chatoyante, est laissée au choix. Il est en principe, mais pas systématiquement, assorti d’une longue robe ou d’une tunique couvrant un pantalon. Le hidjâb n’est lié à aucune culture et constitue la tenue la plus répandue. Interdit en Turquie par Atatürk en 1926, il est autorisé et encouragé dans ce pays depuis 2013. Emine Erdogan, l’épouse du président de la République, ne sort jamais sans son voile.
 
Pour conclure
Nonobstant ses variantes, "entre le voile [hidjâb] et la burqa, il n’y a qu’une différence de degré, non de nature" (Hanifa Chérifi, membre du Haut-Conseil à l’intégration, Le Monde, 16-17 décembre 2001).
Leïla Babès, sociologue franco-algérienne, estime que "l’usage de ce concept [hidjâb] comme voile de la femme, et de surcroît appliqué à l’ensemble des musulmanes alors qu’il est réservé aux épouses du Prophète, est un abus et un détournement de sens, qui devrait être d’autant plus transgressif que le Coran réserve à celles-là un statut particulier : “Ô femmes du Prophète, vous n’êtes les pareilles d’aucune autre femme” " (33, 32) (Le voile démystifié, Bayard, 2004, p. 22).
Envoyé par l'auteur, paru sur associationclarifier.fr, La Petite Feuille Verte, 5 novembre 2019
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Les inutiles ont pris le pouvoir partout
 
De partout les peuples des villes descendent dans la rue brandissant le drapeau de leur pays. Les peuples des campagnes n’ont pas besoin de drapeau pour être attachés à leur terre. Avec le concours des médias partout rachetés par la finance, des gens qui ne savent pas faire grand-chose ont pris le pouvoir en flattant l’affect du peuple qui les a crus, tellement ils ratissaient large. Partout les peuples sont plus que déçus car ces gens pour faire croire à leur utilité, continuent à flatter, à détruire le tissu social, à rêver, à créer des normes pour les vérifier, à créer de l’argent pour le dépenser et se croire puissants comme l’empereur nu du conte d’ANDERSEN. Ainsi actuellement nous avons Emmanuel MACRON.
 
La destruction de la civilisation est leur première occupation, toujours déguisée en croisade pour le bien. On crée les droits de l’enfant soi-disant pour le protéger mais dont le résultat est de tuer l’autorité parentale indispensable à la structuration de l’enfant et donc de tuer la famille. On crée des normes dans tous les domaines soi-disant pour protéger mais dont le résultat est de rendre tout beaucoup plus cher, d’appauvrir tout le monde, et de permettre en plus une rapine générale en sanctionnant leur non-respect. On crée une vérité totalement artificielle et idéologique, serinée par les médias, et qui pour être crédible consomme une énergie folle comme la colle pour faire tenir le château de cartes alors que la pomme au bout de sa branche n’a besoin de rien pour résister au vent. Tout devient obligation et interdiction pour atteindre le rêve inatteignable des inutiles qui dépensent l’énergie de leur peuple en les réduisant à des spectateurs, des auditeurs, des lecteurs, des consommateurs et des électeurs. De partout tout naturellement les peuples se détournent de cette obligation de servitude. Ils ne votent plus. Ils n’acceptent plus de voir leurs pays détruits par leurs dirigeants. Ils n’acceptent pas les obligations de parité quand on fait l’impasse sur la parité dans les maternités. Mais ils n’ont pas le droit de le dire.
Et pendant ce temps-là les problèmes s’accumulent, tous liés au fait que le pouvoir ne s’intéresse qu’à l’inutile, du moment qu’il flatte l’affect du peuple et qu’il justifie sa propre agitation.
 
Tout chef sait depuis l’aube de l’humanité qu’il faut faire faire aux gens dont il a la charge, ce qu’ils font le mieux ou le moins mal. Ce principe évident a été rappelé par David RICARDO dans ce qu’ils ont appelé pompeusement "l’avantage comparatif" comme s’il fallait toujours donner un nom abscons au bon sens pour faire croire qu’on l’a découvert. Le devoir du pouvoir est donc de veiller à ce que chaque citoyen fasse bien ce qu’il fait le mieux ou le moins mal. Mais au lieu de cela, dans l’incapacité de remplir son rôle auquel il n’a pas envie de réfléchir, il se décharge lâchement du problème sur les entreprises dont la vocation est ailleurs : produire et faire reconnaître leurs productions comme des richesses. Il suffit de faire croire grâce aux médias que les entreprises créent des richesses pour justifier la double inutilité coûteuse de simultanément les subventionner et les prélever. Les prélever en mettant à leur charge l’ensemble de la protection sociale du peuple et en confisquant une part de l’argent qu’ils prennent à leurs clients venus reconnaître leur production comme une richesse. Les subventionner de mille façons plus ou moins discrètes mais surtout en laissant, depuis la loi de 1973 et surtout depuis celle de 1985 appelée loi BADINTER, le droit aux actionnaires de pomper les liquidités quand tout va bien mais de laisser les dettes à la collectivité par le dépôt de bilan quand tout va mal. Pile je gagne, face tu perds. Bernard TAPIE a officialisé le dépôt de bilan comme un acte de gestion alors qu’il était la honte avant 1973. Non content de ne pas faire son travail en l’imposant aux entreprises, l’État distribue l’argent qu’il n’a pas, aux citoyens qu’il ne sait pas rendre utiles. Si par hasard un édile veut rendre utile un chômeur, l’URSSAF sort de sa niche pour l’accuser de travail dissimulé puisqu’il ne prend pas en même temps en charge la protection sociale de tout le monde y compris des salariés de l’URSSAF.
 
