Et pourtant, lenjeu de toute recherche philosophique, depuis son origine grecque, est bien celui de la médiation. Lorsque Socrate sinterrogeait, avec ses partenaires, sur la possibilité de la vérité, il prétendait quun "démon" en lui était lintermédiaire entre lêtre, objet de la connaissance, et le sujet de la connaissance. Le philosophe ne peut en effet penser ce qui est sans passer par une médiation, celle du langage ou, plus savamment, celle de la dialectique qui, tissée de dialogue en dialogue entre les hommes, accède après une série de détours à ce quelle cherchait à définir. La question philosophique est donc celle-ci : peut-on penser lêtre tout dun coup, à la suite dune sorte dillumination ? Il y a, certes, chez Platon, chez les néoplatoniciens ou, plus près de nous, chez Bergson, une connaissance intuitive, entendons absolument immédiate, que les Grecs nommaient noésis et que nous traduisons par "intuition" ; mais on ne peut y accéder sans passer par une série de médiations qui sont autant dépreuves que la pensée doit affronter. La fin de la connaissance est toujours différée.
La nécessité de la médiation Les philosophes sont donc au moins daccord sur ce premier point : la réalité effective, celle qui nous entoure et que nous vivons, doit passer par une suite complexe de médiations pour être ce quelle est, pour être énoncée et pour être connue. Toute médiation, précisément parce quelle nest pas immédiate, nécessite, et ici intervient pour la première fois la nécessité, une élaboration progressive en fonction du temps qui sécoule. En clair, le temps est la médiation nécessaire qui permet à lhomme de construire son existence et de développer ses connaissances à mesure de ses activités. On comprend pourquoi Hegel définissait la médiation, dans la préface de la Phénoménologie de lEsprit comme "légalité-avec-soi-même se mouvant ". Un lecteur non prévenu se demandera ce que signifie une telle expression. Elle dit pourtant, sous une forme logique, ce quest toute médiation, et, pour en venir à notre sujet, tout media, par exemple un journal quotidien ou une émission de télévision. Il sagit bien, dans les deux cas, dune réalité qui est toujours égale à elle-même et, qui, par suite, conserve son identité à travers des apports toujours changeants : en publiant ses informations Le Figaro reste chaque jour Le Figaro, comme le Journal télévisé de TF 1 reste chaque soir - même en labsence de Patrick Poivre dArvor - le Journal télévisé de TF 1. Mais, cette "égalité-avec-soi-même", en tant quidentité, est sans cesse en train de se mouvoir, entendons par là en train de changer selon les événements quelle doit transmettre pour assurer linformation du lecteur et du spectateur. La médiation nest ainsi jamais première, ou alors elle serait immédiateté, comme le media nest jamais premier, ou alors il serait actualité. Or il est une exposition présente dune réalité passée. Pour quelle puisse assurer sa fonction de connaissance, la médiation requiert la présence de la relation, de laltérité et de la négativité. Relation, en premier lieu, parce que la médiation est bien le lien entre des événements quelle articule pour en comprendre le sens et, ainsi, les ordonner en une connaissance. Altérité, ensuite, parce que la médiation doit distinguer les éléments quelle associe tout en se distinguant deux. Négativité, enfin, au sens où Hegel prend dialectiquement ce terme, parce que la médiation annule chacun de ses moments antérieurs pour en présenter de nouveaux. Cest exactement ce que font, mais dune façon concrète là où les philosophes lexposent de façon abstraite, les medias de notre temps qui ne surprendraient pas Hegel, celui qui disait faire sa prière du matin en lisant le journal. Hegel aujourdhui serait une sorte de Francis Balle, maître en connaissance des médias, comme Francis Balle a été sans doute un Hegel lorsquil faisait ses études de philosophie. En clair, lorsque je lis chaque après-midi Le Monde, je constate quil assure la relation de tous les événements notables de la journée précédente afin den donner connaissance à ses lecteurs. Cette relation implique une altérité constitutive puisque, non seulement les événements relatés sont distincts les uns des autres bien quils soient unifiés par leur information, mais