En même temps comme dirait certain, la démocratie devient un mot ridicule alors que Jean BODIN en avait admirablement donné le sens au XVIe siècle comme une des trois formes de république avec la monarchie et l’aristocratie. Il ne peut y avoir de démocratie que si les électeurs ont quelque chose à perdre s’ils choisissent des incapables. Athènes l’avait parfaitement compris en limitant le droit de vote aux producteurs de blé et d’huile d’olive comme le XIXe siècle avait aussi tenté de le respecter en limitant le droit de vote à ceux qui payaient des impôts. La formule étonnamment stupide d’ "un homme, une voix" permet à la finance de placer ses hommes en achetant l’affect du peuple avec l’argent de ce peuple qui n’a que le droit de s’appauvrir. La finance, pour continuer à tenir son monde, a transformé la démocratie en dictature des minorités grâce à ses pions et aux médias. Comment s’étonner que l’abstention devienne la réponse intelligente des peuples ?

Mais le plus gros problème reste l’espace de jeu des acteurs économiques et les drapeaux brandis par les manifestants sur toute la Terre montrent où est le bon sens des peuples. Personne n‘a jamais vu quiconque, à part la pseudo élite qui en vit, brandir un drapeau européen dans une manifestation. On a oublié qu’à l’intérieur d’une même nation c’est le donner-recevoir-rendre qui est la règle économique de base alors qu’entre nations, seul le troc est sérieux. L’ONU avait unanimement reconnu cette évidence dans la charte de La Havane de 1948 en créant l’Office International du Commerce (OIC). Pour plaire à l’armée d’inutiles, on a créé à Genève en 1995 l’OMC, cette organisation imbécile qui essaie de créer entre les États une organisation faite d’interdictions et d’obligations sous le parapluie d’un but réputé commun, la fin de la pauvreté. L’OMC a pris soin de définir dogmatiquement la pauvreté comme l’incapacité à emprunter pour dépenser. Fabriquez de la monnaie, déversez-la par hélicoptère et vous aurez vaincu la pauvreté. Tel est le dogme des inutiles qui rêvent d’une civilisation mondiale impossible mais qui s’acharnent à détruire les civilisations existantes en prétextant que les races comme les nations n’existent pas. Dire qu’elles existent est immédiatement traduit comme une volonté de croire sa nation ou sa race supérieure. Ce mensonge est tellement répété qu’il en deviendrait presque vérité, Sachez différencier un chêne d’un sapin et vous serez immédiatement accusé d’en mépriser un. Il est triste de voir les banques allemandes creuser leurs tombes en prêtant sans retour possible aux banques du sud de l’Europe, l’argent qu’il leur faut pour que leur peuple achète allemand. Avec Target 2, l’Union européenne, autre nom du 4e Reich, est bien mal partie.
Ainsi va le monde en attente de ce qui balaiera ces inutiles au pouvoir qui, pour y rester, fabriquent à la pelle de nouveaux inutiles dans l’éducation nationale, et de l’argent pour tenir encore un peu en consommant l’énergie du futur.

Envoyé par l'auteur, paru sur surlasociete.com, 3 novembre 2019
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Qui veut la peau du monde combattant ?
 
Dans la perspective du 11 novembre la presse titre sur la disparition des anciens et sur le fait qu’il y a de moins en moins de monde aux cérémonies… Les élus, qui multiplient paradoxalement les commémorations (1), alors qu’il faudrait les concentrer sur une date emblématique, s’inquiètent de ne plus avoir de porte-drapeaux et cherchent par tous les moyens (2) à les remplacer par les enfants des écoles… De leurs côtés les politiques, pourtant conscients de cette situation, continuent à osciller entre repentance et pacifisme bon teint pour satisfaire les humeurs versatiles de l’opinion… Tout ceci interpelle sur ce qu’est devenu le monde combattant, sur son avenir immédiat, mais aussi sur la responsabilité des armées et de nos institutions quant à cet état des lieux , voire plus inquiétant sur les risques d’instrumentalisation du devoir de mémoire. Au rythme actuel, le risque réel de récupération, voire de disparition du monde combattant devient une préoccupation pour tous ceux qui sont attachés à une certaine idée du patriotisme. 
 
De quoi s’agit-il ? Les jeunes issus des OPEX (3), qui devraient assurer la relève du monde combattant, ne rejoignent pas les associations issues des grandes guerres et conflits du XXème siècle. Ils ne contribuent pas comme nous pourrions l’espérer, et à la hauteur de leurs faits d’armes, au devoir de mémoire. Beaucoup se replient au mieux sur leurs amicales, quand ils ne rejettent pas tout simplement la chose militaire et leur statut d’anciens combattants. Pendant ce temps les anciens, qui n’ont rien anticipé, partent en laissant un vide sidéral que des associations, comme le Souvenir Français qui n’a absolument rien à voir avec le monde combattant, s’empressent de vouloir combler pour répondre aux sollicitations compréhensibles des élus locaux. Tout ceci ne fait que favoriser un risque d’implosion de ce monde combattant qui est désormais confronté à une chute drastique de ses effectifs et à une atomisation de sa représentation sur le terrain avec une myriade d’associations que de grandes fédérations centenaires essayent tant bien que mal de maintenir et de réunir.
La crise est profonde. Elle n’est pas que le résultat de la désaffection de cette 4ème génération au feu (4) pour relever leurs anciens et s’investir dans le devoir de mémoire. La responsabilité est collective et nationale. Il faut bien reconnaître que ceux qui sont actuellement aux commandes n’ont jamais connu la guerre, même pas la guerre froide. Cette génération n’a pas eu à verser le "prix du sang". Elle a été enfantée, voire infantilisée, par la complainte du "plus jamais ça". Elle n’a finalement qu’une vision virtuelle, technologique et financière de l’existence. Elle n’a connu que des "crises de riches", un peu de terrorisme, mais rien de vraiment vital. De plus les conflits que nos soldats ont assumé au cours des six dernières décennies, avec les opérations extérieures, ont fait très peu de morts au regard des pertes massives subies par les trois dernières générations au feu (5). Alors pourquoi se préoccuper de ce monde combattant qui se meurt et ne se renouvelle pas puisque tout se déroule bien à la marge sur le plan sécuritaire (6). Ce bilan positif, qui est en grande partie le résultat du professionnalisme de nos forces armées, notamment des OPEX, assure au politique ce minimum de posture martiale requise pour garantir notre rang en termes de puissance. Raison de plus pour ne pas en faire plus vis-à-vis de ce monde combattant vieillissant qui est souvent perçu comme "ringard" par nos populations, certes de plus en plus incultes sur le plan historique, mais quand même admiratives face aux engagements de nos derniers grands anciens quand elles assistent à un hommage au pied d’un monument…  
D’autre part nos experts, qui n’ont souvent pas connu l’épreuve du feu…, expliquent que nos soldats de la 4ème génération, ceux des "OPEX", n’ont eu à traiter finalement que des conflits dit de "basse intensité" et qu’il ne s’agit pas de "guerre" au sens fondamental du terme. Personne n’explique que ces combattants ont acquis au fil du temps une maitrise de plus en plus élaborée des conflits, souvent des guerres civiles, et qu’ils œuvrent dans des combinaisons civilo-militaires, humanitaires et diplomatiques beaucoup plus complexes et sensibles qu’au siècle dernier. La plupart de ces conflits souvent lointains durent entre 10 et 15 ans avec des niveaux de dégâts collatéraux sur les populations inimaginables pour nos sociétés marquées par 75 ans de paix et de prospérité. Pour autant l’objectif assigné n’est plus de "faire la guerre" au sens napoléonien mais de "faire en sorte qu’elle n’ait pas lieu", ce qui est infiniment plus difficile et valeureux comme exercice. Il est évident que ce type de combattant qui fait de "la réduction de risque" ne rentre plus dans l’inconscient de notre société marqué par les guerres de masse et dans les codex véhiculés par l’institution, notamment par le monde combattant au travers de son vécu et de ses témoignages
 
Ce mode de représentation de l’ancien combattant qui s’est battu sans véritablement se battre, qui n’est plus contraint comme ses anciens mais qui s’engage volontairement, est très confuse et incompréhensible pour une population qui n’est plus aguerrie, qui est devenue plaintive, narcissique et faiblement résiliente. Fort de cette dérive les combattants de la 4ème génération au feu se sont progressivement retrouvés marginalisés. Certes ils ont droit désormais à un monument dans le parc André Citroën, après 15 ans de négociation…, pour honorer leurs frères d’armes : ces 545 morts pour la France en OPEX. Mais il leur a fallu aussi des décennies pour obtenir la fameuse carte du combattant (7) … Il a fallu aussi attendre nos morts en Afghanistan et désormais au Sahel pour se rendre compte et admettre que nos soldats de la 4ème génération au feu "sont bien en guerre" depuis désormais six décennies. Pourtant à Beyrouth et à Sarajevo nos soldats ont payé le prix fort à plusieurs reprises mais le déni de réalité l’a toujours emporté pour masquer le véritable engagement de nos troupes… De fait ils se sentent oubliés par le pays, trop souvent incompris par leurs anciens sous prétexte qu’ils n’ont pas vécu le même niveau d’atrocités ou de brutalités. Ils se sentent surtout ignorés et méprisés par l’institution qui leur refuse la reconnaissance de leur engagement et de leur volontariat pour aller au feu (8).
 