encore linformation elle-même se distingue des événements quelle rapporte et, parfois, commente. En dernier lieu, la médiation du Monde est bien négativité, ou "égalité avec-soi-même se mouvant ", puisque ce quotidien national, tout en restant identique depuis sa création, ce dont témoigne aussi bien son titre dédition que sa fonction de presse, est chaque jour différent du fait des informations nouvelles quil transmet à ses lecteurs. La question posée est donc résolue, du moins au niveau de la définition du media : un media, quil soit presse, radiodiffusion, télévision, publicité, Internet ou tout autre mode de communication, est une médiation dont lanalyse philosophique comme lopinion triviale tirent une connaissance. Et cette connaissance, de quelque niveau dabstraction quelle relève, implique systématiquement une relation, une altérité et une négativité. Nous avons ainsi défini ce quest une médiation, dans son sens théorique, ou un media, dans son effet pratique, un mode de communication qui permet aux hommes de parvenir à la connaissance. On aura noté que cette définition de la médiation est la définition même de la temporalité. Le changement de linformation médiatique, heure après heure, est en effet lécoulement même du temps médiateur, et ce que lon nomme l "actualité" nest au fond rien dautre que la "temporalité". Le parallélisme est frappant : de même que, de toute nécessité, car cette nécessité est cosmique, la temporalité du temps passe en se niant elle-même à chaque instant, de même la médiation, ou, si je peux risquer ce terme, la médiateté de la médiation, se meut en saltérant elle-même à chaque information. Non seulement linformation, et donc les medias, nattendent pas, mais encore ils ne sarrêtent pas, en anglais the show must go on !, la terre continuant de tourner, les événements de se précipiter, les nouvelles de sannuler et les médias de médiatiser ce quils portent sans relâche à notre connaissance. On voit par là quil y une nécessité des medias qui nest rien dautre que la nécessité de linformation qui est à son tour la nécessité de lévénement qui provient elle-même de la nécessité du temps. La connaissance humaine ne sexerce que dans le temps et ne se rapporte quau temps, ce qui lui interdit de "connaître", même si elle essaie de le "penser", tout ce qui excède le temps, en dautres termes la métaphysique, et qui sadosse à léternité. Voilà pourquoi les "nouvelles", comme on nomme les informations du jour, sont passagères, et passagères à un point tel quelles seront bientôt oubliées par ladvenue de nouvelles tout aussi nouvelles, et tout aussi passagères. On ne saurait le leur reprocher à moins de reprocher au temps de passer. Comme le chantait Ronsard : "Le temps sen va, le temps sen va, Madame. Las ! Le temps, non, mais nous, nous en allons ! ". Pour nous, adeptes des medias, "linformation sen vient, linformation sen va, Messieurs. Las ! Linformation, non, mais nous, nous loublions ! " Cette nécessité de médiation pour assurer la connaissance des êtres, qui provient, nous lavons vu, de la nécessité du mouvement des choses, cest-à-dire du temps, bien quelle soit une constante de la condition humaine, sest transformée et amplifiée dans les Temps modernes par la multiplication des medias. On pourrait en ce sens définir la condition moderne, et même post-moderne car la rupture ici, serait-elle symbolisée par Internet, saccomplit sur le mode dune continuité, comme la mutation de la médiation en media. Déjà, pour Hegel, la Raison tout entière, cest-à-dire lAbsolu, était médiation, dans la lignée du christianisme qui voit dans le Christ, Dieu fait homme, la médiation absolue, symbolisée par la Croix. Pour nous, qui sommes sans le savoir hégéliens, la Réalité tout entière, cest-à-dire la connaissance de lAbsolu, est media à un point tel que la médiation est devenue totale. Cest le triomphe de lInternet : tout est médiation, ce qui revient à dire que tout est information, ou, mieux encore, tout est négation. Une nouvelle chasse une autre nouvelle, un clip élimine un autre clip, un zapping annule lautre zapping, une information rature une autre information et cela, à linfini, les messages ne cessant de délivrer de nouveaux messages qui deviennent à leur tour un nouveau contenu dinformation.