Fort de ces constats, la tentation pour le politique est désormais très forte de réorganiser le dispositif et de "classer" ce dossier, ce qui permettrait aussi de construire à terme un nouveau récit sur ces questions mémorielles. La restitution des vécus de nos combattants deviendrait alors secondaire avec le risque d’être remplacée par une appréciation idéologique des évènements. Le cas du contentieux sur les opérations au Rwanda est une bonne illustration de ce type de dérive ou le combattant devient dossier à charge et où le journaliste et le polémologue deviennent les nouveaux procureurs de l’Histoire… Nous pouvons aussi aller vers des mélanges de genre en fabriquant de la "bouillie mémorielle" et y adjoindre des compositions citoyennes, civiques pour faire croire que le vivre ensemble et la "res-publica" peuvent être illustrés par quelques pages héroïques afin de donner l’impression à tout un chacun d’être finalement un "bon patriote". Fermez le ban !
Dans cette perspective tout est imaginable : les enfants des écoles porteront les drapeaux, ou d’autres figurants, feront de la reconstitution, comme nous le voyons de plus en plus lors des cérémonies locales, se substituant ainsi aux rares anciens combattants qui resteront chez eux.  Nous pouvons imaginer que parmi eux les plus dévouées, et surtout les plus dociles, accepteront de devenir des sortes "d’intermittents du spectacle" avec leurs médailles. Ils deviendront ainsi, le temps d’une mise en scène, la bonne conscience et l’antidote d’une population qui n’a surtout plus envie de se battre pour sa survivance. Ainsi tout le monde pourra se bercer d’illusions et s’enfermer dans une forme de schizophrénie collective. Ce choix s’avérera tragique s’il se confirme car il n’offrira qu’une vision mortifère et virtuelle de l’engagement militaire, alors que nos anciens combattants, au travers de leurs vécus méconnus, incarnent de façon singulière la victoire sur la barbarie et la contribution à la paix. Ils sont, par ailleurs, le meilleur garant du lien armée-nation et ne l’oublions jamais le meilleur recruteur pour nos armées !
 
Il convient de reprendre le dossier au bon niveau et de se ressaisir collectivement en redéfinissant les enjeux et les priorités. La véritable question n’est pas de savoir comment remplacer les porte-drapeaux par des enfants des écoles pour fleurir des tombes… mais comment faire en sorte que la 4ème génération au feu puisse enfin prendre sa place et relever nos anciens en devenant les nouveaux "passeurs de mémoire". Tout le reste n’est qu’agitation bureaucratique, opération superficielle de communication, et ne peut que nourrir les divisions entre organisations, la confusion sur le fait mémoriel et l’implosion d’un dispositif indispensable pour notre conscience collective.
 
Ne nous trompons pas de guerre ! Comme l’a dit CLEMENCEAU : "la guerre est une affaire trop grave pour la confier à des militaires". Ne serait-ce pas finalement la même chose pour le devoir de mémoire : "qui est bien trop sensible pour le confier à des politiciens".  Ce sujet est éminemment stratégique et doit être traité politiquement au plus haut niveau de l’Etat. Il ne doit pas être "classé" au sens budgétaire et administratif comme certains politiciens ou bureaucrates le souhaiteraient vu la déflation rapide des effectifs du vieux monde combattant. Il ne doit pas non plus être délégué, ou relégué par défaut par nos élus, à une association, fut-elle sympathique, qui s’autoproclame "la plus grande association mémorielle française du XXIème siècle …(9)", pour se complaire uniquement dans une vision funéraire du fait mémoriel. Un ancien combattant est d’abord un soldat vivant qui incarne des valeurs et une force d’âme !
 
Les combattants de la 4ème génération méritent mieux du pays ! Mais ils doivent désormais "défendre leur peau" en termes de reconnaissance politique. Ils ne peuvent plus continuer par leur absence sur les rangs à contribuer à briser cette chaine intergénérationnelle qui fait la force de l’Histoire de notre pays. Il faut qu’ils se mobilisent, qu’ils prennent conscience de leur rôle et de leur devoir au sein de notre société, certes irresponsable sur pleins de points, mais de plus en plus demandeuse sur le fond en termes de référentiel et d’exemplarité.
Pour cela il faut que les anciens les aident à assumer rapidement cette passation intergénérationnelle qui n’a pas vraiment eu lieu, notamment en regroupant les associations afin d’avoir plus de moyens et en réduisant sérieusement le nombre de commémorations afin d’être plus présents et crédibles auprès de la population. Mais il faut surtout que nos politiques fassent vraiment un effort et leur permettent de reprendre le flambeau en reconnaissant leur honneur et leur engagement pour le pays, d’autant que cela ne coute rien au budget de l’Etat… Il s’agit juste d’un acte patriotique de la part de nos décideurs et de nos élus ! Qu’attendent-ils pour le faire ? Une nouvelle "grande guerre" ? Soyons sérieux !
Personne d’autre qu’un combattant qui a été au feu ne peut incarner mieux que lui la mémoire des combats de la France !
 
(1) Outre toutes les cérémonies dites nationales, il faut comptabiliser toutes les cérémonies locales au sein des départements, plus celles des amicales etc… Dans les agendas de certaines associations il y a quasiment une cérémonie par semaine… avec 10 personnes sur les rangs, ce qui devient pathétique et contreproductif…
(2) Notamment avec le soutien du Souvenir français qui est une association privée, n’appartenant pas au monde combattant, crée en 1887, reconnue d’utilité publique en 1906, qui garde le souvenir des soldats morts pour la France par l’entretien de tombes et monuments commémoratifs.
(3) OPEX : acronyme pour évoquer les Opérations Extérieures conduites par la France depuis six décennies.
(4) La première fut celle de la guerre de 1914-1918, la seconde fut celle de 1939-1945 et de la résistance, la troisième fut celle des guerres coloniales Indochine et Afrique du Nord, la quatrième est celle depuis 1963 des Opérations Extérieures
(5) Pour la France la première guerre mondiale a fait 1 700 00 morts civils et militaires et 4 300 000 blessés militaires. La seconde guerre mondiale, qui reste le conflit le plus meurtrier de l’histoire récente avec ses 50 à 70 millions de morts, a fait 600 000 morts civils et militaires et autant de blessés militaires. L’Indochine a fait de l’ordre de 94 000 morts militaires français, légionnaires, africains et indochinois. L’Afrique du nord a fait 27 000 morts civils et militaires et 60 000 blessés. Depuis 1963 les pertes en Opérations extérieures sont de l’ordre de 686 militaires (dont 545 reconnus morts pour la France) soit sur 56 ans une moyenne de 8 morts par an…
(6)
https://www.ifrap.org/etat-et-collectivites/bilan-de-50-ans-des-opex-de-la-france-quelles-lecons-en-tirer
(7) Actuellement Il y aurait de l’ordre de 175 000 cartes du combattant délivrées pour cette génération. En 2019 22 000 OPEX touchent une retraite du combattant. En 2020 ce chiffre devrait doubler ce qui signifierait qu’un tiers des OPEX titulaires de cette carte auront plus de 65 ans. Actuellement 11 200 ont plus de 75 ans, le reliquat à a entre 65 et 75 ans. Ces chiffres révèlent la faiblesse des effectifs de ce monde combattant issus des OPEX au regard des cartes distribuées pour les autres conflits… La transposition de ces effectifs recensés par le budget au sein des associations est à priori inférieur à 5 %...
(8) cf. les négociations pour l’élargissement de l’attribution de la Croix du Combattant Volontaire – agrafe missions extérieures - pour les engagés volontaires contrats courts qui durent depuis plus de 15 ans et qui n’aboutissent toujours pas sous prétexte que ces engagés volontaires sont désormais des professionnels et qu’ils ont signé un contrat pour exécuter des missions tout temps et tout lieu …et qu’ils ne sont plus de fait des volontaires… alors qu’ils ont signé un volontariat… voire sur les sites du Sénat et de l’Assemblée nationale les réponses faites par l’administration aux requêtes des élus à la demande des grandes associations sur cette question.
(9) cf. la déclaration du CGA Serge BERCELLINI, Président du Souvenir Français, lors de sa prise de fonction. L’association revendique plus de 200 000 membres actifs avec ses 1650 comités locaux et 68 représentants à l’étranger. Les grandes fédérations du monde combattant comme la FNAM (Fédération Nationale André Maginot) regroupent un nombre similaire d’adhérents (240 00 répartis en 253 groupements).  http://le-souvenir-francais.fr/wp-content/uploads/2015/04/article-Barcellini.pdf

Envoyé par l'auteur, 2 novembre 2019
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Quand MELENCHON assimile réunification à "annexion"
 
Comme François MAURIAC autrefois, Jean-Luc MELENCHON aimait-il à ce point l’Allemagne qu’il préférait quand il y en avait deux ? Au moment où l’on célèbre le trentième anniversaire de la réunification, le leader de La France insoumise tempête contre "l’annexion" de l’ex-RDA par l’ex-RFA.
 
Le mot n’est pas de lui. C’est le mensuel Le Monde diplomatique qui titre "Allemagne de l’Est, l’histoire d’une annexion" en parlant, à propos de la chute du mur de Berlin, du "symbole équivoque" d’un "mythe fondateur" de l’Union européenne. Jean-Luc MELENCHON a retweeté cette une avec le commentaire suivant : "Enfin le mot juste pour nommer ce qui s’est passé il y a 30 ans. Une violence qui n’en finit plus de se payer."  Le "mot juste", c’est lui qui le dit. Pas d’erreur possible, le député de Marseille ne s’est pas cette fois laissé emporter par son tempérament, il a bien voulu parler d’"annexion" et de "violence" à propos de la réunification allemande.
Si le mot est juste, donc, c’est qu’il n’y avait aucune légitimité à revenir sur la séparation décidée à Yalta - une annexion est toujours une décision unilatérale au détriment d’un plus faible - et que les Allemands de l’Est se sont vu imposer par la force une décision dont ils ne voulaient pas.
 
Dans ses explications, Jean-Luc MELENCHON vise trois domaines : les institutions, la modification du régime de propriété et"la violence sociale inouïe" contre"certains acquis". Que la remise à niveau d’un pays engoncé quatre décennies durant dans une économie administrée ne se soit pas faite sans difficulté est une évidence, comme en témoignent la résurgence du PDS, ex-communiste, et la percée de l’AfD d’extrême droite. Mais il est sidérant que le leader de La France insoumise occulte l’événement proprement dit que fut l’émancipation du joug soviétique.
Faut-il rappeler que le mot "annexion" se dit "anschluss" en allemand ? Les larmes de joie des Allemands de l’Est s’engouffrant dans les toutes premières brèches du Mur ouvert ressemblaient-elles vraiment aux larmes de détresse des Autrichiens en 1938 ? La "violence" subie explique-t-elle que, dès leur premier scrutin libre, les "Ossies" aient plébiscité le parti du chancelier KOHL, leur supposé occupant ?
 