Le message de la démocratie Tout tient à la sentence, en forme dimpératif catégorique, de McLuhan : The Medium is the Massage, publié à Londres en 1967. En réalité, le titre de louvrage qui a connu un succès mondial état, évidemment, The Medium is the Message, "le medium est son propre message". Mais une coquille de limprimeur a transformé Message en Massage, ce qui a satisfait les amateurs de douceurs thaïlandaises, mais aussi lauteur lui-même. Car si le "message" peut devenir, par la grâce de limprimerie, cest-à-dire du fondement des medias, un "massage", cest bien parce que le message moderne dans ce que le même sociologue a appelé le "village global", se confond avec le medium qui le fait venir à lêtre. Que le message nait plus besoin de contenu, puisquil est une pure forme médiatique qui se suffit à elle-même, cela na été possible que dans les temps démocratiques. La nécessité de la médiation ne tient plus à la temporalité, et donc à la réalité, comme cétait le cas chez Hegel pour qui "tout ce qui est réel est rationnel et tout ce qui est rationnel est réel", cest-à-dire médiation. Elle tient à la démocratie, et donc à lhumanité, sil est vrai que, pour les Modernes, la démocratie est lexpression politique de lhumanité. La Déclaration universelle des Droits de lhomme de 1948 ne dit pas autre chose, en particulier dans son article 19 sur la liberté dopinion et dexpression qui fonde la liberté de la presse. Or une telle liberté est dinspiration et de finalité démocratique, ainsi que la remarqué le premier Tocqueville. Non seulement la démocratie a partie liée avec limprimerie, du fait de la diffusion généralisée des livres, mais elle a partie liée avec les médias, quels quil soient, en raison de lhumanisation généralisée des hommes. Pour les Grecs et pour les Romains, pour ne rien dire des autres peuples, tous les hommes nétaient pas véritablement dignes dêtre des hommes ; seuls les citoyens participaient de lhumanité, du moins avant lapparition du stoïcisme chez les Grecs et lintroduction du christianisme chez les Romains. Le message du philosophe et le message du croyant apportent la même "bonne nouvelle", et cette nouvelle, à la différence des autres, passagères, reste toujours dactualité. Cest celui de luniversalité de lhumanité qui, avec linstauration généralisée, et tardive, de la démocratie, reconnaîtra à chaque individu les même droits. Or, ce droit dhumanité, appelons-le ainsi, est un droit de communauté, cest-à-dire le droit dêtre reconnu parmi les siens comme celui qui partage avec eux ce droit de reconnaissance. Et ce partage est en même temps un droit de la connaissance qui se manifeste par un droit de communication. Si jai le droit de connaître le monde, et dans le monde les autres hommes, ceux-ci possédant à leur tour les mêmes droits que moi, il sensuit que les hommes ont le droit de communiquer : la communication, cest-à-dire la médiation humaine, est désormais la marque de lhumanité. En clair, la dimension formelle et universelle de la démocratie justifie logiquement, et anthropologiquement, la dimension formelle et tout aussi universelle de la médiacratie, un terme qui me paraît plus fondamental que celui de "mediologie" créé par Régis Debray pour définir létude rationnelle des medias. Mais si la médiologie est une science dordre théorique, la médiacratie est une expérience dordre pratique qui la précédée. Elle exprime la nécessité démocratique de diffuser et de partager linformation de manière universelle par des medias qui sintéressent à tout, sans rien laisser dans lombre, et qui sadressent à tous, sans interdire à quiconque de sinformer. Les medias démocratiques, ce qui est demblée un pléonasme, ont imposé la médiation de la raison, médiation dialectique de Platon à Hegel, à linformation des hommes, luniversel théorique venant dicter sa loi à luniversel pratique. Dans une langue moins philosophique, cela signifie que, en des temps de démocratie, et je renvoie une fois encore à Tocqueville, personne ne peut