Par le choix de ses mots et par le caractère unilatéralement critique de son réquisitoire sur le bilan de la réunification allemande, Jean-Luc MELENCHON, grand admirateur de la Révolution française, semble passer par pertes et profit le combat pour la liberté et se faire le porte-parole de "radio nostalgie Allemagne de l’Est", selon les mots de Daniel COHN-BENDIT, qui a dénoncé sur France inter la "bêtise incroyable" des mots de Mélenchon. À moins que, selon le patron de LFI, tout ce que fait l’Allemagne soit par principe condamnable. Ne serait-ce pas la définition de la "germanophobie" ?

Paru dans Le Figaro, 5 novembre 2019
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Des embryons et des hommes
 
Le psaume 8 de la Bible manifeste l’étonnement de la créature face à l’importance qu’elle revêt aux yeux de son créateur. Relisons ses versets 4 et 5 :
"Quand je vois tes cieux, œuvre de tes doigts,
La lune et les étoiles que tu as fixées
Qu’est donc l’homme pour que tu penses à lui,
L’être humain pour que tu t’en soucies ?"
 
Le psalmiste n’avait pourtant qu’une faible idée de ce qu’est la création. Aujourd’hui, alors que nous décryptons des ondes qui nous arrivent après avoir cheminé durant une douzaine de milliards d’années à la vitesse de la lumière, alors que nous comptons en milliards le nombre probable de galaxies, et que nous évaluons à 200 milliards le nombre des étoiles dans notre seule Voie Lactée, l’insignifiance de l’espèce humaine peut encore bien davantage sembler relever de l’évidence.
Blaise PASCAL, qui ne disposait pas de nos connaissances astronomiques, a répondu par avance à l’accablement qui peut nous saisir en constatant notre petitesse : "L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature, mais c’est un roseau pensant. (…) Quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien." Mais quand donc commence cette noblesse ? Dès qu’un spermatozoïde a fécondé un ovule pour former un embryon ? Lorsqu’un enfant atteint "l’âge de raison" ? A un moment intermédiaire entre ces deux évènements ?

Les avancées de la biologie, et particulièrement celles de la génétique et de l’embryologie, ouvrent des possibilités nouvelles : les interventions sur les embryons. Quatre motivations peuvent booster de telles pratiques : corriger une "erreur de la nature", c’est-à-dire une caractéristique génétique susceptible de déboucher sur un handicap ou pire encore ; améliorer le potentiel physique, caractériel ou intellectuel du futur enfant ; lui conférer une caractéristique appréciée par ses parents, par exemple avoir des yeux bleus ; ou enfin pratiquer une expérimentation, généralement suivie par la destruction de l’embryon.
Une activité importante commence à se développer dans le domaine des interventions sur l’embryon ; cette activité fait ipso facto son entrée dans le champ de l’analyse économique. La sélection des embryons, après étude de leur génome, et la transformation de ce génome, pour éviter des maladies génétiques ou obtenir des enfants dotés de telle ou telle qualité, sont des "services" coûteux et lucratifs qui pourraient représenter un jour une part significative dans la production, qu’elle soit mesurée par le PIB ou d’une autre manière. Outre la biologie, l’éthique et l’économie sont l’une et l’autre concernées. Economie sans éthique – science sans conscience – ne serait que ruine de l’âme, RABELAIS a raison, mais éthique sans économie ne serait que naïveté. Tentons donc une réflexion à cheval sur ces deux disciplines.
 
Les embryons non désirés font depuis fort longtemps l’objet d’une destruction
 François SCHWERER vient d’indiquer, dans un article, intitulé "Bioéthique et culture de mort", les dangers que pourrait comporter le développement des interventions sur l’embryon. Son inquiétude est compréhensible : la fécondation in vitro, par exemple, a comme sous-produit des embryons dits "surnuméraires" qui peuvent servir de matière première pour la recherche. Cette utilisation est légale en France depuis la loi du 6 août 2004, et l’auteur cité estime que cela réduit juridiquement "l’état d’objet" les embryons qui ne font pas partie d’un "projet parental" (1). Cette opinion paraît logique : il ne s’agit pas d’expérimenter sur un citoyen dûment informé, avec son consentement, mais sur un être vivant qui n’est pas reconnu comme sujet de droit, et sera ensuite éliminé. Une double question se pose : est-il moralement recommandable de reconnaître l’embryon comme sujet de droit dès qu’a eu lieu la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde ? Et cela est-il techniquement possible ?
 
Notons que différentes méthodes contraceptives aboutissent depuis longtemps à l’élimination des embryons qui ne font pas partie d’un projet parental. La pose d’un stérilet, par exemple, n’empêche pas la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde, mais la nidation de l’œuf ainsi constitué. Des contraceptifs chimiques sont semblablement utilisées pour empêcher la nidation, et donc le développement et la vie de l’ovule fécondé : si les œstrogènes agissent surtout en bloquant l’ovulation, les progestatifs rendent l’utérus impropre à la nidation. La "pilule du lendemain" agit également en évitant la nidation. Mais s’il est licite de se "débarrasser" d’un embryon apte à se transformer progressivement en un bébé, pourquoi serait-il illicite de procéder, avant son élimination, à des expériences susceptibles de faire progresser nos connaissances, actifs économiques immatériels de grande valeur ?
Si l’on condamne l’expérimentation sur l’embryon, il faut logiquement condamner de même les méthodes contraceptives qui n’empêchent pas la formation d’embryons, mais leur développement, lequel (dans les conditions naturelles) requiert la nidation. Et condamner aussi, a fortiori, l’avortement provoqué de fœtus âgés de quelques mois, avortement rendu légal par la loi VEIL. Un système législatif qui autorise l’IVG pour simple convenance personnelle ne peut évidemment pas, sauf à devenir totalement incohérent, condamner l’expérimentation sur des embryons dont la vie a commencé seulement quelques heures plus tôt.
 
La nature procède par essais et élimination des "erreurs". La science – qui fait, d’une certaine manière, partie de la nature, et en tous cas de la nature humaine – applique la même méthode : les scientifiques construisent des modèles expérimentaux, en retiennent certains et en abandonnent d’autres. Ces modèles peuvent être immatériels (conceptuels et mathématiques) ; ils peuvent aussi être matériels, tels que des prototypes. Les deux sont complémentaires.
 
A-t-on le droit d’expérimenter sur l’homme ?
L’expérimentation sur l’homme est extrêmement répandue. Certes, celle que pratiquèrent des médecins nazis font heureusement l’objet d’une réprobation unanime, mais notre médecine ne progresserait guère si elle n’obtenait pas de nombreux volontaires l’autorisation de leur appliquer un traitement expérimental. La biologie de l’embryon, très utile pour parvenir un jour à traiter des "malfaçons" dans la procréation, fait partie des disciplines expérimentales. Problème : il est difficile de demander à un embryon l’autorisation de lui appliquer une intervention génétique expérimentale ! Il est seulement possible de s’adresser aux parents. Beaucoup de ceux-ci seront probablement d’accord, puisqu’ils pratiquent couramment, comme mère nature, l’élimination de nombreux embryons, mesure non moins radicale qu’une tentative de modification génétique du dit embryon.

L’espèce humaine, comme les espèces animales, est génétiquement dotée de désirs sexuels et, de plus, ces désirs sont souvent associés au sentiment amoureux. L’amour est une des merveilles de l’existence, peut-être même LA merveille de l’existence, et s’il se manifeste de bien d’autres manières que par le désir de coït, celui-ci n’est pas un facteur négligeable. Problème : pour ne pas mettre au monde une vingtaine d’enfants, comportement dont la généralisation poserait rapidement de sérieux problèmes tant collectifs qu’individuels, un couple amoureux et encore assez jeune doit "tromper la nature".
De nombreuses méthodes le permettent et, comme il a été dit plus haut, leur efficacité n’est pas toujours parfaite. La méthode OGINO, du nom de l’obstétricien japonais qui la mit au point, est souvent considérée comme délicate et peu fiable. Les préservatifs et autres condoms sont en concurrence avec la contraception chimique ; cette dernière présente un bon rapport commodité/efficacité/prix : la "pilule" n’est pas chère, son utilisation par la femme est facile, et comme la génitrice est plus corporellement concernée que l’homme par l’éventualité d’une grossesse, le fait que la prise de la pilule soit un acte féminin est aussi un facteur de fiabilité.
Reste que cette contraception chimique, comme il a été indiqué plus haut, repose pour beaucoup sur l’obstacle mis à la nidation de l’ovule fécondé, et donc sur la mort de l’embryon peu après sa formation. La solution actuellement optimale au niveau économique conduit ainsi par commodité à considérer comme étant moralement sans importance, ou de peu d’importance, la formation d’embryons condamnés par avance. Dès lors, l’utilisation de tels embryons pour faire avancer la science et la thérapie génique se prête mal à une condamnation juridique : notre droit positif ayant entériné la contraception chimique par élimination de l’ovule fécondé, on le voit mal refuser l’utilisation de celui-ci, suivie de son élimination, pour la mise au point de thérapies géniques.
 
Le recours, pour pratiquer des expérimentations, aux "cellules souches embryonnaires" prélevées sur des embryons, ne modifie pas la problématique : comme l’explique fort justement François SCHWERER dans l’article cité, leur obtention entraîne la mort de l’embryon ainsi démembré. La position selon laquelle "on n’a pas le droit de faire d’expérience sur un être vivant, mais on peut le faire sur ses éléments constitutifs après l’avoir, au préalable, tué" est logiquement absurde. Le législateur se ridiculiserait s’il se basait sur de telles fadaises.
 