échapper, car telle est la loi de transparence démocratique, au pouvoir des médias. On pourra éteindre sa télévision, se détourner dInternet, ne plus lire les journaux, et ne plus regarder les publicités, nul ne réussira à éviter le partage dune communication généralisée, cest-à-dire dune médiation universelle qui est à la base de la mondialisation. Le réseau des medias, ce que lon appelle encore le multimedia, sinon lhypermedia, est la forme hyperbolique de la médiation pour laquelle rien de ce qui est immédiat nest étranger. Lévénement brut, quel quil soit, est immédiateté pure : un accident de train, une secousse sismique, le coup de tête de Zidane lors de la finale de la coupe du monde déclenchent, dès quils se manifestent, un ras de marée de médiations visuelles et auditives qui, après un délai parfois extrêmement bref, sinon une parfaite immédiateté - on voit à la télévision les tours jumelles seffondrer en direct, live, et, en loccurrence, not live, but dead ! - multiplient les médiations de toutes sortes sur tous les supports possibles : images de télévision, dappareils de photos, de téléphones portables, pour les médiations chaudes, entendons rapides, et les informations des journaux, des magazines, des essais, des romans, des recherches historiques, pour les médiations froides, comprenons lentes.
Lobligation de léthique Si la démocratie impose delle-même la médiacratie, le media devenant, non pas un troisième pouvoir, mais, en fait sinon en droit, le premier, cest dans la mesure où il nest plus de droit divin, mais de droit humain, le politique lui étant subordonné comme on le constate chaque jour. Le règne démocratique des medias engage en conséquence lindividu et la société dans une dépendance envers linformation aussi implacable que la dépendance envers la nature. La formule de Spinoza, Deus sive Natura, devient aujourdhui Deus sive Media, les hommes faisant partie dun réseau non plus naturel, mais artificiel, qui lui garantit luniversalité des informations dont il dispose. On sadressait auparavant à Dieu ou à la Nature, en joignant les mains sur un missel ; on sadresse aujourdhui à Google ou à Yahoo, en frappant des doigts sur un clavier. On lisait autrefois lEncyclopédie de Diderot ; on consulte maintenant celle de Wikipedia : la médiatisation de lexistence démocratique est à ce prix. Mais, comme disait Pascal, la raison ne sait pas mettre de prix aux choses, surtout en matière déthique. Et cest là que le bât blesse, ou tue, dans lusage de la raison médiatique. Car sil nest pas question de nier la nécessité de la démocratie, qui est la projection de la nécessité de linformation, qui est elle-même la projection de la nécessité de la temporalité, le temps et linformation étant les garants de la vie humaine, il convient de sinterroger sur le conflit possible de la nécessité sociale et de lobligation morale. Et lenjeu de ce conflit, qui devient un événement historique nouveau que linformation des medias doit prendre en compte, est celui du sens que lhomme accorde à une information universelle quand celle-ci commande son existence et sa destinée. En dautres termes, si lhomme ne vit pas seulement de pain, vit-il aussi seulement de medias ? La nourriture médiatique suffit-elle à remplir une vie quand bien même elle diffuserait à tous les hommes des nouvelles universelles sans la moindre censure dans loptique dune transparence parfaite ? Si lhomme est dans la nécessité de savoir, ce qui lui cause un intense plaisir comme le notait Aristote, est-il dans lobligation de tout savoir, ou bien est-il dans lobligation doublier, comme lexigeait Nietzsche ? À cette inflation de linformation, Borges avait répondu dans une nouvelle, Funes ou la mémoire, dans le volume Fictions, qui nous présente un homme saturé dinformations et qui meurt de ne pouvoir rien oublier : "Ma mémoire", dit-il au narrateur, "est comme un tas dordures ! " On comprend, à la fin du récit, quil est mort de congestion. Il est permis de se demander si les medias nont pas lobligation