Quand le torrent de l’activité économique emporte tout sur son passage
Reste une question essentielle : les manipulations génétiques et embryonnaires peuvent devenir une activité économique de grande dimension, et tout secteur dans lequel il existe une offre et une demande intéressant de nombreuses personnes, surtout si ce sont des hommes et des femmes disposant de budgets importants – budgets qui peuvent aussi bien être publics que privés – se développe aussi naturellement qu’une jeune pousse plantée dans une terre fertile et convenablement irriguée.
Ainsi les activités guerrières prospèrent-elles depuis des millénaires, pas uniquement, mais pour une part importante, parce qu’elles génèrent une activité économique de grande envergure. Il est difficile de voir ce qui pourrait efficacement s’y opposer. Il est de même douteux que des hommes, fussent-ils intelligents, nombreux et décidés, pourront s’opposer au développement de cette activité. "Faites l’amour, pas la guerre" est un slogan qui n’a pas eu des résultats époustouflants ; son équivalent bioéthique aura vraisemblablement aussi peu d’efficacité. Il se passera dans ce domaine autant d’horreurs que dans le secteur militaire et paramilitaire : les armées régulières tuent légalement, les bandes armées tuent illégalement, mais dans tous les cas le résultat est que des êtres humains passent de vie à trépas, ou sont blessés.
 
Nous devons essayer de limiter les guerres, comme nous devons essayer de limiter le trafic de drogue, la prostitution contrainte, le vol, les agressions de toute nature (et notamment sexuelles). Nous devons de même essayer de modérer la tendance naturelle à faire sans discernement tout ce que la technique permet de faire dans le domaine de la reproduction humaine. Mais l’économie nous enseigne que nos efforts n’aboutiront qu’à de modestes succès, parce que le jeu de l’offre et de la demande est largement amoral. Nous pouvons seulement nous inspirer de la devise de Guillaume d’Orange : "Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer."    
 
(1) F. SCHWERER, "Bioéthique et culture de mort", La Nouvelle Revue Universelle, 3ème trimestre 2019, pp.13 à 20.

Envoyé par l'auteur, 5 novembre 2019
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L’EPR, symbole d’un sabordage français délibéré
 
C’est l’histoire d’un modèle devenu un anti-modèle. Un exemple devenu un contre-exemple. Les déboires répétés d’EDF avec ses centrales nucléaires EPR donnent une image déplorable de la France. De quoi susciter l’ire du ministre de l’Économie, l’inquiétude des populations, la joie mauvaise des écologistes et l’ironie des concurrents. Il est urgent de s’interroger : comment une filière d’excellence mondiale qui faisait la fierté légitime des Français est-elle devenue un motif de honte et de crainte ?
Le nucléaire est une histoire très française, avec d’abord le choix du général de GAULLE au nom de l’indépendance nationale. D’abord militaire, la technologie devient civile, dans un schéma qui ressemble beaucoup aux grands groupes américains, financés par l’armée américaine.
Lors de la crise du pétrole, POMPIDOU décide de jouer à fond la carte du nucléaire. On repère les constantes de cette odyssée : l’État, le militaire, l’indépendance nationale. Sans oublier les technocrates, les ingénieurs et la CGT embarqués dans un même bateau : un monopole adossé à une industrie ultracompétitive et à l’alliance gaullo-communiste des années 1960.
 
À partir des années 1980-1990, tout est détricoté : l’indépendance nationale est remplacée par l’Europe ; le monopole est supplanté par la concurrence. Le nucléaire permettait à EDF de vendre l’électricité la moins chère d’Europe : un avantage comparatif (un des rares) pour notre industrie. L’Europe oblige EDF à baisser le prix de l’électricité sortie de ses centrales qu’elle est obligée de vendre à ses concurrents. Les prix montent !
Les campagnes écologistes anti-nucléaires forcenées finissent par influencer une nouvelle génération de politiques : on annonce la réduction de la part du nucléaire ; on subventionne à tout-va l’éolien qui dénature nos paysages et dont l’énergie ne peut être stockée. Les libéraux font chorus, qui dénoncent les avantages indus des "privilégiés" du comité d’entreprise CGT. En centralisant toute la filière derrière son panache blanc, la patronne d’Areva, Anne LAUVERGEON, mène tout le monde dans le mur en klaxonnant.
 
EDF n’était qu’un assembleur de pièces édifiées ailleurs ; mais il le faisait avec rigueur et professionnalisme. À force de ne plus construire de nouvelles centrales, la transmission du savoir-faire s’évapore. EDF devient moins rigoureux dans le contrôle de ses sous-traitants. Au nom de l’Europe, on a contraint EDF à façonner l’EPR avec des Allemands qui nous ont abandonnés du jour au lendemain, nous laissant sur les bras un design pas maîtrisé et une technologie ultra-sophistiquée. Privés de nucléaire, les Allemands se ruent sur le charbon, énergie la plus polluante du monde, tandis que le nucléaire est la moins carbonée. Mais les écologistes, qui sont pourtant les contempteurs les plus acharnés du CO2, sont aussi les adversaires les plus résolus du nucléaire. Et voilà pourquoi votre fille est muette ! Et EDF, à l’article de la mort.

Paru dans Le Figaro Magazine, 31 octobre 2019
Publié dans Avec l'Europe
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