morale, et non la seule nécessité politique, dinformer lhomme en lorientant vers la vérité. Cela a toujours été la fin du langage, serait-il perverti par le mensonge, cet hommage que le vice rend à la vertu. Or, on peut douter, à voir le fonctionnement réel, et non pas idéalisé, des différents medias, que cette obligation concerne véritablement ce quils appellent, pour se donner bonne conscience, leur déontologie. Et ce, pour une raison simple qui ne met pas en cause les producteurs des medias, mais loutil de leur médiation, cest-à-dire la confusion du message, voire du massage, et du media. Toute médiation en effet est formelle, et à ce titre universelle, sa vacuité permettant à tous les contenus de se manifester. Mais lorsque la forme universelle, dans notre cas, la médiation du media, se prend elle-même comme objet au point de se confondre avec le message qui lanime ; lorsque le media sautonomise de la réalité au point dannuler son propre message pour se substituer à lui, comme lordinateur Hal se substituait à lêtre humain dans 2001, lOdyssée de lespace de Stanley Kubrick, alors la communication révèle sa vacuité native. Les hommes communiquent, mais ils nont plus rien à communiquer, sinon le fait de communiquer lui-même, comme dans Faces et dautres sites de rencontres où lutilisateur de lordinateur ne rencontre que la médiation virtuelle de sa propre rencontre. Le Medium est le Message : telle est la prière de la médiation moderne qui a pris la place de lancienne prière : Dieu est Dieu. Mais alors que dans les théocraties, le message divin, la bonne nouvelle de lÉvangile, possédait un contenu substantiel, auquel lhomme croyait ou non, mais qui donnait un sens à son existence, serait-il nié comme chez certains personnages de Dostoïevski, dans les médiacratie, le message humain, la dernière nouvelle de CNN, ne possède pas dautre contenu que lui-même. On regarde la télévision ou on surfe sur Internet pour regarder la télévision ou surfer sur Internet, machinalement, sans autre souci que de participer à un réseau de communication universelle. Cest à limage des hypermarchés où certains produits sont présentés avec la mention : "Vu à la télévision", comme si linformation télévisée, purement formelle et virtuelle puisque le produit nest pas présent, suffisait à la consommation de celui qui le voit maintenant après lavoir vu. On notera dailleurs que lon ne voit jamais, dans la publicité télévisée : "Vu au supermarché". Cest pourtant au marché, qui est un bâtiment réel qui vend des produits réels, que se tient lobjet réel, à ce titre utilisable, et non à la télévision qui représente limage virtuelle de ce qui est lobjet médiatique de linformation. Le cycle naturel de la connaissance : réalité - médiation virtuelle - réalité se renverse en cycle artificiel du media : médiation virtuelle - réalité - médiation virtuelle. La nécessité médiatique, avec son formalisme vide, prend la place de lobligation éthique, sans son contenu substantiel, et ne se rapporte désormais quà elle-même. Mais, pour quune information et, plus encore une connaissance, possède une signification qui soit susceptible dêtre partagée par tous les hommes, il faut leur reconnaître une dimension morale qui exclut léquivoque, le mensonge, le travestissement ou toute autre manipulation dune réalité médiatisée par le langage de lénonciateur. Cette dimension morale exige que les medias, dans le choix délibéré de leurs informations, de leurs traitements, de leurs interprétations et de leurs commentaires, respectent non seulement lexactitude des faits, ce qui renvoie à la réalité du monde et non à son simulacre, mais encore lattente des hommes auxquels on les présente, ce qui se rapporte à leur dignité et non à son illusion. Si les media ne relèvent pas simplement dune nécessité politique, mais dune obligation éthique, cest au respect des hommes auxquels ils sadressent quils le doivent et non à lobservance de la démocratie. Jean-François Mattéi, Institut universitaire de France
|